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Dernières Infos - Justice

Riad Salamé accusé de blanchiment d'argent et d'enrichissement illicite

L'ancien gouverneur a été remis en liberté sous caution dans l'affaire de l'exploitation de biens immobiliers en France, mais il reste encore en détention pour une autre affaire.

Riad Salamé accusé de blanchiment d'argent et d'enrichissement illicite

L'ancien gouverneur de la BDL, lors d'une intervention à la LBCI, en juillet 2023 . Capture d'écran tirée du site de la LBCI

Le premier juge d’instruction par intérim du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a rendu mardi son acte d’accusation dans le dossier relatif à l’acquisition et l’exploitation de biens immobiliers en France, l’une des affaires dans lesquelles l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, est poursuivi. Le juge Mansour l’a inculpé pour blanchiment d’argent et enrichissement illicite.

Un mandat d’arrêt avait été prononcé fin octobre 2024 par le juge Mansour dans le cadre de cette affaire. Il s'agit notamment de locaux que la BDL avait loués sur l'avenue des Champs-Élysées, pour y abriter un centre d’urgence de la banque centrale. Le loyer avait été conclu en 2010, avec une société de gestion immobilière dirigée par l’ex-compagne de M. Salamé, Anna Kosakova, en contrepartie de plusieurs millions d’euros perçus pendant quelques années de location.

Pour rappel

Nouveau mandat d'arrêt contre Riad Salamé, suite à la plainte d’un déposant

Dossier devant le juge unique pénal

S'agissant de délits et non de crimes, le juge Mansour a déféré le dossier devant le juge unique pénal du Kesrouan et non à la Cour criminelle. Il a par ailleurs approuvé une demande de remise en liberté de Riad Salamé sous caution alors que ce dernier devra rester en détention dans le cadre d'un autre dossier pour lequel il fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré à son encontre. En septembre 2024, le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Bilal Halaoui, avait émis ce mandat d'arrêt dans une affaire de commissions entre la BDL et une société de courtage, Optimum Invest, impliquant le détournement présumé d’un montant d’environ 44 millions de dollars. Dans cette affaire, l’ex-patron de la BDL a présenté trois demandes de remise en liberté qui n’ont pas été satisfaites.

Contacté par L’Orient-Le Jour, l’avocat de M. Salamé, Wassim Ghaoui, a précisé que la caution imposée mardi par le juge Mansour peut être réglée de trois manières : soit par un versement en devises d’un montant de trois millions de dollars, soit cette somme versée en livres libanaises au taux du marché (un dollar équivalant à 89 500 LL), soit encore sous forme de garantie foncière d'un bien immobilier d’une valeur équivalente.

Jusqu’à nouvel ordre, Riad Salamé ne recouvrera pas la liberté, malgré cette décision favorable et celle datant du 3 juillet dans laquelle la chambre d’accusation de Beyrouth avait approuvé une requête de l'ex-gouverneur.

M. Salamé avait été arrêté par la juge d’instruction de Beyrouth Roula Sfeir, suite à une plainte présentée par un déposant, Talal Abou Ghazalé. Datant de 2021, la plainte de M. Abou Ghazalé – qui détiendrait plusieurs millions de dollars bloqués à la Société générale de banque au Liban (SGBL) – reproche à M. Salamé d’avoir émis « des circulaires visant à changer le système économique libéral prévu par le préambule de la Constitution (…), dans le but de (…) dissimuler l’état de faillite qui frappe la majorité des banques au Liban ». Elle évoque ainsi « une collusion claire et manifeste avec ces banques pour s’approprier les fonds des déposants ».

Le premier juge d’instruction par intérim du Mont-Liban, Nicolas Mansour, a rendu mardi son acte d’accusation dans le dossier relatif à l’acquisition et l’exploitation de biens immobiliers en France, l’une des affaires dans lesquelles l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, est poursuivi. Le juge Mansour l’a inculpé pour blanchiment d’argent et enrichissement illicite.Un mandat d’arrêt avait été prononcé fin octobre 2024 par le juge Mansour dans le cadre de cette affaire. Il s'agit notamment de locaux que la BDL avait loués sur l'avenue des Champs-Élysées, pour y abriter un centre d’urgence de la banque centrale. Le loyer avait été conclu en 2010, avec une société de gestion immobilière dirigée par l’ex-compagne de M. Salamé, Anna Kosakova, en contrepartie de plusieurs...