Un homme brandit un drapeau syrien à Bar Elias, dans la Békaa, le 8 décembre 2024. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le ministère syrien de l'Intérieur a fait état mercredi de l'arrestation d'un ancien officier de l'armée de l'air, visé par des sanctions britanniques et européennes, dernière interpellation de ce type annoncée depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad. Les autorités ont arrêté à Harasta, en périphérie de Damas, "le général, pilote criminel Mizar Sawane", indique un communiqué du ministère.
Mizar Sawane a occupé plusieurs postes de commandement, dont celui de chef de la 20e division aérienne sur une base militaire près de la capitale. "Il est accusé d'implication dans les ordres donnés à des avions militaires de bombarder des zones insurgées contre l'ancien régime" dans la Ghouta, ex-bastion rebelle dans la région de Damas pendant la guerre civile, précise le ministère. Transféré au service antiterroriste, cet ex-officier fait désormais l'objet d'une enquête.
Né en 1954, Mizar Sawane figure sur les listes des sanctions de l'UE et du Royaume-Uni, en tant que commandant de la 20e division. Selon l'Union européenne, il était en poste après mai 2011, année où la guerre civile a éclaté avec la répression sanglante des manifestations antigouvernementales.
"En tant qu'officier supérieur de l'armée de l'air syrienne, il est tenu pour responsable de la répression violente de la population civile, notamment d'attaques contre des zones habitées menées par des appareils opérant depuis des bases contrôlées par la 20e division", mentionne la liste de l'UE.
Les nouvelles autorités, au pouvoir depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre, font ponctuellement état de l'arrestation d'anciens responsables. Parmi eux Wassim el-Assad, dont l'arrestation a été annoncée le 21 juin. Il est le cousin du président déchu, renversé par une coalition emmenée par des islamistes qui ont mis fin à plus de cinq décennies de pouvoir sans partage de son clan.
Des ONG ont dénoncé des arrestations arbitraires et l'absence d'un véritable processus judiciaire sur les crimes du pouvoir déchu. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), de nombreux hauts responsables ont fui le pays après la chute de Bachar el-Assad, qui avait lui même fui en décembre à Moscou.


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