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Moyen-Orient - Repère

Accords d’Abraham : qui en fait partie, qui pourrait les rejoindre et qui reste à l’écart ?

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 puis la guerre israélienne qui a suivi à Gaza ont brutalement freiné la dynamique d’élargissement de ce processus de normalisation.

Accords d’Abraham : qui en fait partie, qui pourrait les rejoindre et qui reste à l’écart ?

Un panneau publicitaire avec de gauche à droite : le roi Abdallah II de Jordanie, le président libanais Joseph Aoun, le président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh, le président palestinien Mahmoud Abbas, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, le président américain Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président des Émirats arabes unis cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, le sultan d’Oman Haitham ben Tariq al-Saïd, le roi du Maroc Mohammad VI et le roi de Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa, avec le slogan en hébreu « Un temps pour la guerre, un temps pour la paix ; le moment est venu pour l'Alliance abrahamique », à Tel-Aviv le 26 juin 2025. Photo Jack Guez/AFP

Lancés à l’été 2020 sous l’impulsion de l’administration américaine durant le premier mandat du président Donald Trump, les « accords d’Abraham » ont marqué une rupture avec le consensus arabe traditionnel sur la question palestinienne. Pour la première fois depuis les traités de paix conclus avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994), plusieurs pays arabes ont établi des relations diplomatiques officielles avec Israël sans attendre de règlement préalable du conflit israélo-palestinien.

Mais l’attaque du Hamas contre l’État hébreu, le 7 octobre 2023, suivie de la guerre meurtrière livrée par Israël à Gaza, a brutalement interrompu l’élan diplomatique. La normalisation, que les États-Unis et Israël espéraient élargir à d’autres pays, notamment l’Arabie saoudite, se retrouvait au point mort. Cependant, quelques jours seulement après la guerre de douze jours qui a opposé Israël à l’Iran à la mi-juin, les dirigeants politiques israéliens et américains voient une nouvelle occasion pour relancer le processus. 

Que sont les accords d’Abraham et qui les a signés ?

Les accords d’Abraham ont permis de normaliser les relations diplomatiques entre Israël et plusieurs États arabes. Ils ont été annoncés en août et septembre 2020, puis signés à Washington le 15 septembre 2020. Le nom même des accords fait référence à l’héritage commun du judaïsme et de l’islam, deux des trois religions dites abrahamiques, avec le christianisme.

Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont été les premiers à signer, en septembre 2020 à Washington. Le Soudan et le Maroc ont suivi quelques mois plus tard. Si les contreparties varient, elles sont toutes liées à des avantages diplomatiques ou stratégiques accordés par les États-Unis : la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ou le retrait du Soudan de la liste américaine des États soutenant le terrorisme. Ces accords ont également officialisé une coopération économique, diplomatique et technologique. Pour Israël, il s’agissait d’un tournant majeur dans son intégration régionale.

Qui pourrait être le prochain signataire ?

L’Arabie saoudite, longtemps perçue comme la clef de voûte d’une normalisation régionale plus large, avait entamé début 2023 une série de gestes d’ouverture. Le royaume, sous l’impulsion du prince héritier, Mohammad ben Salmane, a notamment autorisé le survol de son espace aérien par des vols israéliens, facilitant les liaisons entre Israël et les signataires existants des accords. Des rencontres de haut niveau ont eu lieu en mars 2023 entre responsables saoudiens et israéliens, incluant des discussions sur le renseignement et la sécurité.

Mais cette discrète avancée a été suspendue avec le déclenchement de l’offensive israélienne à Gaza, suite à l’opération Déluge d’al-Aqsa du Hamas, le conflit ayant fait à ce jour plus de 56 000 morts côté palestinien et plus de 1 200 côté israélien. MBS a affirmé que « la normalisation avec Israël doit être liée à une solution juste et globale à la question palestinienne ». Une position réaffirmée en janvier 2025 lors d’un entretien à la chaîne al-Arabiya.

