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Politique - Protection Sociale

Hanine Sayyed veut multiplier par cinq la contribution de l’État au programme ESSN-AMAN

Selon un rapport inédit qui sera publié dans quelques semaines, les allocations finançant les pensions de retraite des agents de la fonction publique et les indemnités de fin de service représentent la plus grande part des dépenses de l’État en matière de protection sociale.

Hanine Sayyed veut multiplier par cinq la contribution de l’État au programme ESSN-AMAN

La ministre des Affaires sociales, Hanine el-Sayyed, entourée du représentant de l’Unicef au Liban, Marcoluigi Corsi (à g.), et du représentant résident du FMI au Liban, Frederico Lima, à l’Institut Basil Fuleihan, le 8 juillet 2025.

La ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed a déclaré mardi à Beyrouth qu’elle avait demandé à considérablement augmenter en 2026 la participation de l’État au financement du programme ESSN-AMAN (filet de sécurité sociale financé par la Banque mondiale) à destination des ménages les plus pauvres du pays.

La ministre espère pouvoir inscrire dans le budget 2026 une enveloppe de 50 millions de dollars, financée via les recettes de l’État, afin de compléter le budget déjà assuré par la Banque mondiale – cette dernière a accordé en 2023 une enveloppe de 300 millions de dollars, votée début 2024 par le Parlement. Cela représente cinq fois la contribution actuelle, qui s’élève à 10 millions de dollars, a précisé la ministre. « Nous couvrirons alors le tiers des besoins de financements internes nécessaires », a-t-elle assuré. Cette démarche devra encore être validée dans le cadre du processus d’élaboration du budget de l’État.

La hausse de la contribution de l’État annoncé par la ministre s’inscrit dans le cadre d'une stratégie visant à progressivement augmenter la prise en charge par l’État de ce programme lancé dès les premières années de la crise qui a éclaté en 2019, pour réduire la part des financements étrangers sur une période de « 3 à 5 ans ».

Via ESSN-AMAN, l’État distribue des aides en espèces à 150 000 ménages libanais, soit « 800 000 personnes en situation d’extrême pauvreté » selon les chiffres de la ministre. « J’espère que dans 5 ans il n’y aura plus autant de personnes qui auront besoin de ce programme a encore déclaré Hanine Sayyed. Avant l'enveloppe de 300 millions, la BM avait déjà débloqué 250 millions de dollars pour financer le programme.

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Baisse drastique des dépenses sociales

La ministre s’exprimait depuis l’Institut Basil Fuleihan à Beyrouth, lors d’une conférence destinée à présenter les grandes lignes d’un rapport inédit sur l’évolution des dépenses sociales libanaises entre 2017 et 2024.

Le ministre des Finances, Yassine Jaber, la cheffe de la coopération de l’Union européenne avec le Liban et la Syrie, Alessandra Viezzer, la directrice de l’OIT pour les pays arabes, Rouba Jaradat, la présidente de l’Institut, Lamia Moubayed, le représentant de l’Unicef au Liban, Marcoluigi Corsi, ainsi que celui du Fonds monétaire international, Frederico Lima, sont intervenus au cours de la conférence.

Le rapport a été élaboré par l’Institut en coopération avec l’Organisation internationale du travail et l’Unicef, et avec des fonds européens. Sa version intégrale sera publiée dans quelques semaines, et une plateforme permettant de suivre l’évolution desdites dépenses sociales dans le pays doit également être mise en place.

Parmi les principaux enseignements dévoilés, le montant en dollars des allocations budgétaires consacrées au financement de la protection sociale – retraites, couverture maladie, etc. – sous toutes ses formes, est passé de 6,1 milliards de dollars en 2017 à seulement 1,3 milliard en 2024. Ce montant n’inclut pas les financements externes et se limite aux dépenses publiques, à celles de la CNSS et des coopératives de fonctionnaires.

Autre information mise en exergue : les allocations finançant les pensions de retraite des agents de la fonction publique et les indemnités de fin de service représentent la plus grande part des dépenses de l’État en matière de protection sociale, avec une moyenne de 11 % sur la période 2017-2024.

« Contrairement à la croyance populaire, le Liban dépense dans la protection et l’assistance sociales. Mais le problème réside dans la manière dont ces dépenses sont réparties : elles sont mal ciblées et ne bénéficient pas à la majorité de la population », a déclaré Hanine Sayyed, indiquant que son ministère avait décidé de focaliser une partie de ses efforts sur le soutien à l’inclusion économique comme vecteur de protection sociale. Une initiative saluée par le représentant du FMI : « La meilleure forme d’assistance sociale reste la croissance économique, même si des dépenses sociales sont toujours nécessaires pour aider certaines catégories de la population. Mais au final, il sera impossible d’aider tout le monde. »

Frederico Lima a également estimé que le niveau des dépenses allouées à la protection et à l’assistance sociales était actuellement « insuffisant », mais il a souligné que toute augmentation devait s’accompagner d’un ciblage efficace des besoins et d’un souci d’adopter un système financièrement viable, compte tenu des contraintes budgétaires auxquelles le pays est confronté en raison de la crise.

Le Liban a entamé cet hiver un nouveau cycle de discussions avec le FMI pour souscrire à un programme d'assistance financière.

La ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed a déclaré mardi à Beyrouth qu’elle avait demandé à considérablement augmenter en 2026 la participation de l’État au financement du programme ESSN-AMAN (filet de sécurité sociale financé par la Banque mondiale) à destination des ménages les plus pauvres du pays.La ministre espère pouvoir inscrire dans le budget 2026 une enveloppe de 50 millions de dollars, financée via les recettes de l’État, afin de compléter le budget déjà assuré par la Banque mondiale – cette dernière a accordé en 2023 une enveloppe de 300 millions de dollars, votée début 2024 par le Parlement. Cela représente cinq fois la contribution actuelle, qui s’élève à 10 millions de dollars, a précisé la ministre. « Nous couvrirons alors le tiers des besoins de financements internes...
commentaires (2)

Qu’on arrête de piller ce pays en prétextant des dégâts et des déficits causés par la guerre en prenant un malin plaisir à aller mendier auprès des autres pays qui tout le monde le sait s’attend à un prix au retour. On se demande ensuite pourquoi notre pays n’a jamais été libre de ses décisions à l’interne comme à l’externe? Mais c!est à cause des corrompus qui le dirigent ou pas en se focalisant sur l’argent que chaque poste peut leur rapporter. Ce pays a été pillé par ses propres responsables politiques ça s’est vu où ça? Et pourquoi aucun n’est toujours pas derrière les barreaux?

Sissi zayyat

10 h 52, le 09 juillet 2025

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Commentaires (2)

  • Qu’on arrête de piller ce pays en prétextant des dégâts et des déficits causés par la guerre en prenant un malin plaisir à aller mendier auprès des autres pays qui tout le monde le sait s’attend à un prix au retour. On se demande ensuite pourquoi notre pays n’a jamais été libre de ses décisions à l’interne comme à l’externe? Mais c!est à cause des corrompus qui le dirigent ou pas en se focalisant sur l’argent que chaque poste peut leur rapporter. Ce pays a été pillé par ses propres responsables politiques ça s’est vu où ça? Et pourquoi aucun n’est toujours pas derrière les barreaux?

    Sissi zayyat

    10 h 52, le 09 juillet 2025

  • Quand on tombe dans les pratiques de la mendicité on a du mal à en sortir. Bienvenus au quart monde.

    Moi

    17 h 26, le 08 juillet 2025

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