La porte-parole de la diplomatie américaine Tammy Bruce . Photo AFP
Dans une déclaration cinglante publiée le 28 juillet, la porte-parole de la diplomatie américaine, Tammy Bruce, a annoncé que les États-Unis boycotteraient la conférence onusienne sur la solution à deux États, qui a débuté lundi à New York à l'initiative de Paris et Riyad, avant un sommet de l’Assemblée générale en septembre. Qualifiant l’événement de « coup de communication » nuisible aux efforts diplomatiques en cours, Washington envoie un signal fort : pour l’administration Rubio, l’heure n’est pas aux grandes messes internationales, mais à une diplomatie de terrain, ferme et résolue.
« Cette conférence ne promeut pas la paix. Elle prolonge la guerre, renforce le Hamas, récompense l’obstruction et sape les efforts réels de paix », a déclaré Tammy Bruce. Employant un ton particulièrement virulent, elle dénonce une initiative qui, selon elle, fait le jeu du Hamas et trahit la mémoire des victimes israéliennes des attaques du 7 octobre 2023.
Le secrétaire d’État Marco Rubio, déjà très critique envers la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien, voit dans cette conférence un « affront aux otages toujours détenus dans les tunnels » de Gaza et une récompense donnée au terrorisme. Les États-Unis ne prendront donc pas part à ce qu’ils qualifient d’« insulte » et promettent de continuer à « mener des efforts concrets » pour parvenir à une paix durable.
Une pique directe à Emmanuel Macron
La déclaration américaine ne se contente pas de fustiger l’ONU. Elle cible nommément le président français Emmanuel Macron, qui a récemment annoncé que la France était prête à reconnaître un État palestinien. Cette prise de position, jugée contre-productive par Washington, aurait, selon Tammy Bruce, « été saluée par le Hamas », ce qui constituerait une preuve supplémentaire de sa nocivité pour les négociations de cessez-le-feu.
Dans une phrase ciselée, la porte-parole ajoute : « Cela reflète un schéma de gestes contre-productifs qui ne font qu'encourager le Hamas, entraver un cessez-le-feu et miner nos efforts diplomatiques pour mettre fin aux souffrances à Gaza. »
Une rupture stratégique avec l’ONU
Le boycott de cette conférence marque un tournant. En se désolidarisant d’une initiative portée par plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont la France, l’Espagne et certains pays arabes, les États-Unis adoptent une posture de rupture. La diplomatie américaine, sous Marco Rubio, privilégie des canaux bilatéraux, loin des tribunes multilatérales qu’elle accuse désormais d’« entretenir l’illusion de leur pertinence ».
Ce positionnement révèle également la vision de l’administration Trump II : sans alignement total sur les priorités israéliennes en matière de sécurité, point de processus de paix crédible. La reconnaissance d’un État palestinien sans garanties de démilitarisation est perçue comme une ligne rouge.
Une conférence sous tension
La conférence onusienne sur la solution à deux États, annoncée comme un jalon vers une paix durable au Proche-Orient, s'est donc ouverte lundi dans un climat glacial. L’absence américaine – de poids – affaiblit sa portée, mais pourrait aussi en révéler les fractures profondes. D’un côté, les partisans d’une reconnaissance diplomatique du peuple palestinien comme levier de paix ; de l’autre, les tenants d’une approche sécuritaire intransigeante face au Hamas, priorisant la libération des otages et la neutralisation des groupes armés.
Entre les deux, l’ONU tente de maintenir vivante une option diplomatique que beaucoup considèrent moribonde.



Macron aime beaucoup gesticuler et attirer sur lui la lumière. Mais comme ces prises de position antérieures (Liban, Russie, Afrique) il va se rendre compte que tout ce blabla est inutile, n’aura pas d’effet concret et qu’au contraire cela risque encore de porter plus préjudice aux palestiniens. Toute solution qui ne sera pas basée sur le départ du Hamas de Gaza (comme l’OLP du Liban en 1982) et la pacification du territoire par l’autorité palestinienne soutenues par les Arabes n’a aucune chance d’aboutir.
10 h 35, le 30 juillet 2025