Entretien

Ghassan Salamé : Israël préfère le chaos à la paix

Depuis la chute du régime Assad, l’administration Trump s’attend également à ce que la Syrie, désormais dirigée par le président par intérim, Ahmad el-Chareh, puisse rejoindre les accords. « Lorsque le président Trump a rencontré le nouveau président syrien, l’une des demandes qu’il a formulées était que la Syrie signe les accords d’Abraham », a déclaré jeudi dernier la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. « Je n’ai pas de calendrier à vous communiquer, mais cette administration souhaite voir cela se réaliser, et nos partenaires dans la région doivent en être informés », a-t-elle conclu.

Le conseiller à la Sécurité nationale israélien, Tzachi Hanegbi, a confirmé mardi qu’Israël est engagé dans des communications directes et quotidiennes avec les autorités intérimaires syriennes, dans le but d’explorer une normalisation. M. Hanegbi a indiqué que la Syrie et le Liban sont envisagés pour une inclusion future, précisant toutefois que tout retrait israélien des zones tampons occupées serait soumis à des arrangements définitifs. Il a cependant clarifié qu’Israël « ne se retirera pas du Hermon syrien », en référence au plateau du Golan syrien occupé.

L’envoyé spécial pour le Moyen-Orient de l’administration Trump, Steve Witkoff, a également laissé entendre que d’autres pays pourraient prochainement rejoindre les accords d’Abraham, lors d’une interview accordée mercredi dernier à CNBC. « L’un des objectifs-clés du président est l’élargissement des accords d’Abraham », a-t-il déclaré. « Nous espérons une normalisation avec une série de pays que personne n’aurait envisagés jusqu’alors, et nous sommes enthousiastes à cette perspective ; cela constituera également un facteur de stabilisation au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.

« Hors de question » pour le Liban

Coté libanais, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a déclaré en avril qu’il est « hors de question que le Liban normalise ses relations avec Israël », alors qu’un cessez-le-feu est entré en vigueur en novembre 2024, après une guerre de treize mois entre Israël et le Hezbollah. Il a tenu ces propos après que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, ait exprimé le souhait de « normaliser les relations avec le Liban » et évoqué des négociations en cours, bien que cela puisse sembler « prématuré du point de vue libanais ».

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« Je ne sais pas ce que pensent les Israéliens, mais je sais ce que nous voulons. Nous voulons un retrait israélien complet et sans conditions, et un retour au traité d’armistice de 1949. La normalisation est hors de question, tout comme des discussions politiques directes, qui sont également rejetées », avait insisté M. Raggi dans une interview.

Une « résolution juste » pour le Qatar 

Quant au Qatar, s’il « s’oppose fermement à la normalisation sans une résolution juste » du conflit israélo-palestinien, selon sa position officielle, il entretient toutefois des relations diplomatiques informelles avec Israël. Premier pays arabe à avoir accueilli la Coupe du monde de la FIFA en 2022, Doha a permis la participation d’athlètes israéliens au tournoi, malgré l’absence de normalisation officielle entre les deux pays.

Lancés à l’été 2020 sous l’impulsion de l’administration américaine durant le premier mandat du président Donald Trump, les « accords d’Abraham » ont marqué une rupture avec le consensus arabe traditionnel sur la question palestinienne. Pour la première fois depuis les traités de paix conclus avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994), plusieurs pays arabes ont établi des relations diplomatiques officielles avec Israël sans attendre de règlement préalable du conflit israélo-palestinien.Mais l’attaque du Hamas contre l’État hébreu, le 7 octobre 2023, suivie de la guerre meurtrière livrée par Israël à Gaza, a brutalement interrompu l’élan diplomatique. La normalisation, que les États-Unis et Israël espéraient élargir à d’autres pays, notamment l’Arabie saoudite, se retrouvait au point mort....
commentaires (10)

Si Israel se retire du Liban et si aucune menace n'existerait (pour les 2 pays)...Personne ne demande aux uns et aux autres de s'embrasser et se faire des calins. Juste pour ceux qui veulent faire des affaires? Eh bien ils le pourront. Déjà qu'il y a des salariés Libanais aux EMIRATS ARABES qui sont tenus, de par leur poste, à bosser avec des entreprises israéliennes, quelle sera la différence si des libanais du Liban ou de Dubai échangeraient? La paix n'a JAMAIS été un danger pour les pays. C'est la GUERRE et l'ETAT DE GUERRE qui est un danger. REFLECHISSONS !

