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Campus - Compétition

Le futsal au féminin, une histoire de passion

Au championnat officiel interclubs, l’équipe féminine de l’Université Saint-Joseph figure parmi les favoris. Entre deux matches, les jeunes joueuses se livrent sur leur engagement dans ce qu’elles perçoivent comme bien plus qu’un simple sport.

Le futsal au féminin, une histoire de passion

L’équipe futsal de l’USJ avec le coach Maroun el-Khoury. Photo Hassan Abdine

Ce mois de juillet se révèle bien chaud pour le Club USJ 1875 de futsal. Après sept années d’absence, le championnat officiel interclubs de futsal féminin a fait son retour, organisé par la Fédération libanaise de football. Pour Christina Tikle, Rhéa Doummar, Lama Abdine, Hanadi Azar et Élite Tannous, l’enjeu est de taille. Il ne s’agit pas seulement de remporter la finale en août, mais aussi de faire reconnaître leur talent, d’évaluer leur performance et bien plus.

Élite Tannous. Photo Lara Arapguirlian

« Participer à cette compétition constitue ainsi une opportunité de nous dépasser, de sortir de notre zone de confort et de mesurer nos progrès dans un cadre compétitif », affirme Christina Tikle, 20 ans, 3e année de pharmacie. Sa coéquipière, Rhéa Doummar, 20 ans, 3e année de gestion, ajoute que viser la victoire est bien plus qu’un simple objectif : cela reflète l’ensemble du travail que l’équipe a accompli : « Les heures d’entraînement, les sacrifices personnels, les moments de doute surmontés et la discipline quotidienne. » La victoire valorise ainsi un « parcours fait de détermination, de résilience et de passion », et donne sens « à tous les efforts investis », poursuit-elle. Capitaine de l’équipe, Élite Tannous, 24 ans, a pris en charge la préparation de son équipe, notamment à l’approche de la compétition. « Sur le plan tactique, je révise les schémas de jeu, j’analyse nos matches précédents pour repérer les points à améliorer et j’étudie aussi nos adversaires lorsque nous avons des informations les concernant. En tant que capitaine, je veille à ce que l’équipe reste soudée et concentrée », explique cette étudiante en dernière année du DPT (diplôme de docteur en physiothérapie, équivalent à un master professionnel), se spécialisant en ostéopathie et thérapie manuelle.

Christina Tikle. Photo Moussa Dekks

Préparer ses coéquipières sur le plan mental est tout aussi primordial. La capitaine doit les motiver, « renforcer la confiance en elles-mêmes et créer un esprit combatif et solidaire ». « Je les pousse à rester positives, à croire en leurs capacités, même face à la pression », poursuit Élite Tannous. Pour ce qui est des entraînements, elle explique qu’ils combinent des exercices physiques intenses et des phases tactiques précises. Sur le plan personnel, il est crucial « d’être au meilleur de sa forme physique en augmentant la fréquence des entraînements. Renforcement musculaire, cardio et travail sont au programme pour améliorer mon endurance et ma réactivité sur le terrain », ajoute la capitaine. En somme, « une équipe bien préparée, physiquement solide, tactiquement disciplinée et mentalement prête, a toutes les chances de briller aux compétitions », résume Élite Tannous.

Être bien préparées à tous les niveaux est ainsi primordial, car selon les joueuses le futsal est un sport exigeant techniquement. « De la rapidité du jeu à la nécessité de prendre des décisions instantanées et de maîtriser parfaitement le ballon, le futsal représente un défi unique », affirme ainsi Rhéa Doummar.

Rhéa Doummar. Photo Moussa Dekks

Parvenir en outre à mener des entraînements rigoureux et réguliers, tout en maintenant l’équilibre avec les exigences académiques et, pour certaines, professionnelles, constitue un autre défi. Lama Abdine, 18 ans, en première année de génie mécanique, explique que pour gérer son temps au mieux, l’essentiel est de classer ses priorités. « Chaque activité a son importance, et je structure mes journées pour optimiser ma concentration tout en respectant mes engagements. Je veille aussi à préserver mon bien-être, en intégrant des temps de repos et de récupération, essentiels pour maintenir motivation et efficacité », note cette étudiante.

Le talent ne dépend pas du genre

Parmi les autres difficultés, Hanadi Azar, 22 ans, en 5e année de pharmacie, évoque les blessures, puis le retour au jeu après la pause forcée. Le plus dur, c’est de « retrouver son niveau après une période d’arrêt », ce qui exige « une vraie force mentale, de la patience, et beaucoup de persévérance », explique-t-elle. Par ailleurs, cette joueuse ajoute que la fatigue, le manque de motivation ou les soucis quotidiens se reflètent sur le terrain. « Le corps ne ment pas et l’esprit non plus. »

Pour Élite Tannous, les défis ne sont qu’une opportunité de corriger les erreurs, d’apprendre et de devenir une meilleure joueuse. « Je vois les obstacles non pas comme des freins, mais comme des moteurs de motivation. Ce sont eux qui me poussent à continuer à travailler dur, à rester disciplinée et à viser plus haut. »

Hanadi Azar. Photo Moussa Dekks

Toutefois, ce sont l’esprit d’équipe et une solidarité à toute épreuve qui renforcent les joueuses du Club USJ 1875. « J’ai la chance d’évoluer dans un groupe soudé, positif et toujours prêt à se soutenir mutuellement. Cette énergie collective, ces ondes positives permettent de surmonter les obstacles plus facilement. On se sent portée par les autres », assure Hanadi Azar. Élite Tannous le confirme : « Ce qui me donne beaucoup d’énergie, c’est le collectif : le soutien de mes coéquipières, la force du groupe et notre objectif commun. On s’encourage, on se relève ensemble, et c’est cette solidarité qui me porte. »

C’est surtout dans sa passion pour le futsal que l’équipe puise sa motivation, malgré les difficultés. « Ce sport me permet de me dépasser, de me sentir vivante et pleinement engagée. Même lorsque les entraînements sont exigeants, que la fatigue s’accumule ou que les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes, je garde en tête la raison qui me pousse à jouer : pour le plaisir, pour l’intensité de chaque match et pour le sentiment de progression constante », confie la capitaine de l’équipe.

Lama Abdine. Photo Lara Arapguirlian

Cependant, certaines joueuses avouent avoir déjà été confrontées à des stéréotypes en tant que femmes pratiquant le futsal. « On entend souvent que les femmes sont moins fortes, moins puissantes ou moins rapides que les hommes, et que, par conséquent, nos matches seraient ennuyeux à regarder », confie Rhéa Doummar, considérant ces remarques injustes, car elles minimisent « les qualités techniques, tactiques et mentales » de l’équipe. Parmi les autres stéréotypes, cette étudiante évoque le physique masculin qu’on associe souvent au futsal. « Ces commentaires traduisent une vision très limitée du sport féminin et imposent des normes de beauté rigides qui n’ont rien à voir avec la performance ou la passion. Pourtant, le futsal m’apporte de la confiance, de la force et un sentiment d’accomplissement que je n’échangerais pour rien au monde. Ces stéréotypes ne me freinent pas. Au contraire, ils me motivent à continuer, à prouver que notre place dans ce sport est tout aussi légitime. Être une femme dans le futsal, c’est aussi se battre pour briser ces idées reçues et ouvrir la voie aux générations futures », poursuit avec détermination Rhéa Doummar. Sa coéquipière, Lama Abdine, est tout aussi d’accord. « Le talent ne dépend pas du sexe de l’individu. Les femmes ont tout autant de capacités, voire parfois plus de talent que les hommes, pour exceller dans le futsal. Ce sport demande de la technique, de la rapidité et de l’intelligence de jeu, qualités que l’on retrouve chez les joueuses aussi bien que chez les joueurs », note-t-elle, souhaitant encourager les jeunes femmes à dépasser les stéréotypes « afin que le futsal soit toujours plus inclusif et représentatif de tous les talents ».

Pratiquer le futsal, au service de son bien-être

Ce serait en effet dommage de renoncer au futsal quand on en est passionnée, la pratique de ce sport contribuant au bien-être des joueuses, comme l’affirment des membres de l’équipe. « Le fait de m’entraîner régulièrement et d’avoir un engagement constant envers ce sport m’a permis de développer une vraie discipline », affirme Hanadi Azar, ajoutant que le futsal lui a aussi appris à gérer son stress. « Sur le terrain, on n’a pas le temps de douter ou de trop réfléchir. Il faut prendre des décisions rapides, rester concentrée et transformer la pression en action. Cette capacité à garder mon calme dans l’urgence m’a beaucoup aidée dans d’autres domaines de ma vie », poursuit-elle. Il en va de même pour Christina Tikle qui a appris à contrôler ses émotions, prendre du recul, analyser ses fautes, ainsi qu’à garder son « sang-froid dans des moments intenses, rebondir après un échec et repousser ses limites, autant physiquement que mentalement ». Et Hanadi Azar d’ajouter que « pratiquer un sport qu’on aime profondément devient une véritable échappatoire. Sur le terrain, plus rien d’autre n’existe : les problèmes disparaissent, le temps s’arrête et seule compte l’intensité du moment. C’est là que je me sens libre, forte et capable de tout ». Quant à Christina Tikle, ce que la pratique du futsal lui a appris, c’est la bienveillance et l’humilité, mais aussi la valeur du collectif, des qualités qu’elle avoue porter dans sa vie quotidienne, ses projets, ses études ou ses relations. « Aucun match ne se gagne seul. Chaque joueuse compte, chaque geste a son importance. J’ai compris que la communication, la confiance et la solidarité sont les clés d’une équipe soudée. J’ai appris à écouter, à faire confiance, à accepter les critiques et à encourager les autres », estime-t-elle. Arrivée au terme de ses études universitaires, Hanadi Azar réalise que le parcours effectué avec le Club USJ 1875 de futsal touche à sa fin. « C’est un moment chargé d’émotions, mais aussi d’incertitudes. Je sais que la période postuniversité ne sera pas facile, surtout dans un contexte où le futsal féminin au Liban manque encore de structures solides », se désole-t-elle, avouant toutefois vouloir rester proche de son équipe actuelle, « qui est l’une des plus assidues dans ses entraînements au Liban. C’est un vrai refuge et un moteur pour moi ». Cette joueuse espère que « le futsal féminin au Liban bénéficiera enfin de plus de reconnaissance, de compétitions et d’accompagnement. Cela permettrait à des jeunes comme moi de garder leur passion vivante, de grandir dans ce sport et de ne jamais avoir à abandonner leurs rêves ».

Ce mois de juillet se révèle bien chaud pour le Club USJ 1875 de futsal. Après sept années d’absence, le championnat officiel interclubs de futsal féminin a fait son retour, organisé par la Fédération libanaise de football. Pour Christina Tikle, Rhéa Doummar, Lama Abdine, Hanadi Azar et Élite Tannous, l’enjeu est de taille. Il ne s’agit pas seulement de remporter la finale en août, mais aussi de faire reconnaître leur talent, d’évaluer leur performance et bien plus. Élite Tannous. Photo Lara Arapguirlian« Participer à cette compétition constitue ainsi une opportunité de nous dépasser, de sortir de notre zone de confort et de mesurer nos progrès dans un cadre compétitif », affirme Christina Tikle, 20 ans, 3e année de pharmacie. Sa coéquipière, Rhéa Doummar, 20 ans, 3e année de gestion, ajoute...
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