Un drapeau norvégien à Oslo. Photo d'illustration AFP
Un jeune homme de 18 ans est soupçonné de terrorisme après le meurtre ce week-end à Oslo d'une employée de la protection de l'enfance qui pourrait avoir un mobile raciste, ont indiqué les autorités norvégiennes lundi. Dans la nuit de samedi à dimanche, une trentenaire a été tuée, à l'arme blanche d'après les médias locaux, dans un foyer spécialisé dans l'insertion, où elle travaillait.
La victime a été identifiée par le cabinet d'avocats représentant sa famille comme étant Tamima Nibras Juhar, 34 ans, née en Ethiopie. Le suspect, un pensionnaire du foyer, a été arrêté après les faits dans le centre de la capitale norvégienne et a, selon la police, reconnu avoir joué un rôle dans le meurtre.
Lundi, la police a annoncé l'extension des charges préliminaires pesant sur lui pour inclure celles portant sur les actes de terrorisme. « Lors de son audition, il a également exprimé son intention de blesser plusieurs personnes », a déclaré le substitut du procureur, Philip Green. « A ce stade, nous estimons qu'il avait l'intention de répandre la terreur au sein d'une partie de la population et c'est pour cela qu'il fait désormais l'objet d'une enquête en vertu des dispositions sur le terrorisme », a-t-il ajouté. Selon le substitut du procureur, le suspect « a exprimé des opinions hostiles à l'égard des personnes musulmanes ».
Les médias norvégiens affirment qu'il voulait s'en prendre à une mosquée, ce que le procureur n'a pas confirmé. Présumé avoir agi seul, il doit être présenté devant un juge en vue d'être placé en détention provisoire. La Norvège a déjà été le théâtre d'attentats d'extrême droite dans le passé. En 2011, le néo-nazi Anders Behring Breivik a tué 77 personnes, des adolescents pour la plupart, en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement norvégien puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.
En août 2019, Philip Manshaus avait aussi tiré dans une mosquée des environs d'Oslo, avant d'être maîtrisé par des fidèles, sans faire de blessé grave. Il avait auparavant abattu par racisme sa demi-soeur adoptive, d'origine asiatique. Tous deux ont été condamnés à des peines de 21 ans de prison, susceptibles d'être prolongées aussi longtemps qu'ils resteront considérés comme des risques pour la société.


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