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Politique - Monopole Des Armes

Convois du Hezbollah : l'armée prête à agir contre toute « atteinte à la paix civile », sept manifestants arrêtés

Un haut responsable du Hezbollah affirme que la décision du gouvernement de désarmer les milices ne mènera pas à une « escalade interne »

Convois du Hezbollah : l'armée prête à agir contre toute « atteinte à la paix civile », sept manifestants arrêtés

Des partisans du Hezbollah se rassemblent dans la banlieue sud de Beyrouth, le 8 août 2025. Photo circulant sur les réseaux sociaux.

L'armée libanaise a affirmé samedi qu'elle ne tolérera aucune atteinte « à la sécurité ou à la paix civile », ni fermeture de route, en réaction aux manifestations de la veille au soir de sympathisants du Hezbollah qui protestaient contre la décision du gouvernement de désarmer le parti-milice d'ici la fin de l'année. Une source au sein de l'armée a en outre confirmé que sept personnes avaient été brièvement arrêtées en marge des convois.

Dans un communiqué, la troupe a évoqué « les défis exceptionnels auxquels le Liban est confronté actuellement », notamment les attaques israéliennes quotidiennes et la « situation sécuritaire délicate ». Dans ce contexte, elle a dénoncé des vidéos «truquées» diffusées en ligne et des appels à manifester « visant à attiser les tensions entre les citoyens, et mis en garde contre «toute action dont les conséquences pourraient être imprévisibles».

L'armée procède à des arrestations

« Tout en respectant la liberté d'expression pacifique, l'armée ne tolérera aucune atteinte à la sécurité ou à la paix civile, aucun blocage de routes ni aucune violation de la propriété publique ou privée », ajoute le texte, qui appelle toutes les parties à « faire preuve de responsabilité » et à promouvoir « l'unité et la solidarité ».

Si le communiqué ne donne aucune information sur des arrestations lors des convois de la veille, une source militaire a confirmé à notre publication que sept personnes ont été brièvement détenues en marge des protestations, et remises en liberté. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux et vérifiées par L’Orient-Le Jour montraient des manifestants qu'on présume du Hezbollah arrêtés vendredi soir par des soldats, dans différentes régions. Des images montrent notamment des arrestations sur la nouvellement baptisée « autoroute Ziad Rahbani », anciennement connue sous le nom de l'ex-dictateur syrien Hafez el-Assad et renommée mardi.

Le gouvernement de Nawaf Salam a annoncé mardi avoir chargé l'armée de préparer un plan pour acter le désarmement des milices, dont le Hezbollah, avant la fin de l'année, tandis que jeudi, le cabinet a approuvé les « objectifs » définis dans la feuille de route proposée par l'émissaire américain Tom Barrack pour assurer la bonne mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu. Cet accord est entré en vigueur le 27 novembre 2024 après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, mais est violé presque quotidiennement par l'État hébreu, qui continue d'occuper cinq points au Liban-Sud et d'attaquer plusieurs régions du pays, tandis que Tel-Aviv accuse le Hezbollah de vouloir reconstruire ses infrastructures au sud du Litani. Le « plan Barrack » prévoit le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés d'ici la fin de l’année, ainsi qu’une série d’autres mesures, comme la mise en application des réformes, un soutien à l’armée libanaise et la délimitation des frontières avec la Syrie et Israël.

Les manifestations de jeudi et vendredi soir contre ce plan ont pris la forme de dizaines de convois de mobylettes dont les conducteurs et passagers, brandissant les drapeaux jaunes du Hezbollah, ont sillonné différentes zones du pays, notamment la banlieue sud de Beyrouth.

Vendredi, les convois de motos du Hezbollah ont tenté d’atteindre la route menant au Palais présidentiel de Baabda, mais ont été arrêtés à plusieurs points de contrôle de l’armée déployée dans la zone.


« Pas d'escalade interne », selon un responsable du Hezbollah

Parallèlement aux manifestations, et quelques heures avant le communiqué de l'armée libanaise, le vice-président du Conseil politique du Hezbollah et ancien ministre Mahmoud Comati a affirmé, dans un entretien sur la chaîne al-Jazeera, que la décision du gouvernement « n'entraînera pas d'escalade ni de confrontation » interne au Liban.

« La décision du gouvernement de restreindre les armes à l’État est une humiliation et une soumission à une directive américaine », a critiqué M. Comati, qui a estimé qu'elle « ne sera ni adoptée et ni appliquée ». « Nous étudions nos options concernant le maintien ou non au sein du gouvernement » des ministres relevant de la formation, a-t-il précisé.

Les quatre ministres chiites présents à la réunion — dont trois issus de la coalition Hezbollah-Amal — ont quitté la salle lorsque les discussions ont porté sur le document américain. Le Hezbollah avait auparavant appelé le gouvernement à revenir sur sa décision de mardi.

