Bien que la prochaine visite de l'émissaire américain Tom Barrack soit fixée au 26 août, la réponse israélienne aux propositions transmises par les Libanais commence à transparaître. Sous des dehors positifs, les Israéliens formuleraient de nouvelles demandes, concernant notamment la création d’une sorte de zone tampon pour assurer leur sécurité.
Les Libanais avaient formulé des demandes dans ce qu’on avait appelé « le document Barrack libanisé », et celles-ci se résumaient ainsi : l’arrêt des attaques israéliennes contre le Liban, le retrait des positions occupées récemment et la libération des prisonniers libanais détenus par les Israéliens.
En principe, au cours de sa prochaine visite à Beyrouth, M. Barrack doit donc communiquer aux responsables la réponse officielle israélienne, et, selon une source libanaise, celle-ci aurait déjà été remise à l’émissaire américain par l’adjoint du Premier ministre israélien. Les Libanais ont donc aussi été informés de ses grandes lignes et ils s’emploient désormais à en discuter avec les parties concernées pour pouvoir ensuite en parler avec M. Barrack. Dans les coulisses libanaises, les discussions vont ainsi bon train, et les responsables du pays souhaitent présenter une réponse libanaise unifiée pour contrer les nouvelles demandes israéliennes. Selon des sources bien informées, ces nouvelles demandes ne sont pas anodines ni simples à exécuter. Elles mettent même les responsables libanais dans une situation difficile, puisque si elles sont acceptées par le Liban, elles permettront aux Israéliens d’une façon indirecte de contrôler une partie de la région au sud du Litani...
Selon la source précitée, les Israéliens auraient ainsi commencé par donner leur accord pour exécuter les demandes libanaises concernant l’arrêt des opérations militaires, la remise des prisonniers libanais (ils seraient au nombre de 19) et le règlement des litiges frontaliers qui sont restés en suspens depuis le retrait israélien en 2000. Mais en contrepartie, et selon la source libanaise, les Israéliens réclameraient un engagement ferme de la part du Liban à les autoriser à rester dans 14 localités du Sud, qui seraient totalement ou partiellement vidées de leurs habitants, pour être transformées en une zone tampon. Les localités de Adaïssé, Kfar Kila, Houla, Markaba et Aïta el-Chaab devraient, dans ce cadre, être totalement vidées de leurs habitants et mises pratiquement sous le contrôle d'Israël. Dans les localités que les Israéliens veulent voir partiellement vidées de leurs habitants, ils comptent installer des positions militaires dans les collines qui les surplombent ou carrément sur leurs bords. Il s’agit notamment de Khiam, Ramiyé, Yaroun, Aïtaroun, Alma el-Chaab, Dhaïra, Marwahine, Maroun el-Ras et Blida.
Derrière ces exigences, se cache une volonté de relancer l’idée de la bande frontalière que les Israéliens avaient installée au sud du Litani lors de leur première invasion du Liban-Sud en 1978. Ils avaient alors créé sur place « l’Armée du Liban-Sud », qui contrôlait la région tout en étant sous les ordres de l’armée israélienne.
Dans ce contexte, il semble que les Israéliens sont très attachés à leurs demandes. De leur côté, les Américains conseillent aux deux parties de faire des concessions pour pouvoir aboutir à un accord durable qui puisse les protéger toutes les deux. Mais les discussions indirectes ne s’annoncent pas faciles.
Même si la réponse israélienne attend la visite de M. Barrack pour être officialisée, les protagonistes libanais concernés ont donc commencé à en discuter, surtout que les exigences qu’elle contient comportent des atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale. C’est d’ailleurs dans ce cadre que s’inscrivent les contacts qui se sont multipliés ces derniers jours entre l’émissaire du président Joseph Aoun, le général André Rahal, conseiller du chef de l'État, et le président de la Chambre, Nabih Berry, d’abord, et ensuite entre M. Rahal et le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Ces entretiens sont devenus nécessaires à cause de la gravité de la situation, malgré le froid qui avait marqué les relations entre la présidence et le Hezbollah ces derniers temps.
De même, les rencontres entre les responsables militaires et le Hezbollah se sont aussi intensifiées dans le but de maintenir le dialogue sur les dossiers cruciaux qui attendent les deux parties. Même si, selon des sources qui suivent ce dossier, il y a des désaccords sur plusieurs points, les deux parties préfèrent continuer à discuter et essayer de trouver des terrains d’entente. Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a assuré récemment qu’il n’y aura pas de confrontation entre les militaires et le Hezbollah, mais la situation reste tendue, surtout après la position radicale adoptée par les responsables du parti chiite récemment, dans laquelle ils affirment considérer la décision du gouvernement prise le 5 août comme étant inexistante. L’heure est donc grave pour tout le Liban, qui traverse une période cruciale, laquelle devrait déterminer son sort pour les prochaines années.


Il est triste de voir qu’une journaliste Libanaise sensée connaître l’histoire et les faits se soit permise d’écrire une immense connerie de la sorte: “Israël avait alors créé sur place « l’Armée du Liban-Sud », qui contrôlait la région tout en étant sous les ordres de l’armée israélienne”. J’espère que ce soit de l’ignorance et non une imprégnation de l’idéologie nazi du Hezbollah. L’ALS a été créée après les orders reçus par le gouvernement de l’époque pour protéger les villages du sud contre les … palestiniens, les mêmes pour qui le sud a été détruit une fois de plus 50 ans plus tard.
09 h 13, le 24 août 2025