De la fumée au-dessus de tentes de Palestiniens déplacés par l'offensive israélienne, à Gaza-Ville, le 29 juillet 2025. Photo REUTERS/Dawoud Abu Alkas
Israël pourrait menacer d’annexer des parties de Gaza afin d’accentuer la pression sur le Hamas, a déclaré mercredi le ministre israélien Zeev Elkin, une idée qui porterait un coup dur aux espoirs palestiniens d’un État sur des terres actuellement occupées par Israël.
La déclaration de M. Elkin, membre du cabinet de sécurité, est intervenue alors que plusieurs pays ont annoncé, parallèlement à une conférence à l'ONU sur la solution à deux Etats, leur intention de reconnaître l'Etat de Palestine. La France, qui avait indiqué la semaine dernière qu’elle reconnaîtrait un État palestinien en septembre, et l’Arabie saoudite ont publié mardi une déclaration, soutenue par l’Égypte, le Qatar et la Ligue arabe, esquissant des étapes en vue de la mise en œuvre d'une solution à deux États. Dans la foulée, la Grande-Bretagne et le Canada ont annoncé leur intention d'une telle reconnaissance, soumise à certaines conditions. Israël fait face à une nette intensification de la pression internationale concernant la situation humanitaire catastrophique à Gaza, où un organisme mondial de surveillance de la faim a averti qu’un scénario de famine extrême est en cours de développement.
« Outil de pression significatif »
Accusant le Hamas de faire traîner les négociations en vue d’un cessez-le-feu afin d’obtenir des concessions d’Israël, Zeev Elkin a déclaré à la chaîne publique Kan qu’Israël pourrait donner un ultimatum au groupe pour parvenir à un accord, avant de poursuivre et d’étendre ses actions militaires. Une annonce faite également alors que la presse israélienne faisait état de discussions par les autorités sur des « alternatives » à l'opération en cours sur l'enclave palestinienne, qui comprenaient notamment l'occupation de parties du territoire. « Ce qui fait le plus mal à notre ennemi, c’est de perdre des terres, a-t-il affirmé. Clarifier au Hamas qu’au moment où il joue avec nous, il perdra des terres qu’il ne récupérera jamais constituerait un outil de pression significatif. »
Mercredi soir, des centaines de familles et de militants sionistes religieux avaient manifesté, à quelques centaines de mètres de la frontière avec la bande de Gaza, pour une recolonisation de la bande de Gaza. Partis de la ville de Sderot, au sud-est d'Israël, ils avaient marché près de trois heures jusqu'au point d'observation d'Asaf Siboni, d'où l'on peut clairement distinguer, dans un paysage apocalyptique, les ruines de la ville palestinienne de Beit Hanoun, rapportait l'AFP. Parmi les marcheurs, les drapeaux israéliens frappés de l'étoile de David se mêlent à ceux oranges du Gush Katif, un ensemble de 21 colonies israéliennes (abritant environ 8.000 personnes) installées dans la bande de Gaza et qui ont été démantelées en 2005 avec le retrait unilatéral décidé par le Premier ministre d'alors Ariel Sharon, après 38 ans d'occupation.
Les efforts de médiation visant à parvenir à un accord pour obtenir un cessez-le-feu de 60 jours et la libération des otages encore détenus par le Hamas se sont interrompus la semaine dernière, chaque partie rejetant la responsabilité de l’impasse sur l’autre.
Cette dépêche est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'un article publié en anglais par l'agence Reuters.




Hamas et Israel se valent’
19 h 11, le 31 juillet 2025