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Politique - Décryptage

La nouvelle tactique de Naïm Kassem



La tempête provoquée par les propos violents de Naïm Kassem ne s’était pas encore calmée lorsque les émissaires américains, Thomas Barrack et Morgan Ortagus, ont entamé leur visite au Liban. De nombreux analystes s’attendaient à ce que le ton monte aussi du côté américain. Mais les Libanais ont été agréablement surpris par les déclarations plutôt positives de Barrack qui semblait même avoir adopté le point de vue libanais sur la nécessité d’appliquer la tactique dite « du pas contre pas », c’est-à-dire qu’à toute décision libanaise allant « dans le bon sens », comme disent les Américains, doit correspondre une action similaire de la part d’Israël. Si cela se vérifie, cela devrait permettre aux responsables libanais de prouver que les voies diplomatiques qu’ils ont adoptées sont efficaces puisqu’elles poussent les Israéliens à remplir petit à petit leur part de l’accord.

Immédiatement, les milieux proches du Hezbollah ont commencé à dire que les menaces à peine voilées de Kassem, dans son discours vendredi dernier, ont porté leurs fruits et les Américains vont désormais faire pression sur les Israéliens pour qu’ils fassent preuve de bonne volonté. Mais la question qui se pose à ce stade est la suivante : le Hezbollah est-il réellement prêt à aller vers la confrontation interne, comme l’a déclaré son secrétaire général ?

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Selon des sources du Hezbollah, le secrétaire général de la formation a soigneusement pesé chaque mot lors son dernier discours et tout ce qu’il a dit était voulu. Mais cela ne signifie pas pour autant que la confrontation interne est inévitable. S’il y est contraint, le Hezbollah ira jusqu’au bout, mais le Liban n’en est pas encore là. Toutefois, au sein du parti, il y a un courant de plus en plus puissant qui estime que depuis les négociations pour le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier, le Hezbollah a fait toutes les concessions qui lui ont été demandées. Il a exécuté sa part de l’accord. Il s’est retiré de la région au sud du Litani et il ne répond pas aux attaques israéliennes qui pourtant n’ont pas cessé. Il a même accepté l’idée du monopole des armes par l’État, tout en liant ce processus au dialogue sur une stratégie nationale de défense. Il a aussi facilité la renaissance des institutions de l’État, en participant de façon déterminante à l’élection du président, puis à la formation du gouvernement présidé par Nawaf Salam et ensuite aux élections municipales. Malgré cela, il continue d'être la cible de critiques et de pressions permanentes, soit directes, soit par le biais de son environnement populaire qu'on cherche, selon les sources précitées, à étouffer. Face à ce constat, ce courant au sein du Hezbollah estime que toute la bonne volonté montrée par la formation a été visiblement perçue comme un signe de faiblesse.

Aujourd’hui, de nombreuses figures politiques s’en prennent au Hezbollah et tout le monde se croit en mesure de le faire, parce que la formation est considérée comme vaincue, ou en tout cas très affaiblie. Ce qui ne correspond pas à la réalité précisent les sources de la formation. Il faut donc changer de tactique et hausser le ton, surtout dans cette période où, dans le monde entier, seule la voix forte est entendue.

Mais, en même temps, et cela personne ne l’a vraiment retenu, Naïm Kassem a répété que si les conditions qu’il a posées (qui se résument ainsi : l’arrêt des agressions israéliennes, le retrait des positions récemment occupées, la libération des prisonniers et le lancement de la reconstruction) se réalisent, le Hezbollah répondra par une attitude très positive. Autrement dit, les menaces de Kassem restent dépendantes de la réponse des autres parties et il ne s’agit pas vraiment de se lancer dans une confrontation, mais plutôt, expliquent les sources du Hezbollah, de rectifier le tir, surtout après les promesses qui avaient été faites au président de la Chambre Nabih Berry – et donc indirectement au Hezbollah – et qui n’ont pas été respectées. Comme le soulignent les sources précitées, les menaces s’inscrivent donc plus dans un discours de dissuasion que dans une action inéluctable.

Enfin, le Hezbollah a le sentiment qu’il y aurait un accord tacite entre des puissances régionales et autres, notamment la Turquie et l’Arabie saoudite, pour donner le pouvoir véritable en Syrie et au Liban à la communauté sunnite afin d’en finir avec les complications et les subtilités des minorités, d’autant que cette communauté est dominante dans la région. En Syrie, c’est pratiquement fait avec l’arrivée au pouvoir d’Ahmad el-Chareh, et au Liban, il s’agirait en fait d’appliquer l’accord de Taëf qui place les prérogatives de l’exécutif entre les mains du Conseil des ministres et de son président. C’est d’ailleurs dans ce contexte que Naïm Kassem a parlé d’une menace existentielle pour l’ensemble de la communauté chiite. S’agit-il d’un plan véritable ou juste d’un épouvantail brandi par le Hezbollah pour resserrer les rangs chiites et déjouer en quelque sorte les tentatives de semer la discorde entre lui et le mouvement Amal ? Et si ce plan existe véritablement, comment les Israéliens pourraient-ils l’accepter alors qu’ils préfèrent traiter avec les minorités dans la région, au point d’ailleurs de se présenter comme leurs protecteurs ? Il est sans doute très tôt pour répondre à cette question, mais les milieux proches du tandem chiite ne cachent pas leur crainte au sujet de l’existence d’un projet visant à semer la discorde entre eux pour les affaiblir et ensuite les isoler, alors que, jusqu’à présent, leur principal élément de force, au-delà des armes et des moyens, c’est leur unité qui a été scellée après des combats fratricides en 1988 par un accord parrainé par l’Iran et la Syrie.

