Le gouvernement libanais a entamé mardi une réunion pour discuter du monopole des armes par l’État, qu'il martèle vouloir imposer, sous pression de Washington qui réclame un calendrier en vue du désarmement du Hezbollah pro-iranien.
Le mouvement chiite est sorti très affaibli à l'automne dernier de deux mois de guerre ouverte avec Israël, qui a fait reculer son influence sur la scène politique libanaise, qu'il dominait depuis des années.
À l’ordre du jour de la réunion, présidée par le chef de l'Etat, Joseph Aoun, au palais présidentiel, figurent notamment "l’affirmation de la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire par ses propres moyens exclusivement" et "l’examen des dispositions relatives au cessez-le-feu" ayant mis fin à la guerre entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre dernier.
Le désarmement du Hezbollah – seule faction à avoir conservé son arsenal après la guerre civile (1975-1990) – constitue une question épineuse au Liban.
Un responsable libanais impliqué dans les discussions a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que "Washington fait pression pour que le Hezbollah remette ses armes selon un calendrier précis".
Selon la même source, "le Hezbollah ne remettra pas ses armes sans contrepartie, ce que les Américains savent pertinemment".
L’émissaire américain Tom Barrack avait appelé le gouvernement libanais, fin juillet à traduire en actes "immédiatement" ses engagements à garantir à l’État "le monopole des armes".
M. Aoun a réaffirmé il y a quelques jours la détermination du pays à désarmer tous les groupes armés, y compris le Hezbollah.
Le Hezbollah pose plusieurs conditions avant d’envisager toute discussion sur ce qu’il considère comme une "affaire intérieure", devant être traitée dans le cadre d’une stratégie de défense nationale.
Selon la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée, la demande américaine équivaut à "une reddition totale du Liban face à l’ennemi israélien".
Le parti réclame notamment un retrait d'Israël des cinq positions qu'il conserve dans le sud du Liban depuis la dernière guerre, l’arrêt des frappes israéliennes présentées comme le visant et qui se poursuivent, la libération de détenus libanais et le lancement de la reconstruction.
Avant son dernier conflit avec Israël, enclenché au début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, le Hezbollah faisait figure de force tout-puissante au Liban.
L'accord du 27 novembre prévoit que le Hezbollah se retire de la zone frontalière avec Israël, où seules l'armée libanaise et les forces onusiennes de maintien de la paix doivent être déployées, sans non plus de présence israélienne.
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© Agence France-Presse


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