Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
Les Forces libanaises (FL) ont répondu mardi dans un communiqué aux déclarations la veille du chef du Hezbollah Naïm Kassem, qui avait soufflé le chaud et le froid en appelant à soutenir l’armée libanaise tout en rejetant le désarmement de sa propre milice. Elles ont estimé que « c’est le Hezbollah qui viole la souveraineté libanaise » et non pas les autorités qui ont accepté la feuille de route américaine.
« Le cheikh Naïm a appelé le gouvernement à tenir des réunions pour discuter de la manière de rétablir la souveraineté, alors que les décisions prises par le gouvernement les 5 et 7 août (lorsque le cabinet Salam a avalisé le plan américain) ont déjà ouvert la voie au rétablissement de la souveraineté violée par le Hezbollah, qui a confisqué la décision stratégique de l’État et entraîné le Liban dans des guerres pour servir ses intérêts et ceux de l’Iran », ont accusé les FL. « C’est le Hezbollah qui viole la souveraineté libanaise, et c’est à cause de lui qu’Israël est entré au Liban et a violé sa souveraineté », ont-elles ajouté.
« Le cheikh Naïm a défié le gouvernement en déclarant qu’il ne renoncera pas aux armes. Mais le gouvernement a pris sa décision, et celle-ci sera mise en œuvre, dans l’intérêt du Liban et de tous les Libanais. Lorsque l’État sera présent, toute autre menace disparaîtra. Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de ses positions radicalement contraires à l’intérêt supérieur du Liban, et qui constituent une poursuite de l’atteinte iranienne à la souveraineté libanaise », ont accusé les Forces libanaises.
Lundi, le commandant adjoint de la Force al-Qods des gardiens de la révolution iraniens, le général de brigade Iraj Masjedi, avait déclaré que le « plan américano-sioniste » pour désarmer le Hezbollah « ne sera jamais mis en place ». La semaine dernière, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale en Iran, Ali Larijani, avait déclaré pour sa part que son pays « continuera à soutenir le Hezbollah » et que ce dernier était en train de « se reconstruire » à l’heure actuelle.
« Celui qui a livré le Liban à Israël, c’est la résistance »
« Naïm Kassem a prétendu que la décision du gouvernement est anticonstitutionnelle et a été dictée par les États-Unis et Israël. Il semble évident qu’il ignore la signification de la constitutionnalité qui existe entre chrétiens et musulmans, et que le gouvernement a pris sa décision avec l’accord de la majorité des ministres chrétiens et musulmans. Quant à ce qu’il appelle des diktats, il ne s’agit que de l’application explicite de la Constitution, que le Hezbollah a renversée il y a 35 ans », a souligné le communiqué des FL.
« En réalité, celui qui a livré le Liban à Israël, c’est précisément cette résistance qui a attiré ce dernier à plusieurs reprises au Liban et lui a donné le droit (...) de cibler les membres et les positions du parti quand bon lui semble. Celui qui a livré le Liban à Israël, c’est celui qui a prétendu et prétend encore être capable d’affronter l’État hébreu, alors que la réalité prouve le contraire. Le cheikh Naïm a prétendu que sans la résistance, Israël aurait atteint Beyrouth, alors qu’en réalité, sans le Hezbollah, Israël ne serait même pas entré au Liban en juillet 2006 (lors de la guerre de 33 jours avec le Hezbollah), et sans lui, il ne serait pas revenu au Liban après que le parti chiite a lancé un front de soutien au Hamas », ont dénoncé les FL.
Les Forces libanaises ont enfin critiqué l’évocation par Naïm Kassem de la coopération entre l’armée libanaise et le Hezbollah en 2017, lors de l’opération « Aube des jurds » contre l’organisation État islamique, près de Ersal à la frontière syrienne. « La soi-disant résistance n’a jamais été un allié de l’armée, mais a toujours été une faction des gardiens de la révolution iraniens, qui ne veut pas que l’armée libanaise ait un rôle à jouer, ni que l’État libanais se relève », conclut le texte.



