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Monde - Religion

Les frères Massabki, premiers saints maronites laïcs

Francis, Abdel Moati et Raphaël ont été assassinés à Damas le 10 juillet, lors des tristement célèbres massacres de 1860.

Les frères Massabki, premiers saints maronites laïcs

Les reliques des saints Massabki ainsi que celles de huit moines franciscains assassinés le 10 juillet 1860 à Damas. Photo Antoine Ajoury

Ce dix juillet, l’Église maronite fête pour la première fois les frères Massabki en tant que saints. Leur canonisation le 20 octobre 2024 à Rome par le pape François a apporté à la sainteté une nouvelle dimension à laquelle les maronites ne sont pas habitués : celle de saints laïcs.

Selon le Vatican, les trois frères sont considérés comme des « martyrs entre les saints », sans besoin de preuve qu’ils ont accompli un miracle, parce qu’ils sont des « martyrs de la foi ». Ayant refusé de renier leur foi, ces « martyrs de l’Église » avaient été assassinés au couvent des franciscains à Damas le 10 juillet 1860 sous le règne du gouverneur ottoman Ahmad Pacha, lors des tristement célèbres massacres de la même année.

L’aîné, Francis, riche commerçant intègre, était père de huit enfants. Le cadet, Abdel Moati, enseignait à l’école des franciscains et avait cinq enfants. Raphaël, le plus jeune, était célibataire et travaillait au service de sa communauté. Ils avaient vécu, selon les témoignages, la sainteté dans leur vie de tous les jours. Leurs dévotions s’appuyaient sur une pratique constante des vertus chrétiennes dans leur quotidien et ce jusqu’au martyre.

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Sachant que leur béatification a eu lieu en 1926, bien avant saint Charbel, sainte Rafqa ou saint Nehmetallah el-Hardini, leur canonisation en 2024 vient rappeler l’importance des laïcs aujourd’hui au centre de l’Église catholique d’une manière générale.

Idéal spirituel

En effet, on peut diviser l’histoire spirituelle de l’Église en trois grandes étapes. Les premiers siècles avaient pour idéal spirituel le martyre, puisque Jésus-Christ est mort en martyr sur la croix pour le salut des hommes, selon la foi chrétienne.

Avec la deuxième étape, après l’empereur Constantin et plus tard avec l’empire byzantin, l’idéal s’est déplacé vers l’ascétisme et l’austérité, en s’éloignant du monde, d’où la prolifération des ordres monastiques durant toute cette période. Le martyre reste évidemment au centre de cette spiritualité.

Avec le début de la révolution industrielle, l’Église catholique a commencé à subir une désertion de la part des fidèles. Une nouvelle idée a vu le jour, qui considère que le martyre n’est plus en quittant le monde, mais en s’engageant dans la vie. Là aussi, on a pris l’exemple du Christ comme modèle : il était pleinement engagé dans la vie de tous les jours. Jésus était charpentier. Donc il traitait avec des gens, prenait des commandes, faisait ses calculs, touchait des rémunérations, etc.

En outre, quand Jésus s’est adressé à la foule (Mathieu 5:48) en leur disant : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait », il n’y avait pas devant lui des moines ou des prêtres, mais des villageois et des citadins venus le rencontrer, en d’autres termes, des laïcs. Donc pour arriver à ce but, il faut suivre tout simplement l’exemple de Jésus-Christ qui, à part les 40 jours de prière dans le désert, a vécu engagé dans la société, en tant que charpentier pour la grande partie de sa vie et en tant que missionnaire.

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L’engagement dans la vie

Sans abandonner les principes passés, pour l’Église aujourd’hui, le martyre est désormais dans l’engagement. C’est Léon XIII qui a initié ce changement, en étant à l’écoute du monde, il a vu le problème de l’engagement dans la vie. Les frères Massabki sont donc une illustration éclatante de cette sainteté de tous les jours.

Bien que la prière reste un élément essentiel de l’engagement religieux du croyant, c’est la façon de vivre des fidèles qui montre aux autres qu’ils sont chrétiens.

Aujourd’hui, les nouveaux missionnaires sont les laïcs, alors qu’il y a près de cent ans, c’était le clergé qui allait en mission pour prêcher l’Évangile. L’Église maronite ne devrait donc pas faire exception à ce nouveau souffle dans l’Église catholique, après la vague de saints issus de la tradition monastique. Les maronites ont néanmoins un double défi à relever : non seulement à témoigner de leur foi par leurs actions dans leur propre communauté, mais aussi et surtout, à le faire quand ils sont en contact avec des compatriotes des autres confessions. Ce sont les employés qui travaillent avec des collègues d’autres religions, les hommes d’affaires qui font des transactions avec des entrepreneurs venus d’autres horizons, qui vont faire découvrir les valeurs chrétiennes dans leur vie.

Quand ils vont travailler dans un pays à majorité non-chrétienne, (beaucoup de Libanais sont expatriés dans le Golfe par exemple) ils doivent y aller en prenant conscience que c’est à travers leurs actes qu’ils font connaître le Christ. C’est dans cet esprit par exemple que le groupe des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC-Liban) a pris pour saint patron Francis Massabki.

Ce dix juillet, l’Église maronite fête pour la première fois les frères Massabki en tant que saints. Leur canonisation le 20 octobre 2024 à Rome par le pape François a apporté à la sainteté une nouvelle dimension à laquelle les maronites ne sont pas habitués : celle de saints laïcs.Selon le Vatican, les trois frères sont considérés comme des « martyrs entre les saints », sans besoin de preuve qu’ils ont accompli un miracle, parce qu’ils sont des « martyrs de la foi ». Ayant refusé de renier leur foi, ces « martyrs de l’Église » avaient été assassinés au couvent des franciscains à Damas le 10 juillet 1860 sous le règne du gouverneur ottoman Ahmad Pacha, lors des tristement célèbres massacres de la même année.L’aîné, Francis, riche commerçant intègre, était père de huit enfants. Le cadet,...
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Excellent article

Saliba Patricia

15 h 17, le 10 juillet 2025

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  • Excellent article

    Saliba Patricia

    15 h 17, le 10 juillet 2025

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