Des soldats libanais et des Casques bleus de la Finul à Kfar chouba, au Liban-Sud, le 26 août 2024. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté jeudi le renouvellement pour une dernière année de la Force intérimaire des Nations unies au Liban-Sud (Finul) et a engagé la fin progressive de la mission d’ici au 31 décembre 2026, après une présence de près de cinquante ans le long de la frontière avec Israël. Cette décision est intervenue sous la pression des États-Unis et de leur proche allié israélien, alors que le Liban et le Hezbollah se trouvent affaiblis après un conflit de 13 mois entre le parti chiite et l’État hébreu.
Voici la revue de presse libanaise et israélienne sur ce développement.
« Une victoire franco-libanaise »
Le quotidien libanais Annahar, connu pour son opposition au Hezbollah, a rapporté que la décision de jeudi est un «indicateur positif» pour le Liban, la qualifiant de « victoire franco-libanaise, quoique avec l’aval américain ».
Le journal explique que cette décision «reflète un effort concerté pour éviter que le Liban-Sud ne tombe dans un vide sécuritaire», et qu’elle est « particulièrement significative car elle s’aligne avec les efforts en cours pour affirmer pleinement l’autorité de l’État dans la région ». « Ce qui a été approuvé dans la formule finale n’aurait pas passé sans l’approbation américaine », ajoute-t-il.
Le gouvernement libanais a chargé l’armée, début août, d’élaborer d’ici au 2 septembre un plan visant à désarmer le Hezbollah et les autres milices avant la fin de l’année, mais le parti chiite continue de refuser de céder son arsenal. Le processus de désarmement a débuté au sud du fleuve Litani, avec l’aide des soldats de la Finul.
Pour sa part, le quotidien Nidaa al-Watan, également farouche critique du Hezbollah, titre en une : « Le Liban tourne la page des armes palestiniennes et de la Finul », limitant sa couverture à des comptes rendus factuels fondés sur les déclarations de l’ONU, ainsi que des responsables libanais et israéliens.
« Restructuration plutôt que fin » de la Finul
De son côté, la journaliste Amal Khalil du quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar écrit : « Selon des informations [obtenues par la publication], ce que la présence internationale aux frontières d’Israël connaîtra, c’est une « restructuration plutôt qu’une fin, par le biais d’une nouvelle décision de mandat ». Le plan initial proposé par les États-Unis et Israël visait à mettre un terme à cette Finul dans sa composition actuelle, avec l’intention de former une nouvelle force des Nations unies dotée d’une structure et d’une orientation différentes. »
« Les États-Unis et Israël cherchent à modifier le mandat de la Finul, non seulement parce que l’armée libanaise ne constituera pas un substitut suffisant, mais aussi dans le cadre d’une lutte sur le terrain au Sud », a souligné Khalil. Al-Akhbar a accusé les deux pays de « façonner l’opinion mondiale contre la Finul ».
« Contre Israël »
Dans la presse israélienne, le Times of Israel relève que «au départ, les États-Unis semblaient se ranger aux côtés de Jérusalem», en exigeant la fin de la mission dans les six mois, puis en proposant une dernière prolongation de 12 mois.
Pour sa part, Ynetnews a accusé le président français Emmanuel Macron de se placer « contre Israël ».
Les pays européens, en particulier la France et l’Italie, se sont opposés à une réduction trop rapide du mandat de la Finul. Ils ont fait valoir qu’y mettre fin avant que l’armée libanaise ne soit pleinement capable de sécuriser la frontière créerait un vide sécuritaire que le Hezbollah pourrait exploiter.
Des médias israéliens comme le Haaretz et le Jerusalem Post n’avaient pas encore publié d’éditoriaux ni d’analyses sur la question au moment de la publication de cet article.
Environ 10 800 Casques bleus servent de tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978 et patrouillent la frontière sud du Liban, épaulant l’armée libanaise dans ses missions dans la région. Le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, a adopté à l’unanimité une résolution rédigée par la France, à la suite d’un compromis trouvé avec les États-Unis, membre permanent disposant d’un droit de veto. La décision du Conseil vise à faire des autorités libanaises « le seul garant de la sécurité au Sud ».
Le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont tous deux salué ce dernier renouvellement. Dans le camp opposé, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a célébré la « bonne nouvelle » dans un message vidéo, affirmant que la Finul avait « échoué dans sa mission et permis au Hezbollah de devenir la menace la plus grave de la région ».



« Menace la plus grave »? Je n’aime pas spécialement le Hezb, mais à ma connaissance, ce n’est pas eux qui ont tué soixante-trois mille personnes depuis la fin de 2023.
11 h 32, le 30 août 2025