L'armée libanaise a affirmé samedi qu'elle ne tolérera aucune atteinte « à la sécurité ou à la paix civile », ni fermeture de route, en réaction aux manifestations de la veille au soir de sympathisants du Hezbollah qui protestaient contre la décision du gouvernement de désarmer le parti-milice d'ici la fin de l'année. Une source au sein de l'armée a en outre confirmé que sept personnes avaient été brièvement arrêtées en marge des convois.Dans un communiqué, la troupe a évoqué « les défis exceptionnels auxquels le Liban est confronté actuellement », notamment les attaques israéliennes quotidiennes et la « situation sécuritaire délicate ». Dans ce contexte, elle a dénoncé des vidéos «truquées» diffusées en ligne et des appels à manifester « visant à attiser les tensions entre...
commentaires (9)

Dans toutes les démocraties les gens ont le droit de manifester pour leurs revendications. Cependant il faut avoir obtenu la permission du ministère de l’intérieur pour ce faire sinon elle est illégale et peut être considérée comme un danger pour la sécurité de l’état. C'est la loi chez nous aussi. Dans notre cas, non seulement le parti n'a surement pas obtenu l'accord du ministère dont il n'a cure mais en plus ce n'est même pas un parti légal et Libanais de par son idéologie donc de facto anticonstitutionnel. Il faut donc leur interdire de manifester tout court!

Pierre Christo Hadjigeorgiou

13 h 34, le 11 août 2025

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Commentaires (9)

  • Dans toutes les démocraties les gens ont le droit de manifester pour leurs revendications. Cependant il faut avoir obtenu la permission du ministère de l’intérieur pour ce faire sinon elle est illégale et peut être considérée comme un danger pour la sécurité de l’état. C'est la loi chez nous aussi. Dans notre cas, non seulement le parti n'a surement pas obtenu l'accord du ministère dont il n'a cure mais en plus ce n'est même pas un parti légal et Libanais de par son idéologie donc de facto anticonstitutionnel. Il faut donc leur interdire de manifester tout court!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    13 h 34, le 11 août 2025

  • Le HB tente sa chance pour connaître la réaction du nouveau pouvoir. S’il le laisse faire prétextant une paix intérieure, il se montrerait plus offensif, et s’il est sévèrement sanctionné, il dira qu’il s’agit d’éléments incontrôlables, comme il a fait lors des agressions menées depuis notre sol sur Israël, et se contenterait de donner l’ordre à ses moutons de regagner la bergerie en attendant un autre plan moins démonstratif et plus sournois. On les connaît depuis le temps. Ce sont des lâches qui ne comprennent que le langage de la force. Il ne faut pas plier face à leur retendue force de nui

    Sissi zayyat

    11 h 06, le 10 août 2025

  • Sept arrêtés seulement ? Faudrait interdire les manifestations parce qu’ils nuisent à la population libanaise entière. Nous sommes réellement fatigués de ces gens et de leurs attitudes nuisibles depuis quarante ans.

    Wow

    23 h 42, le 09 août 2025

  • Ces jeunes donnent une mauvaise image du Liban, font fuire les touristes et nuisent à l'activité économique. Que les chefs d'entreprises et les identifient sur les réseaux sociaux: Il n'est pas permis qu'ils aient une activité normale durant la journée et que le soir ils ruinent le gagne pain des autres libanais. J'invite aussi les tribunaux à se saisir de ces actes de hooliganisme et condamner ses voyous avec inscription sur les casiers judiciaires.

    Moi

    20 h 59, le 09 août 2025

  • Il faut les envoyer en Iran chez les molahs

    Eleni Caridopoulou

    17 h 45, le 09 août 2025

  • La décision de restreindre à l'État la possession des armes n'est pas nouvelle puisqu'elle figure en toutes lettres dans l'accord de Taëf. Ce qui est nouveau, c'est une "décision d'appliquer la décision "prise il y a 35 ans. Peut-être le Hezbollah pensait-il attendre en core 35 ans une "décision d'appliquer la décision d'appliquer la décision "! Espérons qu'il sera déçu !

    Yves Prevost

    17 h 41, le 09 août 2025

  • Merci á l'armée.

    Moi

    15 h 23, le 09 août 2025

  • Le haut responsable chez Hezbollah Comati affirme que la décision du gouvernement n'entraînera pas d'escalade ni de confrontation interne au Liban. C'est rassurant. hop ce même responsable dit en même temps que cette décision ne sera ni adoptée et ni appliquée ! oÙ est l'erreur ?il sait bien que c'est une décision fixe. le gouvernement lui a promis qu'elle ne sera appliquée ? le président lui a dit ça ? ou bien il pense qu'ils sont capable d'un coup d'état et prendre le pays ? ou plutôt ils nous endorment en attendant de se réorganiser en plus fort etcc....etc....donc j'ai rien compr

    Gebran Eid

    14 h 11, le 09 août 2025

  • Drapeaux jaunes / verts partout… mais ou sont donc les drapeaux libanais? Ces gens-là sont-ils vraiment nos concitoyens?

    Alain

    13 h 51, le 09 août 2025

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