L'ancien ministre Wi'am Wahab, chef du parti druze Tawhid. Photo tirée du site des Kataëb
L'ancien ministre Wi'am Wahhab, chef du parti druze Tawhid, a annoncé mardi la création d’une nouvelle formation armée baptisée « armée du Tawhid », appelant à « la résistance armée » après les derniers développements survenus à Soueida, en Syrie.
Cette annonce intervient en effet après une escalade sécuritaire dans la ville druze située dans le sud de la Syrie, après des affrontements qui ont débuté dans le quartier bédouin d'al-Maqous et se sont étendus à d'autres villages des environs de la ville, avant l’intervention des forces des ministères syriens de l’Intérieur et de la Défense, qui ont affronté les groupes armés druzes.
« Après consultation avec notre peuple et notre jeunesse, j’annonce le lancement de l’armée du Tawhid. Nous appelons tout le monde à nous rejoindre et à commencer à organiser une résistance indépendante », a écrit Wi'am Wahhab sur X. « Tout le monde, à Soueïda et dans les villages environnants, doit expulser les hommes armés hors de la ville. Les opérations ont commencé, tenez vos positions, restez fermes et (ces hommes) seront chassés », a-t-il poursuivi. M. Wahhab a également appelé le Hezbollah à se joindre à cette armée. « J'appelle la résistance libanaise à se tenir aux côtés des druzes qui sont en train d’être exterminés. Nous vous demandons officiellement de prendre position, de fournir des armes et de partager votre expertise », a-t-il ajouté.
« Israël ne protège personne »
De son côté, le Parti socialiste progressiste (PSP) a affirmé dans un communiqué que « c’est un moment qui appelle à la raison, à la sagesse et à la conscience », et que « ce qui se passe à Soueida doit prendre fin par l’engagement de tous à respecter pleinement le cessez-le-feu ». Le PSP a insisté sur « la nécessité d’assurer la protection, les droits et la sécurité des citoyens à Soueïda comme dans toute la Syrie », rappelant qu’il s’agit là du « devoir et de la responsabilité de l’État ». Il indique également poursuivre « ses efforts pour empêcher la reprise des combats » et appelle à « ne pas céder aux surenchères ».
Dans le même esprit, le chef du PSP, le député Teymour Joumblatt, a appelé au « dialogue en vue d’une solution politique durable au sein de l’État ». Le leader druze et ancien chef du parti, Walid Joumblatt, a pour sa part indiqué à la chaîne al-Mayadeen avoir été informé d’un accord prévoyant « le retrait de l’armée syrienne et la remise des points de contrôle aux entrées de la ville de Soueïda aux forces de sécurité intérieure ». « Israël ne protège personne, a également dit Walid Joumblatt. Il cherche à attiser davantage les combats à Soueïda, ainsi qu’entre la région et le pouvoir en Syrie. Il veut le chaos en Syrie, et je mets en garde contre le danger de tomber dans le piège israélien. »
Dans une autre déclaration à la chaîne al-Hadath, Walid Joumblatt a affirmé : « Nous tentons de traiter la situation à Soueïda en coordination avec le gouvernement syrien », ajoutant que « les druzes de Soueïda doivent s’impliquer avec l’État et ne pas s’en isoler ». « Ce que je demande aux druzes de Soueïda, je le demande aussi au Hezbollah au Liban », a-t-il ajouté, estimant que « le Hezbollah a subi une défaite politique et militaire ».
L’ancien député druze Talal Arslane a, lui, déclaré à la chaîne al-Jadeed que « ce qui se passe à Soueida est à la fois inquiétant et honteux, car nous assistons aux formes les plus atroces de crimes sauvages ». Le cheikh Akl druze Sami Abi el-Mona, plus haute autorité religieuse de la communauté, a déclaré que « la phase extrêmement douloureuse que traverse la province de Soueida exige la plus grande sagesse » et a appelé à « des efforts de désescalade afin d’aboutir à un cessez-le-feu et à l’arrêt des affrontements, pour éviter davantage de bains de sang ». Il a également plaidé pour un « dialogue, loin des armes, dans le but d’instaurer la sécurité, la sûreté et la stabilité ».
Par ailleurs, un groupe de personnes portant des drapeaux druzes a coupé la route de Sofar en signe de protestation contre la situation à Soueida. L’armée est intervenue pour rétablir l'ordre.
Selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les affrontements ont fait 166 morts parmi les Druzes, les Bédouins et les forces de l’armée syrienne.
Après la chute de Bachar el-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes sunnites, les violences contre la communauté alaouite, qui ont fait plus de 1.700 morts, puis contre les druzes, ainsi qu'un attentat contre une église à Damas en juin, ont ébranlé la confiance dans la capacité du nouveau pouvoir à protéger les minorités.


Wahab devrait être emprisonné. Appeler a lancer une nouvelle armée lorsqu'on a une armée est une traîtrise. On ne fait que parler des armes du Hezb une armée de plus dans notre pays et Wahab annonce une nouvelle armée. Ou est notre gouvernement dans tout cela?
08 h 04, le 17 juillet 2025