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Nos lecteurs ont la parole

Les tranchées de l’hypocrisie face à une guerre illusoire

Nous sommes encore dans le terrain de jeu de ces « princes de la guerre ». Depuis 1975, ils ont entrepris d’orchestrer ensemble l’alimentation de nos consciences par une peur de l’autre. Une peur tellement agrandie qu’elle a généré une haine fratricide, nourrie par l’imagination individuelle de gens instinctifs, qui accentue encore les complots et la panique de la présence de l’autre. Oubliant au passage que tous ceux qui ont œuvré pour unir les communautés en un seul peuple ont été éliminés.

Les exemples sont nombreux. Cette alimentation de la haine passe par un avant-poste de l’hypocrisie quand ces princes de la guerre, confortés par la peur acquise chez leurs électeurs, s’érigent en protecteurs de la communauté, pour réchauffer leurs assises sur les trônes machiavéliques de la démagogie rentable pour la pérennité de leurs pouvoirs.

Ensuite la tranchée de l’hypocrisie est approfondie par les intérêts commerciaux. Certains passent leurs journées, au lieu de bâtir un projet souverain avec l’implication de toutes les communautés, à fustiger l’autre tout en s’évertuant à bénéficier des marchés moins chers chez cet autre.

Une accentuation de la tranchée de l’hypocrisie s’est vue au moment du balbutiement d’une soi-disant révolution. Les princes de la guerre, organisés avec les ducs et les comtes qu’ils ont adoubés, ont vite étouffé dans l’œuf ce désir de révolution en n’ayant pas froid aux yeux de reprendre immédiatement vite et fort les slogans de la révolution.

Du coup, cette initiative d’un peuple qui n’avait plus rien à perdre s’est vu vite dissoute dans la bassine des discours creux euphorisants sur le moment mais assassins des espérances.

Forts de ces tranchées, les princes de la guerre continuent à maintenir les communautés sur le qui-vive tout en laissant défiler les années dans une permanente rétrogradation.

Pour enfin atteindre le summum de l’hypocrisie avec la promesse à ces communautés d’une vie meilleure sans défense et sans marge de manœuvre face à un ogre qui annonce son projet de nous envahir. Tout en fustigeant l’interventionnisme d’un pays et fermant les yeux sur toutes les autres ingérences.

L’amer de la situation est que depuis la création de la République libanaise, nous creusons des tranchées en apparence pour nous défendre de l’autre, mais lesquelles en réalité sont des tranchées contre l’intelligence, le savoir, la paix.

Quand des humains se retrouvent en train de militer contre leur vocation de s’améliorer, ils sont librement en train d’anéantir leur nature humaine.

Et en se retrouvant dans une société de personnes déshumanisées, espérer bâtir un peuple, un pays, une nation devient lui-même l’hypocrisie incarnée.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Nous sommes encore dans le terrain de jeu de ces « princes de la guerre ». Depuis 1975, ils ont entrepris d’orchestrer ensemble l’alimentation de nos consciences par une peur de l’autre. Une peur tellement agrandie qu’elle a généré une haine fratricide, nourrie par l’imagination individuelle de gens instinctifs, qui accentue encore les complots et la panique de la présence de l’autre. Oubliant au passage que tous ceux qui ont œuvré pour unir les communautés en un seul peuple ont été éliminés. Les exemples sont nombreux. Cette alimentation de la haine passe par un avant-poste de l’hypocrisie quand ces princes de la guerre, confortés par la peur acquise chez leurs électeurs, s’érigent en protecteurs de la communauté, pour réchauffer leurs assises sur les trônes machiavéliques de la démagogie...
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