Un panneau publicitaire avec de gauche à droite : le roi Abdallah II de Jordanie, le président libanais Joseph Aoun, le président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh, le président palestinien Mahmoud Abbas, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, le président américain Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président des Émirats arabes unis cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, le sultan d’Oman Haitham ben Tariq al-Saïd, le roi du Maroc Mohammad VI et le roi de Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa, avec le slogan en hébreu « Un temps pour la guerre, un temps pour la paix ; le moment est venu pour l'Alliance abrahamique », à Tel-Aviv le 26 juin 2025. Photo Jack Guez/AFP
Lancés à l’été 2020 sous l’impulsion de l’administration américaine durant le premier mandat du président Donald Trump, les « accords d’Abraham » ont marqué une rupture avec le consensus arabe traditionnel sur la question palestinienne. Pour la première fois depuis les traités de paix conclus avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994), plusieurs pays arabes ont établi des relations diplomatiques officielles avec Israël sans attendre de règlement préalable du conflit israélo-palestinien.
Mais l’attaque du Hamas contre l’État hébreu, le 7 octobre 2023, suivie de la guerre meurtrière livrée par Israël à Gaza, a brutalement interrompu l’élan diplomatique. La normalisation, que les États-Unis et Israël espéraient élargir à d’autres pays, notamment l’Arabie saoudite, se retrouvait au point mort. Cependant, quelques jours seulement après la guerre de douze jours qui a opposé Israël à l’Iran à la mi-juin, les dirigeants politiques israéliens et américains voient une nouvelle occasion pour relancer le processus.
Que sont les accords d’Abraham et qui les a signés ?
Les accords d’Abraham ont permis de normaliser les relations diplomatiques entre Israël et plusieurs États arabes. Ils ont été annoncés en août et septembre 2020, puis signés à Washington le 15 septembre 2020. Le nom même des accords fait référence à l’héritage commun du judaïsme et de l’islam, deux des trois religions dites abrahamiques, avec le christianisme.
Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont été les premiers à signer, en septembre 2020 à Washington. Le Soudan et le Maroc ont suivi quelques mois plus tard. Si les contreparties varient, elles sont toutes liées à des avantages diplomatiques ou stratégiques accordés par les États-Unis : la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ou le retrait du Soudan de la liste américaine des États soutenant le terrorisme. Ces accords ont également officialisé une coopération économique, diplomatique et technologique. Pour Israël, il s’agissait d’un tournant majeur dans son intégration régionale.
Qui pourrait être le prochain signataire ?
L’Arabie saoudite, longtemps perçue comme la clef de voûte d’une normalisation régionale plus large, avait entamé début 2023 une série de gestes d’ouverture. Le royaume, sous l’impulsion du prince héritier, Mohammad ben Salmane, a notamment autorisé le survol de son espace aérien par des vols israéliens, facilitant les liaisons entre Israël et les signataires existants des accords. Des rencontres de haut niveau ont eu lieu en mars 2023 entre responsables saoudiens et israéliens, incluant des discussions sur le renseignement et la sécurité.
Mais cette discrète avancée a été suspendue avec le déclenchement de l’offensive israélienne à Gaza, suite à l’opération Déluge d’al-Aqsa du Hamas, le conflit ayant fait à ce jour plus de 56 000 morts côté palestinien et plus de 1 200 côté israélien. MBS a affirmé que « la normalisation avec Israël doit être liée à une solution juste et globale à la question palestinienne ». Une position réaffirmée en janvier 2025 lors d’un entretien à la chaîne al-Arabiya.
Depuis la chute du régime Assad, l’administration Trump s’attend également à ce que la Syrie, désormais dirigée par le président par intérim, Ahmad el-Chareh, puisse rejoindre les accords. « Lorsque le président Trump a rencontré le nouveau président syrien, l’une des demandes qu’il a formulées était que la Syrie signe les accords d’Abraham », a déclaré jeudi dernier la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. « Je n’ai pas de calendrier à vous communiquer, mais cette administration souhaite voir cela se réaliser, et nos partenaires dans la région doivent en être informés », a-t-elle conclu.
Le conseiller à la Sécurité nationale israélien, Tzachi Hanegbi, a confirmé mardi qu’Israël est engagé dans des communications directes et quotidiennes avec les autorités intérimaires syriennes, dans le but d’explorer une normalisation. M. Hanegbi a indiqué que la Syrie et le Liban sont envisagés pour une inclusion future, précisant toutefois que tout retrait israélien des zones tampons occupées serait soumis à des arrangements définitifs. Il a cependant clarifié qu’Israël « ne se retirera pas du Hermon syrien », en référence au plateau du Golan syrien occupé.
L’envoyé spécial pour le Moyen-Orient de l’administration Trump, Steve Witkoff, a également laissé entendre que d’autres pays pourraient prochainement rejoindre les accords d’Abraham, lors d’une interview accordée mercredi dernier à CNBC. « L’un des objectifs-clés du président est l’élargissement des accords d’Abraham », a-t-il déclaré. « Nous espérons une normalisation avec une série de pays que personne n’aurait envisagés jusqu’alors, et nous sommes enthousiastes à cette perspective ; cela constituera également un facteur de stabilisation au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.
« Hors de question » pour le Liban
Coté libanais, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a déclaré en avril qu’il est « hors de question que le Liban normalise ses relations avec Israël », alors qu’un cessez-le-feu est entré en vigueur en novembre 2024, après une guerre de treize mois entre Israël et le Hezbollah. Il a tenu ces propos après que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, ait exprimé le souhait de « normaliser les relations avec le Liban » et évoqué des négociations en cours, bien que cela puisse sembler « prématuré du point de vue libanais ».
« Je ne sais pas ce que pensent les Israéliens, mais je sais ce que nous voulons. Nous voulons un retrait israélien complet et sans conditions, et un retour au traité d’armistice de 1949. La normalisation est hors de question, tout comme des discussions politiques directes, qui sont également rejetées », avait insisté M. Raggi dans une interview.
Une « résolution juste » pour le Qatar
Quant au Qatar, s’il « s’oppose fermement à la normalisation sans une résolution juste » du conflit israélo-palestinien, selon sa position officielle, il entretient toutefois des relations diplomatiques informelles avec Israël. Premier pays arabe à avoir accueilli la Coupe du monde de la FIFA en 2022, Doha a permis la participation d’athlètes israéliens au tournoi, malgré l’absence de normalisation officielle entre les deux pays.




Si Israel se retire du Liban et si aucune menace n'existerait (pour les 2 pays)...Personne ne demande aux uns et aux autres de s'embrasser et se faire des calins. Juste pour ceux qui veulent faire des affaires? Eh bien ils le pourront. Déjà qu'il y a des salariés Libanais aux EMIRATS ARABES qui sont tenus, de par leur poste, à bosser avec des entreprises israéliennes, quelle sera la différence si des libanais du Liban ou de Dubai échangeraient? La paix n'a JAMAIS été un danger pour les pays. C'est la GUERRE et l'ETAT DE GUERRE qui est un danger. REFLECHISSONS !
14 h 05, le 03 juillet 2025