LE FRANCOPHONE

14 h 05, le 03 juillet 2025

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Commentaires (10)

  • Si Israel se retire du Liban et si aucune menace n'existerait (pour les 2 pays)...Personne ne demande aux uns et aux autres de s'embrasser et se faire des calins. Juste pour ceux qui veulent faire des affaires? Eh bien ils le pourront. Déjà qu'il y a des salariés Libanais aux EMIRATS ARABES qui sont tenus, de par leur poste, à bosser avec des entreprises israéliennes, quelle sera la différence si des libanais du Liban ou de Dubai échangeraient? La paix n'a JAMAIS été un danger pour les pays. C'est la GUERRE et l'ETAT DE GUERRE qui est un danger. REFLECHISSONS !

    LE FRANCOPHONE

    14 h 05, le 03 juillet 2025

  • Le plus grand danger pour le MO ce fut la création de l'entité en 1947 qui a fait déferler chez nous des masses de réfugiés palestiniens et qui a complètement déstabilisé le Moyen-Orient qui était une merveille ! Et le plus grand et horrible danger actuellement c'est cette entité colonialiste dont le seul objectif est l'expansion territoriale et le nettoyage ethnique ! C'est horrible ! Le droit est ASSASSINÉ ! Diviser sans cesse pour régner sans fin ! Telle est leur machiavélique devise !

    Chucri Abboud

    10 h 51, le 02 juillet 2025

  • Chers amis, Regardez où votre aveuglement vous a mené ? D’un pays prospère vous êtes devenu un pays en lambeau et en faillite ! Vous dénoncez un pays qui vous a libéré du joug de la Syrie, du Hezbollah et de l’Iran ! Et quand vous faites la guerre ce n’est même pas votre armée qui se bat mais vos ennemis jurés qui vous ont vendu à la Syrie puis à l’Iran ! Réveillez vous avant de sombrer ! Faire la Paix avec Israël ne changera rien pour Israël mais vous apportera beaucoup ! Mais la logique et le rationnel ne sont pas les éléments les plus répandus au Moyen-Orient !

    Richard Abitbol

    08 h 47, le 01 juillet 2025

  • « Reconnais ma légitimité ou je te bombarde » La diplomatie à l’israelienne…

    Phenix

    21 h 18, le 30 juin 2025

  • Devenir une colonie israélienne? Jamais !

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 16, le 30 juin 2025

  • C’est incroyable cette pression américaine qui veut que les pays qui son soumis a l’agression Israélienne (Liban, Syrie) normalisent leurs relations avec ce même pays qui les tourmente. Il ne faut pas faire un cadeau à Netanyahu surtout quand il se vante que c’est grâce à ses manigances que la paix peut se réaliser.

    PT

    19 h 57, le 30 juin 2025

  • Israël est un état criminel comme l’Iran

    Eleni Caridopoulou

    19 h 40, le 30 juin 2025

  • Normalisation avec un nombre restreint de gouvernants placés par une puissance étrangère. Les arabes ne normaliseront jamais avec ces voleurs et assassins . Cela n’a rien changé à leur vie ni à leur approche du problème palestinien. L’occident veut croire aux mirages….. malheureusement pour lui….. cela reste un mirage. La paix d’Abraham n’a rien d’une paix…..regardez en Jordanie…..

    Marie elise Loubic

    19 h 02, le 30 juin 2025

  • De toute façon nous n'avons pas la possibilité de dire oui car les barbus mafieux sont contre, qu'ils sont capables de déclencher une guerre civile ou une série d'assassinats, de plus signer avec Netanyahu revient à signer un pacte avec le diable. Tant qu'il n'y a pas d'hommes de bonne volonté humaniste plaçant le citoyen au dessus de toute considération, le monde vivra dans les guerres. Rappelez vous Sadat et Rabin ils ont signé les accords de paix ils ont été assassinés par des extrémistes. Pour maintenir les humains sous contrôle, rien ne vaut la haine et l'obscurantisme.

    Zeidan

    17 h 46, le 30 juin 2025

  • « La normalisation est hors de question, tout comme des discussions politiques directes, qui sont également rejetées». Il est impossible pour Joe Raggi de dire le contraire. Les Libanais connaissent la politique des ouweit et leur penchant pour un accord avec le diable.

    Hitti arlette

    17 h 24, le 30 juin 2025

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