Des Palestiniens déplacés se rassemblent pour recevoir de l'aide d'un point de distribution du GHF dans le "corridor de Netzarim" au centre de la bande de Gaza, le 30 juillet 2025. Photo AFP/EYAD BABA
Le groupe propalestinien Palestine Action a été autorisé mercredi par la justice britannique à contester son interdiction, prononcée début juillet par le gouvernement travailliste de Keir Starmer.
L'interdiction de Palestine Action avait été décidée à la suite d'un acte de vandalisme de plusieurs de ses militants sur une base de l'armée de l'air en Angleterre en juin. Deux avions avaient été aspergés de peinture rouge, des dégâts estimés à sept millions de livres sterling, soit environ huit millions d'euros.
Après un vote du Parlement, le groupe a été ajouté début juillet à la liste des organisations considérées comme terroristes au Royaume-uni -- aux côtés du Hamas ou d'Al-Qaïda. Toute personne appartenant ou soutenant le mouvement peut être condamnée à une peine de 14 ans de prison.
Depuis l'interdiction, plus d'une centaine de partisans de Palestine Action ont été arrêtés, notamment lors de manifestations organisées en soutien du groupe. Une de ses fondatrices, Huda Ammori, avait déposé un recours devant la Haute Court de Londres, pour demander le droit de contester la décision du gouvernement.
Mercredi, le juge Martin Chamberlain a estimé qu'il était « raisonnablement défendable » que l'interdiction de Palestine Action constitue « une ingérence disproportionnée » dans le droit de la plaignante à la liberté d'expression et à la liberté de réunion.
L'interdiction de ce groupe, qui se présente comme « engagé pour mettre fin aux soutiens mondiaux au régime génocidaire et d'apartheid d'Israël », a été vivement critiquée par les ONG de défense des droits humains.
Des experts de l'ONU l'ont dénoncée en faisant valoir que « de simples dommages matériels, sans mise en danger de la vie d'autrui, ne sont pas suffisamment graves pour être qualifiés de terrorisme ».
La semaine dernière, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Volker Türk avait appelé le gouvernement de Keir Starmer à annuler cette interdiction, la jugeant « disproportionnée ».
Outre l'action sur la base de l'armée de l'air de Brize Norton, le groupe s'en était également pris en 2022 à un site du groupe de défense Thales à Glasgow, puis l'an dernier à l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems à Bristol.
En mars dernier, des membres du groupe avaient pénétré dans un golf appartenant au président américain Donald Trump dans le sud-ouest de l'Écosse, écrivant notamment « GAZA IS NOT 4 SALE » (« Gaza n'est pas à vendre ») en lettres majuscules sur le gazon.


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