Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Photo d'archives AFP
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a évoqué, pour la première fois de l'histoire de son pays, une reconnaissance des massacres et déportations massives commises par l'Empire ottoman contre plusieurs minorités, dont les Arméniens, au début du 20e siècle, comme un « génocide ».
Lors d’une interview mardi dans un podcast animé par le présentateur américain d’origine arménienne Patrick Bet-David, M. Netanyahu a affirmé qu'Israël avait déjà reconnu en tant que tel le génocide arménien. « Je crois que la Knesset a adopté une résolution en ce sens », a-t-il souligné, bien qu'aucune loi n'ait jamais été votée par le Parlement israélien sur cette question. Interrogé ensuite sur les raisons pour lesquelles aucun Premier ministre israélien n’avait jusqu’alors reconnu ce génocide, il a répondu : « Voilà, je viens de le faire. »
Israël est réticent à utiliser le terme « génocide » pour d'autres massacres que ceux de l'Holocauste, pendant la Seconde Guerre mondiale, visant les Juifs en Europe. Les parlementaires israéliens ont soumis plusieurs projets de loi à cet effet, notamment en 2018 et 2021, mais ils n'ont jamais reçu l'aval du législatif.
Jusqu'à 1,5 million de personnes sont mortes entre 1915 et 1916 dans ces massacres, selon l'Arménie. Plusieurs dizaines de pays, dont les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Brésil et la Russie, reconnaissent à ce jour comme génocide les massacres et exodes d'Arméniens, Assyriens et Grecs dans l'Empire ottoman à l'époque de la Première Guerre mondiale.
De son côté, la Turquie a condamné mercredi la reconnaissance du génocide arménien par Benjamin Netanyahu, affirmant qu'elle visait à « couvrir les crimes » commis dans la bande de Gaza par l'armée israélienne. « Les déclarations de Netanyahu concernant les événements de 1915 sont une tentative d'exploiter les tragédies passées à des fins politiques », a estimé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
L'offensive israélienne sur la bande de Gaza, qui a fait plus de 60.000 morts, majoritairement des civils, depuis le 7 octobre 2023, en réponse à l'opération « Déluge d'al-Aqsa » du Hamas, est marqué par l'annéantissement systématique par Israël des infrastructures et habitations de l'enclave, et dénoncée comme un « génocide » par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme.



Un criminel
22 h 02, le 28 août 2025