L'individu membre présumé du Hezbollah arrêté à Homs, en Syrie. Photo ministère syrien de la Défense
Le ministère syrien de l'Intérieur a affirmé avoir arrêté un membre présumé du Hezbollah en possession d'engins explosifs dans la région de Homs, dans le sud-ouest de la Syrie. Dans un communiqué publié dimanche après-midi, le ministère a indiqué que le dénommé « Mahmoud Fadel a été interpellé en possession plusieurs engins explosifs prêts à l’emploi », ajoutant qu'il avait l'intention de mener des « opérations terroristes » dans la région, sans en préciser les cibles.
Appréhendé « au cours d'une opération conjointe des services des renseignements généraux syriens et des forces de sécurité intérieure du gouvernorat de Homs », l'homme est décrit comme étant impliqué dans des opérations de contrebande entre le Liban et la Syrie, sans que sa nationalité soit précisée. « Les enquêtes préliminaires ont révélé que le détenu est lié à une cellule affiliée à la milice libanaise (Hezbollah), car il s'est avéré qu'il avait reçu les engins via des passages illégaux ».
« Origine iranienne »
Le ministère a publié sur sa page officielle une photo en tenue de prisonnier de Mahmoud Fadel, assortie d'autres clichés montrant ce qui est présenté comme étant les explosifs saisis. Ceux-ci sont d'« origine iranienne », selon le communiqué et de type « EFP » (explosifs à charge formée, conçus pour transpercer des matériaux très résistants) introduits clandestinement depuis le Liban. « Le détenu a été renvoyé devant le tribunal compétent pour que les mesures judiciaires nécessaires soient prises à son encontre », conclut le texte.
Deux heures après cette annonce du ministère syrien, le Hezbollah a officiellement réagi dans un communiqué publié par son bureau de presse. « Le Hezbollah dément catégoriquement la déclaration du ministère syrien de l'Intérieur concernant les liens présumés d'un détenu de la province de Homs avec le Hezbollah », souligne le texte. Le parti chiite a affirmé n'avoir « aucune présence ou activité en Syrie », n'être impliqué « dans aucun événement ou conflit dans ce pays » et tenir « à la sécurité et à la stabilité de la Syrie ainsi qu'à la sécurité de son peuple ».
Contacté par L'Orient-Le Jour pour de plus amples commentaires, le bureau de presse du Hezbollah n'a pas répondu à nos sollicitations.
« Un millier d'explosifs » saisis en mai
Le trafic d’armes et de drogue entre le Liban et la Syrie fait régulièrement l'objet d'interventions des forces de sécurité syriennes depuis décembre 2024 et la chute du régime Assad, que le Hezbollah avait soutenu en intervenant dans la guerre civile syrienne à partir de 2013.
Mi-mai, un millier de petits engins explosifs improvisés du même type et de fabrication industrielle avaient également été saisis à Lattaquié après être entrés en Syrie « par voie de contrebande depuis le Liban », selon un précédent communiqué des autorités syriennes.
Après le renversement de son ancien allié, le parti chiite s'était vu contraint de retirer ses combattants encore déployés sur le territoire syrien, alors que nombre d'entre eux se trouvaient dans la région de Homs, en particulier à Qousseir.
Fortement affaibli par la guerre de 13 mois contre Israël, le parti chiite a également vu ses voies terrestres de ravitaillement qui le reliaient à l'Iran coupées, conséquence de la prise de pouvoir de la coalition de rebelles islamistes menée par l'actuel président syrien par intérim Ahmad el-Chareh. Plusieurs vagues d'affrontements ont aussi éclaté dans la zone frontalière entre les deux pays entre les nouvelles forces de sécurité syriennes et des clans libanais de la Békaa impliqués dans la contrebande et réputés proches du Hezbollah.
Le niveau de tensions est monté d'un cran entre le Liban et la Syrie cette semaine après les déclarations de l'envoyé américain Tom Barrack, qui a mis en garde le Liban contre un retour à « Bilad el-Cham », c'est-à-dire la Grande Syrie, s'il ne désarmait pas le Hezbollah et ne lançait pas de réformes.
Dernièrement, des rumeurs insistantes, largement relayées par des médias et des internautes proches du parti chiite, se sont fait l'écho d'une potentielle résurgence de la menace jihadiste au Liban venue de Syrie. Plusieurs opposants à la formation pro-iranienne ont dénoncé des manœuvres visant à justifier le maintien de ses armes sous prétexte de faire face au terrorisme.



