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Dernières Infos - Biens-Fonds Publics Maritimes

L'ONG Nahnoo dénonce un nouvel empiétement sur une plage à Batroun

Le PDG de la société propriétaire de la station balnéaire Butlers Beach confirme avoir reçu le permis nécessaire.

L'ONG Nahnoo dénonce un nouvel empiétement sur une plage à Batroun

Des travailleurs installant des plateformes en bois sur la côte de Batroun, devant la station balnéaire de Butlers Beach, le 23 juillet 2025. Photo fournie par l'ONG Nahnoo.

L’ONG Nahnoo, qui milite depuis 2009 pour la préservation des espaces publics au Liban, a dénoncé mardi un nouveau projet de construction sur la côte de la ville de Batroun (Liban-Nord), empiétant, selon elle, sur l’espace public maritime. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, une pelleteuse est aperçue en train de creuser dans le sable, en bord de mer, devant la station balnéaire de Butlers Beach Club. 

« Ils se sont emparés de la côte, tandis que le gouvernement, la municipalité, la police, le mohafez et le caïmacam dorment profondément », a ainsi accusé l’ONG dans sa publication. Contacté, Mohammad Ayoub, membre de Nahnoo, a regretté « l'empiètement illégal des constructions sur l’espace public ».

Une intervention ... « encadrée » ?

Selon les lois en vigueur, « les licences pour toute construction ou délimitation effectuée sur un bien public ne peuvent être fournies que par décret du Conseil des ministres », rappelle Mohammad Ayoub, faisant référence à l’article 6 de l'arrêté 144 (1925) sur les bien-fonds publics maritimes. La côte de Batroun se démarque notamment comme « un lieu de repos pour les tortues de mer là où il y a du sable », en plus d’être un « accès idéal à la mer pour les surfeurs », explique le militant, qui craint notamment une perturbation de l’écosystème côtier. 

Désigné comme étant le responsable de cette intervention, Chafic Saab, PDG de la société propriétaire de la station balnéaire, a réagi aux accusations. « C'est une procédure courante », assure-t-il à notre publication, précisant que l’intervention « n’a pas duré plus de 20 minutes ». Selon lui, les planches installées sont « légères et mobiles », au même titre que des « chaises et parasols posés sur la côte ». L'OLJ a tenté en vain d'entrer en contact avec la municipalité de Batroun, ainsi qu'avec le ministère des Transports et des Travaux publics.

La côte devant la station balnéaire de Butlers Beach Club, à Batroun, avant déblayage. Photo fournie par Chafic Saab, PDG de la société propriétaire de la station balnéaire.
La côte devant la station balnéaire de Butlers Beach Club, à Batroun, avant déblayage. Photo fournie par Chafic Saab, PDG de la société propriétaire de la station balnéaire.

Le PDG a également affirmé à L’OLJ avoir reçu le permis nécessaire « de la part du ministère des Travaux publics la semaine dernière », ajoutant avoir choisi « le modèle de pelleteuse le plus petit disponible, équipé de chaînes en caoutchouc, afin de déblayer la surface avant d’installer la base en bois, puis de remblayer la zone avec les matériaux excavés ». Chafic Saab a finalement assuré n’avoir aucunement eu l’intention de bloquer ou de privatiser l’accès à la mer au public. « Les planches ont été installées en deux rangées : la première pour les clients et la deuxième à l'intention des visiteurs de la côte », conclut-il.

« Respecter l'intégrité des lieux »

« En cherchant à embellir la côte, il a en réalité détruit son écosystème, peu importe la durée de l’intervention », accuse Mohammad Ayoub. Il rappelle que les rochers et cailloux qui ont été déplacés sont une partie intégrante de l’écosystème côtier et ceux qui l’habitent. D’ailleurs, « la pelleteuse a peut-être arrêté de creuser au bout de 20 minutes, mais les travailleurs ont poursuivi leur travail la journée suivante », note-t-il. « De toute manière, il est illégal de modifier la nature même de l’espace public : il faut respecter l’intégrité des lieux et en profiter tel quel », conclut-il. 

Pour mémoire

La privatisation continue de menacer les derniers espaces publics du littoral libanais

Les empiétements sur le littoral libanais ne sont pas rares, malgré l'arrêté 144 qui définit le statut du littoral et l’établit comme une propriété publique. Les ONG comme Nahnoo, mais aussi d’autres collectifs locaux, notamment dans le caza de Batroun, ne manquent pas de les dénoncer.

L’ONG Nahnoo, qui milite depuis 2009 pour la préservation des espaces publics au Liban, a dénoncé mardi un nouveau projet de construction sur la côte de la ville de Batroun (Liban-Nord), empiétant, selon elle, sur l’espace public maritime. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, une pelleteuse est aperçue en train de creuser dans le sable, en bord de mer, devant la station balnéaire de Butlers Beach Club. « Ils se sont emparés de la côte, tandis que le gouvernement, la municipalité, la police, le mohafez et le caïmacam dorment profondément », a ainsi accusé l’ONG dans sa publication. Contacté, Mohammad Ayoub, membre de Nahnoo, a regretté « l'empiètement illégal des constructions sur l’espace public ».Une intervention ... « encadrée » ?Selon les lois en vigueur, « les licences pour toute...