Un enfant palestinien récupère un matelas dans les décombres d'une maison après une frappe israélienne qui a touché Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 juillet 2025. Photo Eyas Baba/AFP
Au moins 92 Palestiniens, dont de nombreux enfants, ont été tués par les attaques israéliennes menées depuis dimanche matin à travers la bande de Gaza, selon des sources médicales, alors que les négociations à Doha pour obtenir une nouvelle trêve piétinent.
Selon la chaîne Al-Jazeera, au moins 28 personnes, dont plusieurs enfants, ont été tués dans des bombardements israéliens ayant visé des habitations à Gaza-ville (nord). Huit ont d'abord péri dans des frappes nocturnes ayant visé des habitations, d'après des déclarations le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, à l'AFP.
Six enfants tués près d'un point d'eau « par erreur »
Dimanche, une attaque israélienne de drones a pris pour cible le marché de Gaza-ville, tuant au moins 15 personnes, dont chirurgien de l'hôpital baptiste al-Ahli, Ahmad Qandil, d'après les correspondants locaux d'Al Jazeera.
Par ailleurs, au moins huit personnes, dont six enfants, ont été tués près d'un point de distribution d'eau dans le camp de réfugiés de Nousseirat (centre), auxquels s'ajoutent 17 blessés, a déclaré Ahmed Abou Saifan, médecin urgentiste à l'hôpital al-Awda, cité par Reuters.
L'armée israélienne a déclaré avoir « raté sa cible » et qu'elle avait l'intention de frapper « un militant du Jihad islamique », mais qu'un dysfonctionnement avait fait tomber le missile « à des dizaines de mètres de la cible », selon un communiqué relayé par l'agence britannique. « L'armée israélienne regrette que des civils non impliqués aient été blessés », a-t-elle déclaré, ajoutant que l'incident faisait l'objet d'un examen.
Au total, 20 personnes sont mortes dans le camp de réfugiés de Nousseirat, puisque 12 autres victimes ont été tuées dans une frappe aérienne.
Trois autres personnes ont par ailleurs péri dimanche matin dans un raid contre le camp de déplacés d'al-Mawassi (sud), censé constituer une « zone humanitaire ». Une autre frappe survenue plusieurs heures plus tard a tué un couple et trois de leurs enfants, alors que cette famille se trouvait dans sa tente.
« Nouveau fardeau insupportable »
Dans son bilan quotidien, le ministère de la Santé de Gaza a annoncé dimanche qu'au moins 139 Palestiniens ont été tués et 425 blessés lors des attaques israéliennes ces dernières 24 heures. Le communiqué précise que 28 personnes ont été tuées alors qu'elles étaient en train d'essayer d'obtenir de l'aide humanitaire près de centres de distribution d'aide tenus par la GHF, soutenue par les États-Unis et Israël.
La veille, le ministère avait fait état dans son bilan d'au moins 70 morts et 208 blessés.
Les attaques israéliennes contre l'enclave palestiniennes ont redoublé d'intensité ces dernières semaines malgré la reprise de pourparlers indirects entre Israël et le Hamas pour tenter de conclure une nouvelle trêve. Mais les deux belligérants s'accusent mutuellement d'enrayer ces négociations lancées le 6 juillet à Doha via les médiateurs internationaux (le Qatar, l'Égypte, les États-Unis), pour mettre fin à plus de 21 mois d'une guerre dévastatrice à Gaza.
En outre, sept agences onusiennes ont averti samedi dans une déclaration commune que la pénurie de carburant à Gaza avait atteint un « niveau critique » et constituait un « nouveau fardeau insupportable » pour « une population au bord de la famine ».
« 132 blessés par balles »
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué avoir reçu en une journée 132 patients souffrant de « blessures par balles » dans son hôpital de campagne de Rafah, dans le sud du territoire, après le « dernier incident de masse lié aux sites de distribution de nourriture », samedi.
L'organisation avait alors déploré la mort d'au moins 31 personnes. « Cette situation est inacceptable. La fréquence et l'ampleur alarmantes de ces incidents qui font de nombreuses victimes soulignent les conditions horribles que subissent les civils à Gaza », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Plus de 800 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le 27 mai en tentant d'obtenir de l'aide, dont la grande majorité à proximité des sites de la fondation GHF, soutenue par les États-Unis et Israël, a affirmé vendredi l'ONU.
Ce nouveau bilan des autorités de Gaza porte à 58 026 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'offensive israélienne en octobre 2023, sans compter les milliers de disparus sous les décombres.
Récemment, plusieurs études scientifiques indépendantes ont estimé que ces bilans sous-estimeraient le nombre réel de victimes palestiniennes, qui pourrait avoir déjà atteint la barre des 100 000 morts.




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