L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro fait un geste après avoir passé des examens médicaux à l'hôpital DF Star de Brasilia, le 16 août 2025. Photo AFP / EVARISTO SA
La défense de Jair Bolsonaro a nié vendredi que l'ex-président brésilien ait enfreint les mesures de précaution autour de sa détention pendant son procès pour tentative de coup d'Etat et accusé la police de chercher à « le démoraliser », selon un document remis à la cour suprême.
La Cour suprême du Brésil commencera à débattre le 2 septembre du jugement à l'encontre de M. Bolsonaro, poursuivi pour tentative présumée de coup d'Etat à l'issue de l'élection présidentielle de 2022 remportée par Luiz Inacio Lula da Silva.
L'ex-président a été placé en résidence surveillée début août pour avoir enfreint les mesures lui interdisant de s'exprimer sur les réseaux sociaux.
La police brésilienne a demandé jeudi l'inculpation de Jair Bolsonaro et de son fils résidant aux Etats-Unis pour « coercition » contre la justice pour une présumée tentative d'entraver les poursuites pour « coup d'Etat » contre l'ex-président d'extrême droite (2019-2022).
La police a estimé dans un rapport qu'Eduardo Bolsonaro avec son père, qui finance son séjour aux Etats-Unis, ont agi « dans le but d'interférer dans le déroulement de l'action pénale », et recommande de les inculper pour « coercition dans le cadre du processus » judiciaire et « abolition de l'Etat démocratique de droit ».
Ces deux infractions sont passibles de peines cumulées pouvant atteindre jusqu'à 12 ans de prison.
La police a indiqué par ailleurs avoir retrouvé sur le téléphone de Jair Bolsonaro « une demande d'asile politique » en Argentine adressée au président Javier Milei dans un document de 33 pages daté quelques jours seulement après le lancement de l'enquête le visant. Il y invoque « une persécution politique au Brésil », selon la police.
Le rapport de police « semble être une pièce politique, visant à démoraliser un ancien président de la République (qui, que les autorités policières le veuillent ou non, est encore un leader politique), en exposant sa vie privée et en l'accusant de faits aussi graves qu'infondés », affirment les avocats dans leur réponse.
« L'objectif est le massacre. La démoralisation. En d'autres termes, c'est un 'lawfare' (guerre juridique, NDLR) qui est en cours », ajoutent-ils.
Les avocats de l'ex-président ont estimé qu'au contraire, M. Bolsonaro avait respecté toutes les décisions judiciaires, y compris de rester chez lui lorsque le port d'un bracelet électronique lui a été imposé, une mesure qui a ensuite été renforcée par la détention à domicile.
« Un projet de demande d'asile au président argentin, datant de février 2024, ne peut pas être considéré comme un indice de fuite », ont-ils affirmé.
S'il est condamné, Jair Bolsonaro risque jusqu'à 40 ans de prison. L'ancien président se déclare innocent et se dit « persécuté ».


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