Des réfugiés syriens au Liban rentrent dans leur pays le 9 décembre 2024, au lendemain de la chute du régime de Bachar el-Assad. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
L’Office national du fleuve Litani a annoncé, jeudi, le début du démantèlement d'un camp illégal de réfugiés syriens à Bar Elias, dans le cadre d'une campagne visant à évacuer 34 camps installés illégalement sur les berges du Litani, en raison des risques de pollution du fleuve. L'Office avait appelé à l’évacuation de 34 camps de réfugiés syriens aux abords du fleuve le 12 juin et fixé un délai de 15 jours pour l'exécution de cette mesure.
« Dans le cadre du suivi des procédures légales visant à supprimer les empiétements sur les biens publics fluviaux, et conformément aux avertissements déjà adressés par l’Office national du fleuve Litani pour l’évacuation de 34 camps illégaux de réfugiés syriens établis sur les berges du fleuve Litani, les responsables du camp numéro 46 dans la région de Bar Elias ont entamé les opérations de démantèlement du camp en vue d’un évacuation complète », a indiqué l'Office dans un communiqué.
Environ cinquante tentes du camp, géré par Khaled Ali Chehadé, sont concernées. Cette démarche est « le résultat direct de mesures strictes prises par l’Office pour mettre fin aux atteintes aux biens publics fluviaux et protéger les ressources hydriques contre les sources de pollution issues des rejets d’eaux usées, d’eaux polluées et de déchets solides dans le lit du fleuve », indique le texte.
L’Office du Litani a renouvelé son appel à toutes les parties concernées, notamment le ministère de l’Intérieur, les mohafez (gouverneur) et les forces de sécurité, afin de garantir l’appui nécessaire à la poursuite de la mise en œuvre des décisions d’évacuation concernant les autres camps en infraction. Il a aussi rappelé que « tout refus d’évacuation après l’expiration du délai constitue une violation explicite de la loi, exposant ses auteurs à des poursuites judiciaires et à une évacuation forcée à leurs frais ».
Le Liban accueille depuis 2011, soit depuis le début de la guerre civile en Syrie, près de 1,5 million de réfugiés syriens. Un très grand nombre d’entre eux se trouvent dans la Békaa ou au Liban-Nord, du fait de la proximité avec les frontières syriennes. Le changement de régime à Damas, avec la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, laisse espérer un retour progressif de ces réfugiés chez eux. Une minorité a déjà entamé ce processus, alors que de nouveaux réfugiés syriens, notamment de la minorité alaouite, sont entrés clandestinement au Liban ces derniers mois, après avoir subi une série d'exactions.


