Des manifestants israéliens de droite se rassemblent sur une colline surplombant la bande de Gaza assiégée, près de la barrière frontalière, le 30 juillet 2025, lors d'un rassemblement marquant le 20e anniversaire du retrait israélien de Gaza. Photo Menahem Kahan/AFP
Le ministre israélien d'extrême-droite Bezalel Smotrich a annoncé jeudi que la colonie de Sa-Nour en Cisjordanie, évacuée par Israël en 2005, allait être reconstruite.
« Nous réparons la faute de l'expulsion », a déclaré le ministre des Finances, qui accompagnait un groupe de familles se préparant à s'installer sur les ruines de cette colonie du nord du territoire palestinien occupé. « Nous savions déjà à l'époque que, même si l'expulsion devait malheureusement avoir lieu, nous reviendrions un jour dans tous les endroits d'où nous avions été chassés. Cela vaut pour Gaza, et c'est d'autant plus vrai ici », a affirmé M. Smotrich.
Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, l'Autorité palestinienne a dénoncé cette « incursion de responsables israéliens » comme « une atteinte systématique à la solution à deux États, dans un silence international suspect ». « Elle approfondit davantage la confiscation des terres des citoyens (palestiniens) dans le but d'étendre ces colonies », condamne le ministère, qui exprime « sa vive préoccupation face à l'intensification des incursions de ce genre par des hauts responsables israéliens en Cisjordanie occupée ».
Le gouvernement israélien a décidé en mai dernier « le développement » de 22 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée dont Sa-Nour, une décision proposée par M. Smotrich, a la tête du parti d'extrême-droite « Sionisme religieux ». « Nous menons une révolution d'implantation et de sécurité en Judée-Samarie (nom donné par Israël à la Cisjordanie, ndlr) comme il n'y a pas eu depuis des décennies », a déclaré M. Smotrich dans un communiqué. Deux des 22 colonies annoncées, Homesh et Sa-Nour, sont particulièrement symboliques: situées dans le nord de la Cisjordanie, elles sont en fait des réimplantations car elles avaient été évacuées en 2005 dans le cadre du retrait israélien unilatéral de la bande de Gaza décidé par le Premier ministre d'alors, Ariel Sharon.
La colonisation de la Cisjordanie s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, depuis la conquête de ce territoire lors de la guerre israélo-arabe de 1967 et s'est nettement intensifiée sous l'exécutif actuel, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël.


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