Pour toutes ces raisons, le Hezbollah a donc changé de tactique, choisissant le fait de hausser le ton pour conserver sa place sur l’échiquier libanais, après avoir plus ou moins perdu celle qu’il avait sur l’échiquier régional. Cette méthode sera-t-elle plus efficace que la précédente ? 

La tempête provoquée par les propos violents de Naïm Kassem ne s’était pas encore calmée lorsque les émissaires américains, Thomas Barrack et Morgan Ortagus, ont entamé leur visite au Liban. De nombreux analystes s’attendaient à ce que le ton monte aussi du côté américain. Mais les Libanais ont été agréablement surpris par les déclarations plutôt positives de Barrack qui semblait même avoir adopté le point de vue libanais sur la nécessité d’appliquer la tactique dite « du pas contre pas », c’est-à-dire qu’à toute décision libanaise allant « dans le bon sens », comme disent les Américains, doit correspondre une action similaire de la part d’Israël. Si cela se vérifie, cela devrait permettre aux responsables libanais de prouver que les voies diplomatiques qu’ils ont adoptées sont efficaces...
commentaires (10)

A vous entendre, avocate de Ha'zbala et des illumines orangers, le parti mercenaire, vendeur de drogues et assassin, serait un etat Scandinave et Naim(an) Kassem serait Winston Churchill`! Lala land comme d'habitude aucune mesure d'objectivite!

Cadmos

16 h 07, le 19 août 2025

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Commentaires (10)

  • A vous entendre, avocate de Ha'zbala et des illumines orangers, le parti mercenaire, vendeur de drogues et assassin, serait un etat Scandinave et Naim(an) Kassem serait Winston Churchill`! Lala land comme d'habitude aucune mesure d'objectivite!

    Cadmos

    16 h 07, le 19 août 2025

  • C'est rare qu'une Journaliste Libanaise relate les faits sans imbiber l'article de sa propre opinion. Comme tjrs Mme Haddad Impartiale et juste.

    Abourahal Roland

    12 h 50, le 19 août 2025

  • Décryptage ou traduction en français des demandes que le Hezbollah ne peut formuler qu'en arabe ou en farsi?

    Renno Toufic

    11 h 52, le 19 août 2025

  • AUTREMENT DIT, REDIT ET REREDIT : naim kassem com chef de la milice iranienne au liban ne remettra pas ses armes de sitot. et contrairement aux sources citees par dame scarlet, aucun signe de positivite ou de cooperation de sa part ne sont perceptibles, dans tous les cas de figures imaginables.

    L’acidulé

    10 h 33, le 19 août 2025

  • bizarre que cet energumene encense comme tacticien cad stratege ( yia 3ayne ! ) par madame n,est pas vise comme ses predecesseurs...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 16, le 19 août 2025

  • ....Pourquoi est-il toujours vivant, et remplace " l autre" , tué par les israéliens ??

    Marie Claude

    08 h 47, le 19 août 2025

  • Un article " sur mesure " louant et mystifiant les égarements du Parti.

    William Cadige

    08 h 10, le 19 août 2025

  • Mme Haddad, Lorsqu'on perd une guerre on paye le prix. Le Hezbollah payera le prix s'il le veut ou pas. Sauf que Le Hezbollah et son parrain Iranien s'en foute du pays et sont prêts à le prendre à l'enfer avant.

    Ma Realite

    06 h 22, le 19 août 2025

  • Vous avez bien fait d’évoquer la “défense” des minorités par Israël. Pour ceux qui s’en souviennent, la communauté chiite représentait le gros des troupes du commandant antoine lahd protégé par Israël. En ce temps là le sud était sous le joug des Palestiniens et de très nombreux chiites étaient contre la dictature humiliante du Fateh d’Arafat. . Tout comme les chrétiens encerclés, ils se faisaient même soigner chez l’énnemi d’aujourd’hui. Lorsqu’on se noie on s’accroche à tout. L’avenir peut nous réserver des surprises !

    Goraieb Nada

    06 h 19, le 19 août 2025

  • Bla..bla..bla…

    Tony Nakhle

    01 h 56, le 19 août 2025

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