Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, lors d'un discours retransmis à la télévision, vendredi 18 juillet 2025. Capture d'écran/Al-Manar
Le secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a affirmé vendredi que son parti ne renoncera pas à « sa force » et était « prêt à affronter » Israël, alors que la question du désarmement de la formation pro-iranienne demeure au cœur des débats politiques, tant à Beyrouth qu’à l’international.
« Nous ne renoncerons ni à notre foi ni à notre force. Nous sommes prêts à affronter l’ennemi. Il n’y aura ni reddition ni capitulation face à Israël, et Israël ne recevra pas nos armes », a-t-il déclaré au cours d’une cérémonie d’hommage à un cadre militaire du parti. « Nous savons que la confrontation sera très coûteuse, mais la soumission ne nous laisserait rien, a-t-il ajouté. Nous sommes prêts à nous défendre en cas d’agression israélienne. »
Ces propos interviennent une semaine après la visite à Beyrouth de l’émissaire américain Tom Barrack, porteur d’une « feuille de route » prônant le désarmement du Hezbollah, que Washington espère conclure d’ici la fin de l’année. « Barrack incite l’armée libanaise à désarmer la résistance par la force et à provoquer une guerre civile », a dans ce cadre accusé le cheikh Kassem. Depuis la visite de l’émissaire américain, des rumeurs circulent sur de possibles tensions entre le président du Parlement Nabih Berry et le Hezbollah, en raison de divergences sur la manière de répondre à l’initiative américaine. Le cheikh Kassem a réagi en affirmant : « Ne misez pas sur un conflit interchiite. Le Hezbollah et le mouvement Amal forment une alliance stratégique ».
Il a aussi estimé que le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry « font preuve de sagesse et de coopération pour sortir le pays de la crise ».
« Trois menaces réelles »
Le chef du Hezbollah a par ailleurs affirmé que « toutes les confessions au Liban sont menacées ». « Le Liban fait face à trois menaces réelles : Israël au Sud, les groupes affiliés à Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) à l’Est, et l’hégémonie américaine qui cherche à contrôler le pays, à le placer sous tutelle et à l’empêcher de vivre librement », a-t-il poursuivi. Il a appelé à l’« unité », en assurant que « lorsque ces menaces auront été écartées, nous serons prêts à discuter d’une stratégie nationale de défense ».
Le Hezbollah insiste sur le fait que la question de ses armes relève d’un dialogue interne avec le président de la République, dans le cadre d’une stratégie de défense nationale, et refuse tout calendrier ou engagement imposé de l’extérieur. Parmi ses conditions : le retrait israélien des territoires libanais occupés, la libération des prisonniers et la fin des violations.
Revenant sur la dernière guerre qui a opposé le Hezbollah à Israël en automne dernier, Naïm Kassem a affirmé que « la résistance (…) a empêché Israël d’atteindre Beyrouth ». « La mission principale de cette résistance reste la libération, la protection du Liban contre l’occupation, la lutte contre la colonisation israélienne et la défense du droit du Liban à son avenir souverain », a-t-il dit.
Il a aussi assuré que le Hezbollah avait « respecté intégralement l’accord de cessez-le-feu au sud du Litani », soulignant que « l’armée libanaise a été déployée là où elle le pouvait ». Il a accusé l’État hébreu de poursuivre « depuis huit mois une agression continue », en violation de la trêve conclue le 27 novembre 2024 après treize mois de guerre. Aux termes de cet accord, le Hezbollah devait retirer ses combattants au nord du fleuve Litani, seuls l’armée libanaise et la Finul devant rester dans le secteur. Israël, de son côté, devait évacuer totalement le Liban-Sud, mais maintient à ce jour des positions militaires dans cinq localités.
L’accord de Taëf
« Aujourd’hui, les États-Unis proposent un nouvel accord, comme si les huit derniers mois de violations n’avaient jamais eu lieu », a estimé Naïm Kassem. « Le nouvel accord proposé blanchit Israël de toute la période d’agression précédente ». Selon lui, « le véritable objectif de cette agression est le désarmement du Hezbollah (…) une exigence purement israélienne ».
Le cheikh Kassem a également souligné qu’il existe une volonté de voir « la Syrie totalement désarmée, soumise aux ordres d’Israël ». « Accepterons-nous cela pour le Liban ?, a-t-il interrogé. L’arme de la résistance est ce qui a permis au Liban de tenir debout et d’empêcher l’expansion d’Israël ».
Le chef du Hezbollah a enfin affirmé que « le Liban est notre patrie définitive. Nous sommes tous attachés à l’accord de Taëf et à ses dispositions ». Et d'ajouter : « Aujourd’hui, c’est l’existence même de la résistance, de son environnement, et du Liban dans toutes ses composantes, qui est menacée ».
Le leader chiite tenait ses propos au cours d'une cérémonie en hommage à Ali Karaki, un cadre du Hezbollah tué le 27 septembre aux côtés de l'ancien secrétaire général Hassan Nasrallah. « Il fut l’un des principaux artisans de la structure militaire du Hezbollah », a affirmé Naïm Kassem rappelant que Ali Karaki a planifié et supervisé plusieurs attentats-suicide ».



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10 h 24, le 21 juillet 2025