Le Premier ministre Nawaf Salam visite une école où les étudiants passaient leur examen officiel de baccalauréat à Beyrouth, le 9 juillet 2025. Photo Grand Sérail
Les examens officiels du baccalauréat, qui ont débuté ce mercredi dans ses quatre branches, se déroulent dans le « calme », a affirmé la ministre de l'Éducation Rima Karamé à l'issue d'une tournée dans des centres d'examen de Beyrouth. « L’atmosphère dans les centres d’examen est calme, les questions sont appropriées et prennent en compte les circonstances particulières », a affirmé Mme Karamé, estimant que « cette étape marquera un tournant visant à renforcer de nouveau le programme scolaire et à mieux préparer les élèves pour la prochaine phase ». « Nous travaillons dans des conditions exceptionnelles, mais il était essentiel de tenir les examens officiels pour prouver que nous tenons bon, envers et contre tout », a ajouté la ministre. « Les élèves semblent jusqu’à présent à l’aise », a-t-elle poursuivi, espérant que « tout ira bien ».
Tournée dans le Sud jeudi
Le Premier ministre Nawaf Salam, qui a également suivi sur terrain le début des examens du baccalauréat, s'est félicité de leur tenue, en dépit des circonstances difficiles traversées dernièrement par le Liban. « Après avoir organisé les élections municipales, nous tenons aujourd’hui les examens officiels. Cela confirme que le Liban retrouve peu à peu sa vitalité et revient à une forme de normalité. Il faut continuer d'avancer sur cette voie », a-t-il dit. S’adressant aux élèves, il a ajouté :« Je comprends votre stress, mais parvenir à cette étape est déjà un accomplissement. Félicitations à vous ». M. Salam a enfin indiqué que la ministre de l’Éducation se rendra demain dans le Sud « pour superviser le déroulement des examens sur place ».
Les examens officiels se tiennent avec un total de 42 728 candidats répartis sur 229 centres et la participation d’environ 9 400 enseignants, dont 7 800 en surveillance, selon le directeur général du ministère de l’Éducation, Fadi Yarak, qui a annoncé mardi la mise en place d'une ligne d'urgence (hotline) disponible 24h/24 au numéro 01-772050, afin de répondre à toutes les questions des candidats.
L’année scolaire, fortement secouée depuis 2019 par la crise économique et le Covid-19, est également perturbée depuis octobre 2023 dans plusieurs régions du Liban par la dernière guerre qui a opposé le Hezbollah à Israël. Des populations ont dû se déplacer, des centaines de familles sont dans l’incapacité de rentrer chez elles, et de nombreuses écoles ont été détruites, notamment au Liban-Sud.
Une trentaine de centres d'examens ouverts dans le Sud
Le directeur de la « zone éducative » dans le mohafaza du Liban-Sud, Ahmad Saleh, s'est félicité pour sa part de la tenue du baccalauréat dans la région « malgré les difficultés et les défis économiques, sociaux et sécuritaires », lors d'une tournée dans des centres d'examen à Saïda. « Certains enseignants ne se sont pas rendus (dans les centres d'examens) à cause de la frappe israélienne d'hier », a-t-il souligné, ajoutant que ce problème « avait été réglé ». L'armée israélienne a affirmé avoir tué un responsable de l'unité Badr du Hezbollah dans une frappe mardi soir à Babliyé, dans le caza de Saïda.
Selon M. Saleh, 30 centres d'examens ont été ouverts dans le Sud, en plus de deux consacrés aux élèves ayant des difficultés d'apprentissage ou des cas spéciaux. Les examens y seront suivis par 1 063 enseignants. En tout, 5 560 élèves présentent le bac au Liban-Sud cette année, dont 586 inscrits en sciences générales, 2488 en sciences de la vie et de la terre, 24 en section littéraire et 2462 en sociologie et économie.
« Certains ont dû quitter leurs villages à cause des agressions israéliennes pour s'installer près de Tyr. Nous avons pris leur situation en considération pour qu'ils puissent présenter leurs examens, dans le respect des standards et de la transparence requis », a déclaré le responsable. « Les questions posées prennent en considération le programme appris (malgré les nombreuses interruptions des cours dues au conflit, NDLR). Les élèves sont toutefois inquiets par rapport à la situation sécuritaire », a-t-il ajouté.


