La mobylette visée par une frappe israélienne à Tiri, au Liban-Sud, le 21 juillet 2025. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Un drone israélien a visé lundi après-midi une moto à Tiri dans le caza de Bint Jbeil, faisant un mort, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Selon nos informations, la victime s’appelait Mohammad Fadi Cheaïto. Il s’agit d’un membre du Hezbollah dont le père avait été tué par Israël lors de la guerre de l’automne dernier. Le drone a visé sa mobylette lorsqu’il est arrivé devant sa maison.
En outre, des véhicules de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) qui patrouillaient lundi à Haris (caza de Bint Jbeil), dans le sud du Liban, ont été brièvement pris à partie par des individus qui les ont empêchés de poursuivre leur chemin. « Il s’agit d’un incident mineur qui a été rapidement résolu », a affirmé à L’Orient-Le Jour la porte-parole adjointe de la Finul, Kandace Ardiel. Selon elle, l’un des véhicules rencontrait un problème mécanique et a dû être démonté, ce qui a nécessité un certain temps sur place. Selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, les Casques bleus étaient accompagnés par une unité de l’armée libanaise au moment des faits. Des scènes de frictions entre la Finul et des résidents de villages du Liban-Sud, où le Hezbollah continue d’être influent, se sont multipliées depuis l’instauration de la trêve, entrée en vigueur le 27 novembre dernier après une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre la formation chiite et Israël. Des convois de Casques bleus sont souvent bloqués ou pris à partie par des habitants qui leur reprochent de ne pas être accompagnés dans leurs patrouilles par l’armée libanaise.
La liberté de déplacement de la Finul au Liban-Sud sans l’armée libanaise a été remise en question au cours des dernières années, sous la pression du Hezbollah. Théoriquement, la force onusienne peut se déplacer de manière indépendante « dans les secteurs où ses forces sont déployées » (article 12 de la résolution 1701 de l’ONU), et agit sous le chapitre VI de l’ONU qui ne l’autorise pas à utiliser la force pour mener à bien sa mission. L’armée libanaise affirme de son côté ne pas avoir assez d’effectifs pour escorter chaque patrouille de Casques bleus.
La Finul, aux côtés des États-Unis, de la France, du Liban et d’Israël, fait partie du « comité de surveillance international » chargé de superviser le cessez-le-feu. L’accord prévoyait un retrait total des troupes israéliennes du Liban-Sud. Or l’armée israélienne occupe toujours cinq positions sur le territoire libanais, mène régulièrement des incursions terrestres et effectue presque quotidiennement des frappes aériennes. Du côté libanais, l’accord prévoyait un désarmement progressif du Hezbollah, à commencer par le sud du Litani, puis sur l’ensemble du territoire, conformément à la résolution 1701 de l’ONU, une exigence que le parti chiite rejette fermement. Les attaques israéliennes sur le Liban au cours des huit derniers mois ont fait plus de 270 morts.


