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Dernières Infos - Guerre

Le patriarcat latin annonce 3 morts dans une frappe contre une église à Gaza

Le pape Léon XIV s'est dit « profondément attristé » et a renouvelé son appel « à un cessez-le-feu immédiat » à Gaza.

Le curé de l'église de la Sainte Famille, le père Gabriele Romanelli, reçoit des soins médicaux après avoir été blessé lors d'une frappe israélienne sur l'église, selon les médecins de l'hôpital arabe Al-Ahli de Gaza, dans cette image tirée d'une vidéo datée du 17 juillet 2025. Photo Dawoud Abu Alkas/Reuters

Le patriarcat latin de Jérusalem a annoncé jeudi la mort de trois personnes dans une frappe israélienne sur la seule église catholique de la bande de Gaza, refuge pour cette petite communauté depuis le début de la guerre il y a 21 mois.

Israël, en guerre contre le Hamas à Gaza, a affirmé « fair religieux dans le territoire palestinien, ajoutant « examiner » les circonstances dans lesquelles l'église a été endommagée. Selon la Défense civile locale, au total 25 personnes ont péri dans les frappes israéliennes jeudi dans la bande de Gaza, où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

« Ce matin, aux alentours de 10H20, le complexe de la Sainte Famille à Gaza-ville (nord), appartenant au Patriarcat latin, a été frappé par l'armée israélienne », a affirmé le Patriarcat latin dans un communiqué. « A l'heure actuelle, trois personnes ont perdu la vie des suites de leurs blessures, et dix ont été blessées, dont deux dans un état grave », a-t-il ajouté révisant à la hausse un précédent bilan de deux morts. L'église, qui abrite des centaines de déplacés, a subi des dégâts. Selon l'organisation caritative catholique Caritas Jérusalem, les victimes sont le concierge de la paroisse, âgé de 60 ans, et une femme de 84 ans qui recevait un soutien psychosocial sous une tente de Caritas dans l’enceinte de l’église.

Depuis le début de la guerre, le père Gabriel Romanelli, blessé dans la frappe, dialoguait régulièrement par liaison vidéo avec l'ancien pape François, mort en avril. Dans l'enceinte de l'hôpital Al-Ahli de Gaza-ville, des blessés reçoivent des soins dans des tentes. Parmi eux, le père Romanelli, portant un pansement autour de la jambe. Certains blessés sont arrivés sur des brancards. L'un d'eux porte un masque à oxygène. D'autres Palestiniens pleurent à côté de dépouilles couvertes de sacs mortuaires blancs posées au sol.

« Inacceptables »

« Dans la matinée, un char nous a pris pour cible et a touché l'église. Plusieurs civils ont été tués et blessés », a raconté à l'AFP Shadi Abou Daoud, un déplacé dont la mère de 70 ans est morte dans la frappe. Pour le patriarcat, « viser un site sacré qui abrite environ 600 déplacés, en majorité des enfants, est une violation flagrante de la dignité humaine (...) et du caractère sacré des sites religieux, qui sont supposés fournir un abri sûr en temps de guerre ».

Le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, a déclaré à Vatican News: « ce que nous savons avec certitude, c'est qu'un char a frappé directement l'église. L'armée israélienne dit par erreur mais nous n'en sommes pas sûrs ». Le pape Léon XIV s'est dit « profondément attristé » et a renouvelé son appel « à un cessez-le-feu immédiat » à Gaza, où le négociations indirectes entre le Hamas et Israël en vue d'une trêve sont dans l'impasse.

Selon le média Axios citant un responsable américain, Donald Trump a été « fâché » par la nouvelle de l'attaque contre l'église et a immédiatement appelé Benjamin Netanyahu. Lors de cet appel, il a réclamé des explications et qu'un communiqué soit publié pour expliquer que le tir était une « erreur », ce qui a été fait rapidement ensuite par les autorités israéliennes. En effet, Israël a exprimé son « profond chagrin » pour les dégâts et les victimes civiles, ajoutant que l'armée enquêtait. « Israël ne vise jamais des églises ou des sites religieux et regrette tout dommage à un site religieux ou à des civils non impliqués », a déclaré le ministère des Affaires étrangères. L'armée israélienne a publié sur son compte X avoir « pris connaissance des informations faisant état de dommages causés à l'église de la Sainte-Famille à Gaza et de victimes sur place », affirmant que « les circonstances de l'incident font actuellement l'objet d'une enquête ». Et d'ajouter : « L'armée israélienne fait tout son possible pour limiter les dommages causés aux civils et aux structures civiles, y compris les sites religieux, et regrette tout dommage qui leur serait causé. »

L’État hébreu exprime rarement ses « regrets », comme il l'a fait jeudi, concernant ses actions à Gaza.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a accusé Israël. « Les raids israéliens sur Gaza ont touché l'église de la Sainte-Famille. Les attaques contre la population civile menées par Israël depuis des mois sont inacceptables. Aucune action militaire ne saurait justifier une telle attitude. »

« Excuses »

La France a condamné le bombardement « inadmissible » de l'église de la Sainte-Famille. Le prêtre, curé de la paroisse de la Sainte-Famille depuis de longues années, est resté à Gaza aux côtés de quelque 400 fidèles après la guerre. La petite communauté catholique a trouvé refuge dans l'enceinte de l'église qui a accueilli aussi des orthodoxes.

La bande de Gaza compte environ un millier de chrétiens, sur une population de plus de deux millions de personnes assiégées par Israël depuis octobre 2023 et au bord de la famine selon l'ONU.  La plupart des chrétiens sont des orthodoxes mais, selon le patriarcat, environ 135 catholiques vivent dans le territoire palestinien.

« On peut se demander si Israël en veut aux communautés chrétienne (...) C'est un lieu de culte Il n'y avait aucun objectif stratégique, il n'y avait pas de jihadistes dans cette église. Il y avait des familles, des civils », a déclaré à l'AFP Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l'Oeuvre d'Orient.

L'attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles. Israël a juré de détruire le Hamas et a lancé en représailles une offensive destructrice dans laquelle au moins 58.667 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Le patriarcat latin de Jérusalem a annoncé jeudi la mort de trois personnes dans une frappe israélienne sur la seule église catholique de la bande de Gaza, refuge pour cette petite communauté depuis le début de la guerre il y a 21 mois.Israël, en guerre contre le Hamas à Gaza, a affirmé « fair religieux dans le territoire palestinien, ajoutant « examiner » les circonstances dans lesquelles l'église a été endommagée. Selon la Défense civile locale, au total 25 personnes ont péri dans les frappes israéliennes jeudi dans la bande de Gaza, où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.« Ce matin, aux alentours de 10H20, le complexe de la Sainte Famille à Gaza-ville (nord), appartenant au Patriarcat latin, a été frappé par l'armée israélienne »,...