Des Palestiniens transportant des sacs de farine dans une rue dévastée de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 1e août 2025. Photo AFP / BASHAR TALEB
La mise en oeuvre du plan israélien de prise de contrôle de la ville de Gaza risque de déclencher « une nouvelle calamité » qui aurait des résonances « dans toute la région », a mis en garde dimanche un haut responsable de l'ONU.
« Nous assistons déjà à une catastrophe humanitaire d'une ampleur inimaginable à Gaza », a déclaré Miroslav Jenca, sous-secrétaire général de l'ONU pour l'Europe, l'Asie centrale et les Amériques, en ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité consacrée au conflit. Si les projets de prise de contrôle de la ville du territoire palestinien « sont mis en œuvre, ils risquent de déclencher une nouvelle calamité à Gaza, résonnant dans toute la région et provoquant de nouveaux déplacements forcés, des tueries et des destructions – aggravant les souffrances insupportables de la population », a-t-il martelé.
En amont de la réunion, le représentant slovène au Conseil de sécurité, s'exprimant au nom des quatre pays de l'UE qui y siègent actuellement, (Danemark, Grèce, France et Slovénie) a lui aussi fermement condamné le projet.
« Nous réitérons que toute tentative d'annexion ou d'extension des colonies, toute violation du droit international ou tout élargissement des opérations militaires ne fera qu'exposer davantage la vie de tous les civils de Gaza, y compris celle des otages restants, et entraîner des souffrances inutiles supplémentaires », a déclaré Samuel Zbogar.
S'exprimant depuis Jérusalem, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété dimanche que le plan de conquête de la ville de Gaza était au contraire le « meilleur moyen de terminer la guerre » qui fait rage depuis 22 mois dans le territoire palestinien. Le nouveau plan « ne vise pas à occuper Gaza, mais à démilitariser Gaza », a-t-il réitéré.
M. Netanyahu est confronté à une très forte pression, en Israël sur le sort des 49 otages encore aux mains du Hamas, et à l'étranger pour faire taire les armes dans le territoire dévasté, où plus de deux millions de Palestiniens sont menacés d'une « famine généralisée » selon l'ONU.
Dans le même temps, l'extrême droite israélienne, partie-prenante de la coalition gouvernementale, a clamé son désaccord contre un plan qu'elle ne juge pas assez ambitieux. « Je veux tout Gaza, le transfert (de sa population, NDLR) et la colonisation », a résumé le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, l'un des plus radicaux du gouvernement Netanyahu.
Les États-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité doté d'un droit de veto, chercheront probablement à protéger leur allié Israël de toute mesure concrète de censure de l'ONU. A l'extérieur du siège des Nations Unies à New York, quelques manifestants se sont rassemblés pour réclamer la fin du conflit, encadrés par un important dispositif de police.


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