Des soldats libanais déployés à Houla (caza de Marjayoun) le 18 février 2025, quelques heures après le retrait de l'armée israélienne. Photo Matthieu Karam/ L'Orient-Le Jour.
L'armée libanaise a annoncé mercredi avoir arrêté quatre individus impliqués dans un défilé armé à Zokak el-Blatt (quartier de Beyrouth), « à la suite de plusieurs jours de surveillance et d'opérations de poursuite ».
La troupe avait déjà arrêté lundi un homme originaire du caza de Jezzine, au Liban-Sud, qui serait impliqué dans le même défilé. Une vidéo ayant circulé en ligne dimanche montrait des individus armés participant la veille au rituel religieux de l'Achoura, qui commémore l'assassinat de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mohammad. Les hommes marchaient les bras levés vers le ciel, frappant rythmiquement leur poitrine et scandant des chants en son honneur, tout en portant des armes pointées vers le haut.
« Des patrouilles de la direction de renseignement de l'armée ont arrêté quatre individus dans la ville de Beyrouth et la localité de Aïn Cana, dans le caza de Nabatiyé. Les suspects faisaient partie des hommes armés apparus lors du défilé », a indiqué mercredi l'armée dans un communiqué. Une enquête a été ouverte sous la supervision de l'autorité judiciaire compétente.
Le Premier ministre Nawaf Salam avait commenté ces scènes samedi, écrivant sur X : « Les parades armées qui ont eu lieu à Beyrouth sont inacceptables sous quelque forme que ce soit et sous aucune justification. J’ai contacté les ministres de l’Intérieur et de la Justice et leur ai demandé de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire appliquer les lois en vigueur, d’arrêter les auteurs et de les soumettre à enquête. »
Cette parade armée intervient dans le contexte d'une demande accrue, en interne et à l'internationale, pour accélérer le monopole des armes aux mains de l'État, leitmotiv du mandat du président Joseph Aoun, élu le 9 janvier. Le Liban a répondu lundi à la proposition en ce sens des États-Unis, par l'intermédiaire de l'émissaire américain Thomas Barrack, en visite à Beyrouth. « Je l’ai reçue il y a 45 minutes ; c’est une réponse réfléchie. Nous élaborons un plan pour aller de l’avant et je ressens beaucoup d’espoir », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. Le Hezbollah argue que le Liban doit avant tout s’entendre sur une stratégie nationale de défense qui doit faire l’objet d’un dialogue interne.



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