Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi. Photo fournie par le bureau de presse du ministère
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a révélé vendredi que les États-Unis envisagent de cesser le financement de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, et de modifier sa mission, alors que son mandat au Liban-Sud vient à échéance fin août, sur fond de tensions liées à la scène intérieure libanaise et à la décision de désarmer le Hezbollah.
« Il est désormais clair que les États-Unis vont cesser de financer les forces internationales d'urgence. Ils souhaitent également modifier leur mission. En revanche, nous travaillons avec la France, la Grande-Bretagne et l'Algérie, qui sont membres du Conseil de sécurité, pour résoudre la question du financement de la Finul tout en conservant sa mission telle quelle, sans modification, ce que souhaite le Liban », a-t-il souligné dans une interview à la publication arabophone Nidaa al-Watan.
Le ministre Raggi a également évoqué la « situation paradoxale » de la Finul, depuis son arrivée au Liban après l'adoption de la résolution 425 de l'ONU en 1978, qui l’a placée entre deux camps hostiles. Avec un budget annuel d'un demi-milliard de dollars, ces forces ont créé au fil des ans un cycle économique profitable au Sud et à ses habitants, qui se montrent « amicaux envers la Finul tout en l'abandonnant lorsque des incidents surviennent entre elle et le Hezbollah », a-t-il observé. La Finul n'a jamais accusé le Hezbollah d'être derrière les incidents réguliers la visant dans le Sud, parlant dans ses communiqués de « riverains ».
La Finul, composée de quelque 10 000 Casques bleus, est déployée depuis 1978 pour faire tampon entre le Liban et Israël. La résolution 1701 de 2006 réclame le retrait total des forces israéliennes du Liban et le désarmement du Hezbollah. Elle sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024 entre le parti chiite et Israël, après 13 mois de guerre, mais qui est violé presque chaque jour par des frappes et tirs israéliens. De son côté, le Hezbollah refuse de remettre ses armes : mercredi, le tandem chiite Amal-Hezbollah avait qualifié de « péché grave » la décision du Conseil des ministres de fixer une date limite pour son désarmement.
Alors que les États-Unis ont déjà arrêté de nombreux financements d'institutions internationales et d'organismes de l'ONU depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier dernier, des informations font état d'une velléité israélienne et américaine de ne pas renouveler le mandat de la Finul.
Le monopole des armes
Commentant la décision du Conseil des ministres d’accorder à l’État le monopole des armes, lors des deux séances, mardi et jeudi, le chef de la diplomatie a rappelé que cette décision intervient de nombreuses décennies après la reconnaissance internationale en 1943 de l’État libanais. « En 2025, l’État lutte pour retrouver son statut d’État en récupérant son droit à l’exclusivité des armes », a-t-il ajouté, précisant que son rôle dans une telle décision était une « contribution de 1 % ». Mais sur le processus, M. Raggi, qui est proche des Forces libanaises, a reconnu qu'il aurait plutôt espéré une décision mentionnant « la remise des armes » à l'État.
Le ministre des Affaires étrangères a également estimé qu'il s'agissait d'une décision « historique, décisive et définitive, sans retour en arrière possible ». Sur le délai imparti pour clôturer la question des armes, le ministre des AE a fait part du refus des ministres de « laisser le délai ouvert, ce qui pourrait signifier des années, et rendrait la décision difficile à mettre en œuvre ». Et de rappeler dans ce cadre les pressions internationales qui ont précédé la décision, notamment de la part des États-Unis et de la France, en plus de la menace imminente qui pesait de la part d'Israël.
Après la décision du gouvernement, l’armée libanaise doit à présent préparer un plan d’exécution et le soumettre au Conseil des ministres d’ici la fin du mois. « Comme l'ont promis les États-Unis, le Liban espère obtenir une aide pour l'armée afin de commencer à mettre en œuvre la décision de confisquer les armes sur l’ensemble du territoire », a observé M. Raggi.
Interrogé enfin sur ses propres convictions, le chef de la diplomatie libanaise a relancé le débat sur la paix entre le Liban et Israël. « Ils disent toujours que le Liban sera le dernier pays à conclure la paix avec Israël. D'accord, mais pourquoi imposer cela au Liban, s'il a des intérêts qui vont au-delà ? », a-t-il demandé.


Il ne nous reste que le courage pour désarmer de force ces milices vendues ainsi que tous les groupuscules terroristes et le monde nous suivra. Il faut montrer sa détermination afin de convaincre les pays amis de nous aider à reprendre notre souveraineté. Si le sort du pays repose sur le veto du HB et de sa non participation aux séances ministérielles pour sauver ce qui reste, On n’est pas sorti de l’auberge. S’ils ne veulent pas participer, autant les licencier et les remplacer par des ministres qui méritent leur salaire en œuvrant pour le salut de leur pays. Point de tergiversations
10 h 06, le 09 août 2025