Le président Joseph Aoun, le metteur en scène Jorge Takla, la présidente du Festival de Baalbeck, Nayla de Freige, et le gouverneur de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr, entourés des membres du comité du festival.
Le président Joseph Aoun a remis la médaille d’argent de l’ordre du Mérite libanais au metteur en scène libano-brésilien Jorge Takla, saluant une carrière artistique marquée par une exigence esthétique constante et une contribution significative à la scène culturelle internationale. À travers cette distinction, le chef de l’État a tenu à souligner « un parcours qui a su conjuguer excellence, créativité et fidélité aux racines libanaises ».
La cérémonie s’est tenue au palais présidentiel à Baabda, en présence de Nayla de Freige, présidente du Festival de Baalbeck et PDG de L’Orient-Le Jour, ainsi que du gouverneur de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr, et des membres du comité du festival.

Cette reconnaissance intervient peu après le passage remarqué de Jorge Takla au Festival de Baalbeck, où il a présenté, les 25 et 26 juillet 2025, une adaptation inédite de Carmen de Georges Bizet. Dans cette relecture audacieuse, le metteur en scène a choisi d’« orientaliser subtilement l’œuvre » en y intégrant des éléments visuels et sonores empruntés à l’imaginaire libanais.
Sur les marches du temple de Bacchus, ce spectacle lyrique monumental a réuni un plateau d’artistes internationaux et locaux. La mezzo-soprano française Marie Gautrot a incarné Carmen, aux côtés de Julien Behr (Don José), Jérôme Boutillier (Escamillo) et Vannina Santoni (Micaëla). La direction musicale a été assurée par Toufic Maatouk, à la tête de l’Orchestre de la Radio roumaine et de la Chorale de l'Université Antonine.
La scénographie, signée par Takla lui-même, s’est enrichie des costumes du créateur Rabih Kayrouz et des projections visuelles de Nabil Nahas, offrant un dialogue saisissant entre patrimoine antique et expression contemporaine.
Dans un entretien accordé à L’Orient-Le Jour, le metteur en scène déclarait : « Carmen n’est pas qu’une gitane espagnole. C’est un mythe que chaque culture peut s’approprier. À Baalbeck, j’ai voulu qu’elle ait quelque chose de profondément libanais. » Un pari artistique salué par la critique et le public, qui ont vu dans cette version une réinvention sensible et puissante de l’opéra de Bizet, à la fois fidèle à l’original et ancrée dans une identité méditerranéenne affirmée.
Né au Liban et installé au Brésil dès son jeune âge, Jorge Takla est un metteur en scène, producteur et directeur artistique de renom, dont la carrière s’étend sur plus de quatre décennies. Formé à Paris à l’École du Louvre et à la Sorbonne, il se distingue par des mises en scène lyriques et théâtrales d’envergure, à la croisée des cultures occidentale et orientale. Au fil des années, il signe plus de 80 productions à l’international, du théâtre classique à l’opéra contemporain, en passant par la comédie musicale.


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