Des Palestiniens attendant des aides alimentaires à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 juillet 2025. Photo REUTERS/Ramadan Abed/File Photo
Une analyse interne du gouvernement américain n’a trouvé aucune preuve de vol systématique par le Hamas de l’aide humanitaire financée par Washington, rapporte vendredi l’agence Reuters. Cette analyse, qui n’avait pas été révélée, a été menée par un bureau de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) achevée fin juin.
Elle a examiné 156 incidents de vol ou de perte de fournitures financées par les États-Unis, signalés par des organisations partenaires de l’aide américaine entre octobre 2023 et mai 2025. Selon les résultats disponibles, l’analyse conclut qu’« aucun rapport n’allègue que le Hamas » a bénéficié de l’aide américaine.
Ces conclusions remettent en question la principale justification avancée par Israël et les États-Unis pour soutenir une nouvelle opération privée armée de distribution de l’aide. Un porte-parole du département d’État a contesté ces conclusions, affirmant qu’il existe des vidéos montrant le Hamas pillant de l’aide, sans toutefois fournir ces documents, et a encore accusé des groupes distribuant de l'aide humanitaire de servir de couverture à la « corruption ».
Plus tôt dans la journée, Médecins sans frontières (MSF) a affirmé qu'un enfant sur quatre âgé de six mois à cinq ans et des femmes enceintes et allaitantes examinés la semaine dernière dans ses installations à Gaza souffrent de malnutrition. «L'utilisation délibérée de la faim comme arme de guerre par les autorités israéliennes à Gaza a atteint des niveaux sans précédent, les patients et les professionnels de santé souffrant eux-mêmes de la faim», a alerté MSF dans un communiqué.
Israël, dont l'offensive militaire a débuté au lendemain de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 sur le territoire israélien, fait face à une pression internationale croissante concernant la situation humanitaire dramatique à Gaza. Il a très partiellement assoupli fin mai un blocus total imposé début mars à l'enclave, qui a entraîné de très graves pénuries de nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité.
L'ONU a accusé mardi l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza, depuis fin mai, plus de 1.000 personnes qui cherchaient à obtenir de l'aide humanitaire, dont la grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine