Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam (g.), et le mufti de la République, Abdellatif Deriane, lors d'une réunion du Conseil supérieur islamique chérié, à Dar el-Fatwa, le 30 août 2025. Photo X / @grandserail
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé samedi que le gouvernement fera tout pour préserver « chaque centimètre carré » du Liban, à l'heure où Israël occupe encore au moins six positions dans le Sud, tandis que le cabinet doit se réunir le 5 septembre afin de prendre connaissance du plan de l'armée libanaise pour récupérer le monopole des armes.
M. Salam s'est exprimé depuis Dar el-Fatwa, plus haute instance sunnite au Liban, où il a assisté à une réunion du Conseil supérieur islamique chérié. Avant cette réunion, il s'est entretenu en aparté avec le mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane, des « derniers développements sur la scène libanaise », actuellement divisée concernant la question du désarmement des milices.
« Priorité à la reconstruction de l'État »
Selon un communiqué de presse de Dar el-Fatwa, M. Salam a affirmé lors de cette réunion que « le Conseil des ministres ne ménagera aucun effort pour préserver chaque centimètre carré du territoire national », et que son travail est motivé par la volonté de « consacrer le concept d'un État fort et juste. » « La reconstruction de l'État doit rester la priorité dans cette période délicate que traverse le Liban, quelles que soient les tempêtes et les obstacles », a-t-il souligné, affirmant son engagement à «mettre en œuvre les réformes et étendre l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire grâce à ses propres forces afin de relever le pays et ses institutions.» « Malgré les difficultés et les défis, notre arme la plus puissante restera l'unité nationale, la volonté, la détermination et l'optimisme, afin de parvenir à la sécurité dans notre patrie meurtrie par l'agression israélienne continue », a-t-il lancé. Le tandem chiite et ses alliés arguent que tout désarmement du Hezbollah risque d'ouvrir la voie à l'occupation de plus de territoires libanais par Israël.
De son côté, le mufti Deriane a salué « la patience et les efforts » du président du Conseil et affirmé sa volonté de soutenir le gouvernement.
Dans ce cadre, le Conseil islamique a salué la décision du gouvernement, prise le 5 août, de récupérer le monopole des armes et d'étendre sa souveraineté sur l'ensemble du territoire d'ici la fin de l'année. « Une telle décision est un droit naturel de tous les systèmes constitutionnels internationaux », précise le communiqué final de la réunion. La récupération du monopole des armes « constitue la première étape pour dissuader les attaques » israéliennes et met un terme aux « prétextes » de l'État hébreu pour justifier son occupation et ses attaques, selon Dar el-Fatwa.
L'armée israélienne, en plus d'occuper plusieurs points en territoire libanais, mène quotidiennement des frappes et tirs sur le Liban-Sud, et plus ponctuellement sur la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, malgré la trêve entrée en vigueur le 27 novembre 2024. Ce cessez-le-feu avait été conclu après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, dont deux mois de conflit sanglant entre mi-septembre et fin novembre.
L'importance des « initiatives de sauvetage »
Le Conseil islamique a encore relevé « l'importance des effets des initiatives de sauvetage, internes et externes, pour éviter au Liban davantage de guerres », en allusion probable à la feuille de route américaine devant normalement permettre l'application complète des modalités de la trêve. La dernière visite de l'émissaire américain Tom Barrack à Beyrouth, en début de semaine, a toutefois jeté un doute sur les possibilités d'application de ce plan, le tandem chiite Amal-Hezbollah, qui refuse tout désarmement, dénonçant le manque de garanties israéliennes et américaines. Washington et Tel-Aviv continuent d'insister sur une remise totale de l'arsenal des milices avant le retrait du Liban-Sud.
Dar el-Fatwa a en outre apporté soutien et solidarité au Premier ministre, dans le viseur du tandem après la décision du gouvernement de récupérer le monopole de la force. Plusieurs campagnes ont visé ces dernières semaines M. Salam, l'accusant notamment de défendre les intérêts d'Israël. Le Conseil a ainsi appelé les Libanais à « se rassembler » autour du cabinet et de son président « courageux » et à mettre fin aux « tiraillements politiques », qui peuvent « entraîner le pays dans des discordes aux conséquences néfastes ». Il a par ailleurs rendu hommage à l'armée libanaise qui « fait face à ceux qui guettent le Liban », évoquant autant des risques « extérieurs qu'intérieurs. »
Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait mis en garde le 15 août contre une « confrontation » si un désarmement lui était imposé.
Les détenus syriens et islamistes
Au niveau des autres dossiers en discussion sur la scène politique libanaise, le Conseil islamique chérié a appelé à régler la question des « détenus islamistes et prisonniers syriens », dont la majorité sont incarcérés sans jugement, réclamant des procès « équitables ». La cause de ces détenus est notamment revenue sur le devant de l'actualité depuis l'arrivée au pouvoir à Damas d'un nouveau régime emmené par un ancien chef jihadiste, Ahmad el-Chareh, après la chute de Bachar el-Assad. Le sort des détenus syriens fait partie des sujets qui devraient être abordés lundi lors de la visite d'une délégation syrienne, la première depuis le renversement du régime Assad début décembre dernier. Près de deux mois après la visite d'une délégation de Dar el-Fatwa à M. Chareh début juillet, le Conseil islamique a exprimé son espoir que la Syrie « avance vers la liberté, le respect des droits de l'homme et l'unité de son peuple ».


Le «Liban n’arrive déjà pas à tenir tête à une organisation terroriste armée et on vient lui reprocher systématiquement d’être soumis aux E.U et aux pays qui viennent à son secours? Ils feraient quoi ces gens qui critiquent tout? Il s’opposeraient à la volonté de Trump et de Netanyahu et de la volonté des libanais de se libérer du joug iranien? Alors pourquoi ne pas l’avoir fait contre les fossoyeurs de notre pays qui l’ont conduit à sa perte au lieu de jouer aux souverainistes, juste pour faire joli.
19 h 37, le 31 août 2025