Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le Hezbollah a appelé le gouvernement à « rectifier le tir » alors que la deuxième réunion du Conseil des ministres qui doit discuter du désarmement des groupes armés, dont le Hezbollah, et de la feuille de route remise par l’envoyé américain Thomas Barrack entamait ses travaux jeudi au palais de Baabda.
Réuni sous la présidence de son chef, Mohammad Raad, le bloc parlementaire du parti chiite pro-iranien a publié un communiqué dans lequel il dénonce la politique américaine et s’insurge contre « le fait que les autorités libanaises cèdent aux pressions étrangères sans se soucier des intérêts libanais supérieurs et des contraintes de l’unité nationale, qui sont les garants du Liban ». « Quand le Premier ministre (Nawaf Salam) adopte la feuille de route de l’envoyé américain, il va à l’encontre de tous les engagements qu’il a pris dans sa déclaration ministérielle, et ceux du discours d’investiture du président de la République », poursuit le texte.
Lors de sa précédente réunion mardi, le gouvernement avait décidé de demander à l’armée libanaise d’élaborer un plan de désarmement de tous les groupes armés au Liban avant la fin de l’année 2025 d’ici fin août. Deux des ministres du tandem chiite Amal-Hezbollah, Rakan Nassereddine et Tamara el-Zein, ont quitté la réunion en signe de protestation, et le ministre Fady Makki avait émis des réserves. La réunion de jeudi devrait poursuivre le débat sur la feuille de route américaine. Le Hezbollah avait réagi le lendemain en se disant non concerné par la décision du gouvernement.
Le bloc du Hezbollah traite de « précipitation suspecte et déraisonnable » l’adoption de la feuille de route américaine par le gouvernement et son chef, estimant qu'elle « fait fi du respect du pacte national et des principes de l’accord de Taëf qui consacre le droit du Liban à se défendre ».
« Les tentatives désespérées de s’en prendre aux armes de la Résistance sont un cadeau gratuit à l’ennemi israélien, et dépouilleraient le Liban de l’un de ses principaux atouts contre la violence aveugle sioniste », ajoute le texte. Le bloc demande au gouvernement de « rectifier le tir en revenant sur sa décision ».
Kabalan : stabilité ou feu aux poudres ?
De son côté, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, un religieux chiite proche du Hezbollah, a publié un court communiqué qui sonne comme une menace. « La réunion du Conseil des ministres aujourd’hui peut soit mettre le pays sur la voie de la stabilité et du respect des intérêts nationaux, soit enflammer le cœur de son peuple au mépris de ses intérêts souverainistes », a-t-il écrit.
« Personne n’a d’excuse, le silence est un grand crime et chacun est concerné par la protection des intérêts politiques et souverainistes supérieurs du pays », a poursuivi le cheikh. Et d’ajouter : « Il n’y a pas de neutralité possible dans une cause aussi existentielle. Tout coup d’État constitutionnel ou pari national hasardeux placera le pays au centre d’une épreuve qui pourrait être la pire ».


Ce saint homme ne fait que nous menacer. Chaque semaine on a droit à sa bonne parole. Ça remplit les journaux, mais ses menaces n’ont pas grand succès. Sauf si les randonnées bruyantes de ses livreurs à moto le rendent heureux.
08 h 03, le 08 août 2025