Le président du Parlement, Nabih Berry, lors d’une rencontre avec une délégation américaine à Ain el-Tiné le 20 août 2025. Photo ANI
Le président du Parlement, Nabih Berry, a exprimé mercredi sa surprise que les États-Unis, qui « ont parrainé la résolution 425 du Conseil de sécurité » ayant créé en 1978 la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), «ciblent désormais sa présence et sa mission», rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Nabih Berry a tenu ces propos en recevant le sénateur américain Markwayne Mullin et une délégation parlementaire des partis républicain et démocrate, en présence de l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Lisa Johnson, à Aïn el-Tiné. La rencontre a porté sur les développements au Liban et au Proche-Orient, ainsi que sur le rôle des forces internationales d’urgence opérant dans le Sud.
Lundi, le Conseil de sécurité a commencé à débattre d’une résolution rédigée par la France visant à prolonger le mandat de la force pour un an, avec pour objectif final son retrait. Grand allié d’Israël, Washington n’est pas très enthousiaste à l’idée d’une nouvelle prorogation du mandat de la Finul, qui arrive à échéance à la fin du mois d'août, sans en élargir les prérogatives. Dans ce scénario, les États-Unis pourraient opposer leur veto à toute résolution au Conseil de sécurité. Israël, de son côté, est radicalement opposé à toute prolongation de ce mandat et envisagerait, selon les médias israéliens, une période de six mois pour organiser le départ des Casques bleus du Liban-Sud.
Nabih Berry, chef du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, se trouve dans une position délicate, le gouvernement libanais ayant chargé l’armée, plus tôt en août, d’élaborer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.
Violations israéliennes
Lors de son entretien avec le sénateur américain, Nabih Berry a déclaré que, jusqu’à présent et au fil des années, la Finul a « continuellement été confrontée à des positions israéliennes rejetant la mise en œuvre de la légitimité internationale » et qu’au contraire, Israël «continue de mener des guerres, d'effectuer des raids et de commettre des violations non seulement dans la zone au sud du fleuve Litani, où s’applique la résolution 1701, mais dans tout le Liban».
« Malgré les efforts internationaux, en particulier la médiation américaine, pour contraindre Israël à se conformer à la légitimité internationale et à appliquer l’accord de cessez-le-feu (entre le Hezbollah et Israël) adopté en novembre 2024, qui prévoit l'application de la résolution 1701 (de 2006, qui prévoit de désarmer les milices et de rétablir le contrôle de l’armée au Liban-Sud, Ndlr), nous sommes surpris par les contre-efforts du parrain même des résolutions 425 et 1701 et de l’accord de cessez-le-feu, qui ciblent la présence et la mission des forces d’urgence », a souligné le président du Parlement.
M. Berry a enfin rappelé que le comité de cessez-le-feu composé de cinq membres, dont la Finul, est dirigé par un général américain et représenté par un général français : « Comment peut-on viser ses propres efforts alors qu’on cherche à stabiliser le cessez-le-feu et à mettre fin à la guerre ? », a-t-il demandé.
Passage chez Aoun et Salam
De passage au Liban, le sénateur républicain Mullin a également été reçu par le président Joseph Aoun à Baabda et le Premier ministre Nawaf Salam au Grand Sérail. L’armée libanaise a besoin de soutien pour pouvoir accomplir son devoir national, a déclaré le chef de l’État, tout en insistant sur la nécessité de travailler à obtenir le retrait israélien, la cessation des opérations militaires et la libération des prisonniers, selon un communiqué publié sur le compte X de la présidence.
Nawaf Salam a pour sa part souligné que « l’accroissement du soutien international à l’armée libanaise, tant financier que matériel, se traduit par un renforcement de la sécurité et de la stabilité, tout en insistant sur l’importance du renouvellement du mandat de la Finul en raison de son rôle central dans la consolidation de la stabilité et son appui à l’armée pour étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire du Sud ». Le Premier ministre a également « réitéré la nécessité pour les États-Unis d’assumer leur responsabilité en exerçant des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses agressions, se retire des cinq points d’implantation et libère les prisonniers libanais qu'il détient encore », selon le compte X du Grand Sérail.
Tunnel de 50 mètres
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus de 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël, ce dernier pays continue de mener des frappes aériennes quasi quotidiennes, principalement dans le Sud, et reste présent dans cinq zones à l’intérieur du Liban. Le Conseil des ministres libanais a décidé, le 5 août, de demander à l’armée d’organiser le désarmement du Hezbollah sur une période allant jusqu’à la fin de l’année, polarisant le débat sur le sujet dans le pays.
Alors que la situation au Liban-Sud a été relativement calme mercredi, la Finul a annoncé, dans un communiqué publié sur son compte X, avoir « découvert un tunnel d’une longueur de 50 mètres approximativement, avec plusieurs munitions non explosées, près du village d’el-Qoussair » (caza de Marjeyoun). La Force intérimaire des Nations unies indique que cette découverte a été faite « au cours d’une opération récente au Liban-Sud », menée « en étroite collaboration avec l’armée libanaise ». « En conformité avec la résolution 1701, les munitions saisies ont été remises aux forces armées libanaises », précise le texte.
Dans la soirée, un drone israélien a détruit une pelleteuse à Meis el-Jabal (Marjeyoun) sans faire de victime, dans un incident devenu de plus en plus récurrent.
Par ailleurs, un moukhtar du village d’El-Hoch, dans le caza de Tyr, a assuré à L’Orient-Le Jour, sous couvert d'anonymat, qu’il n’avait pas remarqué d’activité de l’armée dans la région récemment, alors que le média This Is Lebanon avait affirmé que les soldats avaient démantelé mardi une usine d’armes appartenant au Hezbollah.



ceci dit, comment OSE T ON encore omettre un fait, qui est que meme au sud litani le Liban/la milice iranienne n'a pas encore desarme, n'a pas coopere avec l'armee et donne tous les pretextes possibles a Bibi pour continuer a la massacrer, avec elle malheureusement certaines fois des innocents.
10 h 16, le 21 août 2025