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Nos lecteurs ont la parole

Joseph Aoun, la stature d’un commandeur

Quand le Liban célèbre la fête de son armée, comment ne pas honorer celui qui, plus que tout autre, incarne l’esprit, la loyauté et la rigueur de cette institution ? Comment ne pas saluer celui qui a porté l’uniforme toute sa vie, celui qui fut le premier des soldats avant d’être appelé à devenir le premier des Libanais ? Joseph Aoun. Un nom qui, pour beaucoup, résonne aujourd’hui comme une promesse.

Commandant en chef de l’armée libanaise durant les années les plus sombres, stratège de la retenue autant que de la fermeté, Joseph Aoun n’est pas de ceux qui braillent, il est de ceux qui brillent, et ce ne sont pas seulement ses étoiles qui en font foi. Il a tenu bon quand les tempêtes faisaient vaciller toutes les institutions.

Lors de la crise financière sans précédent qu’a connue le pays, avec l’effondrement de la livre libanaise, la fermeture des banques, la chute du pouvoir d’achat et la pauvreté galopante qui ont provoqué un chaos social, il a su galvaniser la troupe en s’écriant : « Mes soldats ont faim », une sorte de pronunciamiento qui a calmé les militaires. Plus tard, durant la révolution du 17 octobre 2019, et face au mouvement de contestation massif et spontané qui a éclaté contre la classe politique, il a refusé de transformer l’armée en outil de répression et a su maintenir l’ordre sans réprimer et contenir sans violence, jonglant ainsi entre la volonté de respecter le droit de manifester tout en préservant les institutions et les personnes.

Joseph Aoun a su encaisser, gérer, contenir et éviter les dérapages pendant que la classe politique s’enlisait dans les compromissions, les blocages et les petits calculs. Dans la tourmente et l’effondrement total qu’a traversés le Liban ces dernières années, c’est l’armée, seule, qui tenait encore debout, et lui à sa tête. Il n’a pas cherché le pouvoir, c’est le pouvoir, dévasté, orphelin, vidé de sa substance, qui est venu à lui. Et aujourd’hui, président de la République, il demeure ce commandeur silencieux. Il connaît le poids du dossier syrien, la fragilité des équilibres régionaux, le gouffre financier, l’effondrement économique. Et pourtant, il avance. Il négocie. Il écoute. Il rassemble.

La frontière syro-libanaise, passoire délaissée depuis des années, gangrenée par la contrebande et les règlements de comptes, retrouve peu à peu une forme de stabilité. Grâce à un patient travail de rétablissement de l’autorité de l’État, Joseph Aoun est en train de pacifier ce no man’s land brûlant. Sans grandiloquence. Sans bruit. Mais avec méthode. Et dans les coulisses, il dialogue avec les pays arabes, rétablit les canaux diplomatiques, renoue avec des capitales longtemps fâchées avec Beyrouth. Il rassure Riyad, Abou Dhabi, Le Caire, Manama... Les portes longtemps fermées s’ouvrent à nouveau et les Arabes, après avoir longtemps fait confiance à des civils qui jouent aux soldats, veulent enfin faire confiance à un soldat en civil. À son intégrité. À sa constance. Washington, Paris, Bruxelles, Londres voient en lui un homme avec qui l’on peut bâtir. Un homme capable de rétablir l’ordre sans basculer dans la répression. Un homme capable de reconstruire sans réprimer. Il a la confiance des chancelleries.

Sur le front économique, la tâche est herculéenne. Le Liban, ravagé par l’inflation, la crise, les attaques israéliennes et la fuite des cerveaux, est à genoux. Mais Joseph Aoun tente de lui redonner un souffle. En rétablissant les liens avec les bailleurs de fonds. En restaurant un climat de sécurité favorable au tourisme et à l’investissement. En redonnant confiance aux Libanais de la diaspora, aux Européens inquiets, aux pays du Golfe méfiants.

Joseph Aoun n’a pas conquis le pouvoir. Il l’a mérité. Par sa loyauté, son intégrité, sa rigueur. Il n’est pas un politicien. Il est mieux que cela : un homme d’État qui porte en lui un rêve, celui d’un Liban sécurisé, pacifié, respecté. Un Liban qui ne soit plus un champ de bataille pour d’autres guerres. Un Liban où l’armée serait au service de la paix, non de la répression. Un Liban où les Arabes reviendraient passer leurs étés, où les Libanais ne seraient plus forcés à l’exil. Un Liban sans tutelle. Ni celle de Damas. Ni celle de Téhéran. Ni celle de Tel-Aviv. Et ce rêve, il le porte avec la gravité d’un homme de guerre, la tendresse d’un patriote et la passion d’un commandeur.

Je ne connais pas Joseph Aoun et je ne vis pas au Liban, mais ce texte, je me devais de l’écrire.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Quand le Liban célèbre la fête de son armée, comment ne pas honorer celui qui, plus que tout autre, incarne l’esprit, la loyauté et la rigueur de cette institution ? Comment ne pas saluer celui qui a porté l’uniforme toute sa vie, celui qui fut le premier des soldats avant d’être appelé à devenir le premier des Libanais ? Joseph Aoun. Un nom qui, pour beaucoup, résonne aujourd’hui comme une promesse.Commandant en chef de l’armée libanaise durant les années les plus sombres, stratège de la retenue autant que de la fermeté, Joseph Aoun n’est pas de ceux qui braillent, il est de ceux qui brillent, et ce ne sont pas seulement ses étoiles qui en font foi. Il a tenu bon quand les tempêtes faisaient vaciller toutes les institutions.Lors de la crise financière sans précédent qu’a connue le pays, avec...
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