Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel. Photo diffusée sur son compte X en septembre 2024.
Le député et chef du parti Kataëb Samy Gemayel a annoncé dimanche qu’il allait engager des poursuites judiciaires contre Fayçal Chaker, un cheikh chiite de la Békaa proche du Hezbollah, accusé d'avoir proféré publiquement des menaces de mort contre des citoyens libanais en raison de leurs appels au désarmement du Hezbollah.
Dans un message publié sur la plateforme X, M. Gemayel a écrit : « Quiconque menace les Libanais de mort publiquement, simplement parce qu’ils réclament un État doit être puni. Demain, les avocats des Kataëb déposeront une plainte en mon nom contre Fayçal Chaker auprès du parquet général, pour incitation à la violence et au meurtre, ainsi que pour mise en danger de l’unité et de la souveraineté de l’État. » Et le chef chrétien d'ajouter : « Celui qui pense pouvoir terroriser les citoyens par les armes et les menaces devra répondre de ses actes devant la justice. Nous ne laisserons pas le champ libre à la culture de l’intimidation. L’ère de l’impunité est révolue, et l’État ne se construira pas sur la peur. »
« Nous arracherons vos âmes »
Fayçal Chaker est un cheikh chiite originaire du village de Hourtella, dans la région de Baalbeck‑Hermel, où il occupe la fonction de responsable adjoint régional pour le Hezbollah. Ses propos, diffusés dans une vidéo devenue virale, ont suscité une vive controverse. « À ceux qui, à l’intérieur du pays, ne cessent de répéter le mot 'désarmement', nous avons deux mots pour vous : nous arracherons vos âmes. Car tout peut faire l’objet de plaisanterie, de discussion ou de dialogue, sauf les armes », avait-il menacé.
La question du monopole des armes aux mains de l'État, réaffirmé dans le discours d'investiture du président Joseph Aoun et dans la déclaration ministérielle, ne cesse de polariser la scène politique libanaise depuis la fin de la guerre de 13 mois entre le Hezbollah et Israël, conclue par un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.
Le Hezbollah refuse de rendre l'intégralité de son arsenal tant que l'armée israélienne poursuit ses frappes et ses tirs de façon quasi-quotidienne au Liban-Sud, où elle occupe encore cinq points jugés « stratégiques ». En parallèle, Washington maintient une pression politique constante sur l'État libanais, lui demandant d'accélérer le processus de désarmement, mené au sud du Litani par l'armée libanaise et de la Finul.
Si l'envoyé américain Tom Barrack avait évoqué, lors de sa dernière visite à Beyrouth, la nécessité de procéder au désarmement du parti chiite avant le mois de novembre, selon les informations de l'agence Reuters, il a par la suite fait savoir en début de semaine que le Liban n’était contraint par les États-Unis par « aucun calendrier » concernant le désarmement du Hezbollah. Le chef de l'État libanais Joseph Aoun, pour qui le monopole de l’État sur les armes est un leitmotiv, s'évertue à jouer la carte du dialogue avec le parti chiite pro-iranien, craignant vraisemblablement des débordements sécuritaires.



EST-ce que le Hezbollah est officiellement et légalement enregistré au Liban?
12 h 26, le 14 juillet 2025