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Moyen-Orient - Dans La Presse

Des élus israéliens demandent à visiter Gaza pour « explorer les possibilités de colonisation »

Cette demande survient alors que Tel-Aviv réfléchirait à une « option extrême » dans l'enclave pour « faire libérer les otages ».

Des élus israéliens demandent à visiter Gaza pour « explorer les possibilités de colonisation »

Des Palestiniens se rassemblent sur un chemin côtier à l'ouest de Beit Lahia pour tenter d'obtenir de l'aide alimentaire le 29 juillet 2025, après que des camions humanitaires ont pénétré dans la bande de Gaza assiégée par Israël depuis le poste-frontière nord de Zikim. Photo Omar AL-QATTAA/AFP

« 20 ans après, on revient dans la bande de Gaza ». C'est le mot d'ordre scandé par plusieurs groupes israéliens d'extrême droite militant pour un retour dans le territoire palestinien et organisant une marche mercredi en fin d'après-midi vers Gaza. Cet appel à la colonisation est partagé par des ministres et députés de la coalition de droite israélienne, qui ont écrit au ministre de la Défense Israël Katz pour lui demander de leur permettre de visiter le périmètre nord de la bande de Gaza, afin d’y « explorer les possibilités de colonisation », rapporte le Haaretz.

Selon eux, la zone située dans la partie nord de Gaza « est sous le contrôle total de l’armée israélienne, vide de Gazaouis, et ne fait l'objet d'aucune restriction de sécurité particulière ». Parmi les signataires figurent les ministres du Likoud Miki Zohar, May Golan et Shlomo Karhi, ainsi que les ministres d'Otzma Yehudit Itamar Ben-Gvir, Amichay Eliyahu et Yitzhak Wasserlauf, précise le quotidien israélien de gauche.

Plan de reconstruction des colonies

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite israélienne, a également affirmé mardi qu'Israël devait revenir dans la bande de Gaza, lors d'un congrès marquant le 20e anniversaire du retrait unilatéral du territoire palestinien. « Gaza fait partie intégrante d'Israël, comment passer à un plan concret ? Il faut encore y réfléchir, surtout pour que nous réussissions », a déclaré M. Smotrich, à la tête du parti Sionisme religieux.

Evoquant le retrait de 2005 durant lequel Israël a évacué plus de 8.000 colons ainsi que ses soldats, le ministre s'est interrogé à voix haute: « Qui aurait pu imaginer il y a 20 ans que Gaza serait comme elle est aujourd'hui ? », a-t-il dit avant de suggérer que les conditions étaient désormais réunies pour retourner s'y installer. Lors d'une réunion au Parlement israélien la semaine dernière, un plan de reconstruction des colonies avait été présenté devant des élus et des ministres.

« Cela est possible et réaliste. Je suis totalement optimiste. Conquérir Gaza et la peupler en tant que partie intégrante de l'Etat d'Israël et de la Terre d'Israël », avait alors déclaré M. Smotrich. « C'est le prix que doivent payer les terroristes et si Dieu veut, le plus vite possible », avait renchéri le ministre du Développement du Néguev et de la Galilée, Yizhak Wasserlauf, du parti Force juive.

Le Hamas a réagi en qualifiant les propos de M. Smotrich de « menace explicite de poursuivre le génocide et le déplacement forcé de notre peuple ».

« Option extrême » et « blocus totale »

Ces appels à retourner dans la bande de Gaza ont lieu alors que Tel-Aviv songe à intensifier encore plus sa guerre dans le réduit palestinien. L'Autorité de radiodiffusion israélienne a rapporté mercredi que les organisations sécuritaires israéliennes examineraient plusieurs « alternatives » à l'opération « Chariots de Gédéon » de l'armée israélienne à Gaza, qui selon eux a échoué notamment en ce qui concerne la libération des otages toujours dans l'enclave.

Ces alternatives comprendraient une « option extrême » avec notamment l'annexion de territoires, un blocus total sur les zones habitées de Gaza, et l'interdiction de toute aide alimentaire. Ces plans restent toutefois « théoriques », selon une source citée par la radio, dans l'attente d'avancées dans les négociations avec le Hamas. La veille, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait attribué au Hamas la responsabilité du blocage d’un accord sur l’échange d’otages et le cessez-le-feu dans la bande de Gaza occupée. Après avoir retiré leurs négociateurs des pourparlers au Qatar la semaine dernière, les dirigeants israéliens et américains avaient promis d’explorer de nouvelles pistes « pour ramener les otages et mettre fin au règne terroriste du Hamas ». 

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Netanyahu dit étudier « d'autres options » que les négociations pour libérer les otages

Une source de l’armée israélienne citée par le Times of Israel mardi a confirmé au quotidien israélien que « l’annexion de certaines parties de l’enclave » faisait partie des options discutées face à l’impasse des négociations. Selon cette même source, le Premier ministre israélien « tiendra d’autres consultations sur Gaza dans les deux prochains jours ». De même, une source de l’armée israélienne citée par le Jerusalem Post a confirmé que « la question (de l’annexion partielle) a été soulevée de manière sérieuse et a fait l’objet d’un débat », lors d’une réunion de cabinet en début de semaine. 

L'offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza a tué au moins 60 000 Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, a déclaré le ministère de la Santé de l'enclave repris par Reuters, évoquant le conflit qui a dévasté le territoire côtier et déclenché une crise humanitaire. Selon les autorités sanitaires de l'enclave, la plupart des Palestiniens tués sont des civils. Le nombre de blessés s'élève à 145 870, tandis que des milliers de personnes sont toujours portées disparues sous les décombres des bâtiments et des zones détruits, a ajouté le ministère.

« 20 ans après, on revient dans la bande de Gaza ». C'est le mot d'ordre scandé par plusieurs groupes israéliens d'extrême droite militant pour un retour dans le territoire palestinien et organisant une marche mercredi en fin d'après-midi vers Gaza. Cet appel à la colonisation est partagé par des ministres et députés de la coalition de droite israélienne, qui ont écrit au ministre de la Défense Israël Katz pour lui demander de leur permettre de visiter le périmètre nord de la bande de Gaza, afin d’y « explorer les possibilités de colonisation », rapporte le Haaretz.Selon eux, la zone située dans la partie nord de Gaza « est sous le contrôle total de l’armée israélienne, vide de Gazaouis, et ne fait l'objet d'aucune restriction de sécurité particulière ». Parmi les signataires...
commentaires (2)

Qu'ils prennent garde que leur si talentueuse et si morale armée ne les prenne pas pour cible par erreur, comme lorsque ses soldats ont tué leurs propres otages qui s'étaient enfuis !

Politiquement incorrect(e)

19 h 53, le 30 juillet 2025

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Commentaires (2)

  • Qu'ils prennent garde que leur si talentueuse et si morale armée ne les prenne pas pour cible par erreur, comme lorsque ses soldats ont tué leurs propres otages qui s'étaient enfuis !

    Politiquement incorrect(e)

    19 h 53, le 30 juillet 2025

  • Quand on perd une guerre que l'on a enclenché : on perd du territoire

    Dorfler lazare

    17 h 47, le 30 juillet 2025

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