Des partisans du Hezbollah brandissent des photos de l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Beyrouth, pour célébrer le cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, le 25 juin 2025. Photo Haitham Moussa/AFP
Le Hezbollah n’aurait pas participé à la dernière guerre Iran-Israël à la demande de Téhéran, selon les propos d’un haut fonctionnaire américain rapportés par le média émirati The National. Pendant les douze jours de la guerre, les yeux étaient notamment tournés sur la décision qu'aurait pu prendre le parti chiite de lancer des attaques en direction de l'État hébreu, par solidarité avec son parrain iranien.
Le responsable américain a confié à The National que Téhéran avait demandé au groupe de ne pas entrer en guerre afin de conserver « ce qui reste de sa force », affirmant aussi que cette décision a été le résultat de pressions internes et externes, « le groupe militant libanais étant de plus en plus vulnérable ». « La force de résistance, je l'appellerai ainsi, est maintenant sous pression pour se préserver », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat. « Rien n'empêcherait Israël de mener une attaque beaucoup plus importante si le Hezbollah était impliqué à ce stade », a-t-il ajouté.
Au lendemain de l'attaque israélienne de grande ampleur sur l'Iran, dans la nuit du 12 au 13 juin, le parti chiite avait affirmé qu'il n'attaquerait pas unilatéralement Israël. Le chef du parti Naïm Kassem avait ensuite affirmé qu'il agirait comme il le jugerait « approprié » pour soutenir Téhéran.
Il avait en outre confirmé que les autorités libanaises ont fait pression, via l'armée, pour que le parti- milice n'ouvre pas de front, comme il l'avait fait en soutien au Hamas à Gaza en octobre 2023. Le président Joseph Aoun avait insisté, la semaine dernière, qu’« il n’y aura pas de guerre. Qui peut supporter une nouvelle guerre et quel serait le coût de cette guerre ? ». Et de réitérer son niet catégorique à toute intervention du Hezbollah dans la guerre quelques heures après qu'une triple frappe américaine avait touché des infrastructures nucléaires en Iran.
Le Hezbollah est ressorti très affaibli de la guerre qui l'a opposé pendant plus d'un an à Israël, après l'ouverture du front de soutien au Liban-Sud, qui s’est ensuite transformé en guerre ouverte entre septembre et novembre 2024. Au cours de cette guerre, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et de nombreux hauts responsables militaires du parti chiite ont été éliminés. Un cessez-le-feu avait ensuite été conclu le 27 novembre 2024.



Vocabulaire de politiques. Si le Hezbollah n'intervient pas, c'est qu'il en est incapable !
19 h 41, le 27 juin 2025