Le Premier ministre Nawaf Salam lors du débat avec « L'Orient-Le Jour » au Grand Sérail, le 14 septembre 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine/ L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre Nawaf Salam a tenu vendredi soir des propos plus durs qu'à l'accoutumée à l'encontre du Hezbollah, l'appelant implicitement à cesser ses « aventures absurdes au service d’intérêts étrangers », et à ne pas « insulter notre intelligence » en qualifiant de « victoires, les morts, destructions, déplacements et tragédies ». Cette prise de parole effectuée au cours du dîner traditionnel de l’Association des œuvres de bienfaisance islamiques des Makassed à Beyrouth s'est tenue parallèlement aux négociations directes entre le Liban et Israël à Washington, qui ont abouti à une prolongation du cessez-le-feu de 45 jours.
« Assez de surenchère et d’accusations de trahison. Cela ne nous impressionnera pas et ne nous intimidera jamais », a-t-il dit, en allusion claire aux propos de responsables du Hezbollah ces dernières semaines. Le parti chiite est fermement opposé au principe de négociations directes avec l’État hébreu, et a fustigé à plusieurs reprises le président de la République Joseph Aoun, qui pilote ces négociations de concert avec M. Salam. « Nous restons fermement attachés à nos choix nationaux et sommes renforcés par le soutien de la majorité des Libanais dans ces choix », a dit le Premier ministre. « L’État ne peut exister qu’à travers une seule décision nationale, celle de ses institutions constitutionnelles, une seule arme, celle de son armée nationale, et une seule loi », a encore tonné le chef du gouvernement. Avant de poursuivre : « Assez d'aventures absurdes au service de projets et d’intérêts étrangers. La dernière en date est une guerre que nous n’avons pas choisie mais qui nous a été imposée, et qui a conduit à l’occupation par Israël de 68 villages, localités et positions, alors que nous cherchions auparavant à l’en faire sortir de cinq points seulement ».
Malgré l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024 qui prévoyait le retrait complet de l'armée israélienne du Liban-Sud sur une durée de deux mois, l'armée israélienne était restée positionnée sur au moins cinq collines près de la frontière, avant d'entamer une offensive terrestre en mars 2026, après l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale le 2 mars, aux côtés de la République islamique d'Iran. Israël contrôle depuis mi-mai au Liban des territoires sur une profondeur de près de 8 kilomètres, et ne cache pas son intention de transformer les territoires occupés en « zone tampon ». Beyrouth entend in fine obtenir des négociations un retrait complet de l'armée israélienne, laquelle attend au préalable un désarmement effectif du Hezbollah.


