Une miniature imprimée en 3D du visage du président américain Donald Trump et une carte de l'Iran sont visibles sur cette illustration prise le 23 juin 2025. Photo REUTERS/Dado Ruvic
Le Parlement iranien a voté mercredi en faveur d'une suspension de la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a indiqué la télévision d'Etat, après douze jours de guerre marquée par des frappes israéliennes et américaines sur des installations nucléaires iraniennes.
« L'AIEA, qui a refusé de condamner ne serait-ce qu'un peu l'attaque contre les installations nucléaires iraniennes, a compromis sa crédibilité internationale », a déclaré le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, cité par la télévision d'Etat, après le vote des députés.
« L'Organisation iranienne de l'énergie atomique suspendra sa coopération avec l'AIEA tant que la sécurité des installations nucléaires ne sera pas garantie », a ajouté ce responsable, sans donner de détails sur ces conditions. Pour entrer en vigueur, cette décision nécessite encore l'approbation du Conseil des Gardiens, un organe habilité à examiner la législation.
Au Parlement, 221 députés ont voté en faveur du texte, un autre s'est abstenu tandis qu'aucun n'a voté contre, selon la télévision d'Etat.
Israël a lancé le 13 juin une campagne de bombardements qui a ciblé les installations nucléaires iraniennes et entraîné la mort des commandants militaires de haut rang ainsi que des scientifiques développant le programme nucléaire. Dimanche, les Etats-Unis, alliés d'Israël, ont lancé des frappes sans précédent sur les sites nucléaires de Fordo, Isfahan et Natanz, avant qu'un cessez-le-feu initié par Donald Trump n'entre en vigueur mardi.
Des députés ont scandé « Mort à l'Amérique » et « Mort à Israël » après le vote, a rapporté la télévision d'État. Depuis le début de la guerre, les responsables iraniens ont vivement critiqué l'AIEA pour ne pas avoir condamné les attaques israéliennes.
Le directeur général de l'agence de l'ONU basée à Vienne, Rafael Grossi, a réclamé lundi un accès aux sites nucléaires iraniens afin de pouvoir établir ce qu'il est advenu du stock d'uranium enrichi à un niveau proche du seuil de conception d'une bombe atomique.
Les craintes sont d'autant plus fortes que le 13 juin, date du lancement de l'offensive israélienne, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi avait adressé à l'AIEA une lettre signalant la mise en place « de mesures spéciales pour protéger les équipements et la matière nucléaire ».
L'Iran est signataire en 1970 du Traité de non prolifération (TNP) garantissant l'usage pacifique de l'énergie atomique sous le contrôle de l'AIEA.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine