La journaliste Hajjar Knio. Photo tirée de sa page Facebook
La journaliste et militante libanaise Hajjar Knio a été interrogée mercredi matin par la branche des renseignements de la Sûreté générale (SG), sur ordre du commissaire du gouvernement adjoint près le tribunal militaire, le juge Fadi Akiki, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de « collaboration avec Israël ».
La journaliste, qui a collaboré avec la chaîne saoudienne al-Hadath, basée aux Émirats arabes unis, et se présente actuellement comme journaliste indépendante, selon ses publications sur les réseaux sociaux rejette cette accusation, affirme Jad Chahrour, responsable de la communication à la Fondation Samir Kassir.
Jad Chahrour rappelle que « si le droit libanais interdit formellement tout contact entre ressortissants libanais et entités israéliennes, les journalistes travaillant pour des médias internationaux ou panarabes peuvent parfois se retrouver dans des situations qui échappent à leur contrôle. Si un journaliste libanais assiste à une conférence à l’étranger où figure un journaliste israélien, et que celui-ci le salue, comment peut-on empêcher une telle interaction ? » s'est-il interrogé. Selon lui, Hajjar Knio affirme n’avoir jamais été en contact avec des journalistes israéliens ni avec toute autre personne liée à Israël. « Toutes les informations utilisées dans ses reportages proviennent de sources accessibles dans la presse. Elle se contentait de citer certains journalistes israéliens, sans jamais établir de lien direct avec eux ». En raison de l’état de guerre officiel entre le Liban et Israël, toute interaction avec des entités israéliennes est strictement interdite par la loi libanaise et considérée comme un crime passible de lourdes peines, allant parfois jusqu’à 25 ans de prison.
« Apporter la moindre preuve »
Dans des propos rapportés mardi par le média al-Modon, Hajjar Knio a mis quiconque « au défi d’apporter la moindre preuve » qu’elle aurait communiqué avec un Israélien. Selon une source judiciaire citée dans le même article, un mandat d’arrêt et d’enquête à caractère sécuritaire avait été émis à son encontre. Elle aurait été arrêtée lundi soir à son arrivée à l’Aéroport international de Beyrouth en provenance de Dubaï, à bord d’un vol de la compagnie Middle East Airlines (MEA).
Contactée par L’Orient-Le Jour, Hajjar Knio n’a pas immédiatement répondu à nos sollicitations.
Dans une déclaration à al-Modon, elle a raconté ne pas avoir été informée des raisons de sa détention. « Je suis arrivée à l’aéroport de Beyrouth vers minuit. J’ai attendu plus d’une heure dans la file pour le tampon de mon passeport. Au guichet de la Sûreté générale, un agent l’a scanné et m’a demandé si j’avais un problème avec quelqu’un. J’ai répondu que non. Ils m’ont ensuite conduite dans une petite pièce pour vérifier mon bulletin judiciaire », a-t-elle affirmé. «Quelques minutes plus tard, ils m’ont rendu mes valises et m’ont dit que si une personne m’attendait, elle devait partir, car j’étais arrêtée sur ordre du juge Fadi Akiki».
Mme Knio dit avoir demandé quel crime lui était reproché, mais n’avoir reçu aucune explication. « À 9 heures du matin, une patrouille s’apprêtait à me transférer au tribunal militaire, mais ils ont changé d’avis et m’ont relâchée. Toutefois, ils ont confisqué mes deux téléphones, libanais et émirati, ainsi que mon ordinateur portable. Ils m’ont sommée de me présenter le lendemain, mercredi à 10h, à la branche des enquêtes de la SG, près du musée national », a-t-elle déclaré.
Journalists for Freedom condamne
Dans un communiqué publié après l’arrestation, l’organisation Journalists for Freedom a condamné « avec la plus grande fermeté » la détention de Mme Knio. « Ces pratiques, qui ciblent de manière croissante des journalistes et militants, ne sont plus ni justifiables ni tolérables », peut-on y lire. L’organisation y voit des méthodes « vindicatives et répressives » destinées à « faire taire les voix dissidentes dans un climat général de répression et de mépris de l’État de droit ». Elle alerte également sur le fait que « de telles actions sont initiées par une autorité judiciaire censée garantir les droits, et non les violer ».
Journalists for Freedom a appelé le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice à se saisir de l’affaire, avertissant que « l’image de l’État est entachée par ces violations flagrantes, qui sapent la confiance du public dans la justice et les institutions ».
Ce n’est pas la première fois qu’un journaliste libanais est convoqué par la justice pour des faits similaires. En janvier dernier, la journaliste Layal Ikhtiyar avait été brièvement détenue à son arrivée à l’aéroport de Beyrouth, après avoir été convoquée par le tribunal militaire. Elle avait interviewé le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, dans une émission d’al-Arabiya diffusée depuis Dubaï après le début de la guerre à Gaza. Interrogée par le juge Fadi Sawan, elle avait été relâchée le jour même.




A quoi joue la pseudo justice de notre pays et pour qui roule t-elle? A croire qu’elle est toujours au service des fossoyeurs et veut nous faire croire qu’elle assume son devoir de nous protéger. Les criminels qui menacent, tuent et saccagent notre pays ne sont jamais inquiétés et on vient se venger sur ordre, contre des journalistes qui font leur boulot? Où ça s’est vu ça dans quel pays qui se respecte et prétend être démocratique? Haro à tous ces vendus qui sont toujours au service des criminels et qui se font passer pour des justiciers sous serment.
10 h 08, le 28 octobre 2025