Un bâtiment résidentiel endommagé suite à une attaque de drone à Ramenskoye dans la région de Moscou, le 10 septembre 2024. Photo AFP ou licenciés/TATYANA MAKEYEVA
Le sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska s'est achevé vendredi sans l'annonce d'un plan de paix en Ukraine, mais, à Moscou, il a suscité une certaine satisfaction et des espoirs, selon des Russes interrogés samedi par l'AFP.
Pour Vitali Romanov, 46 ans, la rencontre a suscité « l'espoir que cela ira mieux, pour la Russie, pour le peuple et pour les gens qui combattent » sur le front. Rencontré à deux pas du Kremlin, cet employé du Musée historique de Moscou dit souhaiter que tout s'arrête « maintenant » en Ukraine, où des combats très sanglants se poursuivent depuis le déclenchement de l'offensive russe à grande échelle en février 2022. Dans la même ton, Irina, une infirmière de 55 ans, estime que la rencontre Trump-Poutine fera « du bien » à la Russie.
M. Trump, qui avait menacé la Russie de « conséquences très graves » si elle n'acceptait pas de mettre un terme à la guerre, a dit ne plus envisager de mesures dans l'immédiat après sa rencontre avec M. Poutine, alors que Moscou est déjà soumis à de lourdes sanctions occidentales depuis 2022. La visite du président russe aux Etats-Unis a été perçue d'ores et déjà comme une victoire diplomatique pour le chef du Kremlin, jusque-là isolé du monde occidental depuis l'attaque contre l'Ukraine en 2022. L'Ukraine et les Européens redoutent que ce sommet ait pu permettre à Vladimir Poutine d'influencer son homologue américain, qui avait évoqué en amont la possibilité de concessions territoriales.
Notre « grandeur »
Lioudmila, une retraitée moscovite de 73 ans, est pour sa part « absolument convaincue » que Vladimir Poutine et Donald Trump « pourront se mettre d'accord, car Trump n'est pas un abruti et il comprend que notre pays a de la grandeur, un statut et beaucoup de bonnes personnes ».
Cette dame assure « espérer beaucoup » d'une éventuelle visite à Moscou du président américain, invité la veille par son homologue russe.
Signe de l'intérêt fort en Russie pour cette rencontre en Alaska, Vadim, spécialiste dans le domaine agricole de 35 ans, affirme avoir regardé les actualités sur le sommet -- survenu tard dans la nuit à Moscou -- « avant d'aller se coucher et juste après s'être réveillé ». Il ajoute vouloir « tellement croire » que les relations entre Moscou et Washington s'améliorent et que le conflit en Ukraine se termine.
La confrontation « coûte trop cher »
« Je ne pense pas que les relations s'améliorent au point qu'on puisse devenir des alliés », tempère Elena, une comptable de 36 ans, en se promenant avec sa fille sur la rue Nikolskaïa, tout près du Kremlin. « Mais de toute façon, une confrontation coûte trop cher aux superpuissances pour que cela continue éternellement », souligne-t-elle. Donald Trump et Vladimir Poutine se sont séparés vendredi en Alaska sans rien dévoiler d'un possible plan de paix pour l'Ukraine, tout en multipliant les déclarations engageantes et les gestes amicaux. Le président américain a parlé d'une réunion « très productive », Vladimir Poutine d'un entretien « constructif », mais en réalité rien n'a filtré immédiatement de leurs trois heures de discussion sur une base militaire de l'Alaska.
Pour l'analyste Tatiana Stanovaïa, « cette rencontre n'a été ni un échec, ni un succès ». Mais, selon elle, le sommet a renforcé « la conviction de Trump qu'on ne peut pas vaincre la Russie ». Et « sa conclusion stratégique principale est qu'il ne soutiendra jamais l'Ukraine aussi pleinement que l'Europe, parce qu'il ne croit pas que l'Ukraine puisse gagner la guerre contre une puissance nucléaire », a-t-elle écrit sur Telegram.


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