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Israël: manoeuvres au Parlement pour repousser un vote de dissolution

Le Parlement israélien se prépare mercredi soir à une longue nuit après le dépôt d'un projet de loi présenté par l'opposition portant sur sa dissolution, ce qui ouvrirait la voie à des élections anticipées.

L'opposition tente de capitaliser sur le mécontentement des partis ultra-orthodoxes, soutiens clé de la coalition du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui ont menacé de joindre leurs voix à ce projet.

Pour tenter de retarder l'échéance du vote et permettre un accord de dernière minute avec ses partenaires menaçant de claquer la porte, la majorité a multiplié les points à l'ordre du jour. 

Vers 23H30 (20H30 GMT), les orateurs se succèdent à la tribune. La presse israélienne estime qu'un vote sur le projet de dissolution présenté par l'opposition pourrait ne pas intervenir avant 03H00 du matin jeudi (minuit GMT).

Même si la dissolution est approuvée en lecture préliminaire à l'issue de cette mise aux voix, le gouvernement de M. Netanyahu disposera d'un sursis pour essayer de ramener dans le rang les ultra-orthodoxes, puisque le texte devra encore franchir trois autres votes avant d'être définitivement adopté.

En cas d'échec, l'opposition devra attendre six mois pour présenter un nouveau projet.

Dans un communiqué commun publié mercredi main, les chefs des partis d'opposition ont indiqué avoir "décidé de soumettre au vote un projet de loi de dissolution de la Knesset aujourd'hui" et retiré tous leurs autres points de l'ordre du jour afin de donner toutes les chances à cette initiative d'aboutir. 

Le gouvernement de  M. Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, est menacé de chuter sur la question du service militaire des juifs ultra-orthodoxes. 

Ceux-ci bénéficient depuis des décennies d'une exemption de plus en plus mal acceptée par la société israélienne alors que le pays est en guerre contre le Hamas depuis l'attaque lancée par le mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023.

- "Besoin existentiel" -

M. Netanyahu doit composer avec une frange de son parti, le Likoud (droite), qui pousse pour une loi visant à enrôler plus d'ultra-orthodoxes et à durcir les sanctions contre les insoumis, véritable casus belli pour les partis qui représentent les "harédim" ("ceux qui craignent Dieu" en hébreu) et exigent, eux, une loi garantissant durablement leur affranchissement des obligations militaires.

Les deux partis formations ultra-orthodoxes de la majorité, Shass (sépharades) et Judaïsme unifié de la Torah (JUT, ashkénazes) ont déclaré publiquement qu'ils soutiendraient une dissolution mais, selon certains observateurs, le chef du Shass, Aryeh Deri, tente de trouver un compromis en coulisses.

De son côté, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite), a déclaré lors de la session plénière de la Knesset que faire tomber le gouvernement en temps de guerre constituerait un "danger existentiel" pour Israël.

"L'histoire ne pardonnera pas à quiconque entraînera l'Etat d'Israël dans des élections en temps de guerre", a-t-il dit.

Il a aussi lancé un appel aux "frères ultra-orthodoxes" à servir dans l'armée. C'est "un besoin existentiel, national et sécuritaire" qui doit être accompli "tout en préservant le gouvernement", a-t-il ajouté.

Formé en décembre 2022, le gouvernement de M. Netanyahu tient grâce à une alliance entre son parti, le Likoud, des formations d'extrême droite, et des partis juifs ultraorthodoxes, dont le départ en bloc signifierait la fin du gouvernement.

Selon un sondage publié dans le quotidien de droite Israël Hayom en mars, 85% des juifs israéliens soutiennent un changement dans la loi sur la conscription des harédim dont 41% en faveur d'une loi rendant effectivement obligatoire le service militaire (32 mois pour les hommes) pour tous ceux en âge de le faire.

dms-mj/bfi/ial/

© Agence France-Presse


Le Parlement israélien se prépare mercredi soir à une longue nuit après le dépôt d'un projet de loi présenté par l'opposition portant sur sa dissolution, ce qui ouvrirait la voie à des élections anticipées.
L'opposition tente de capitaliser sur le mécontentement des partis ultra-orthodoxes, soutiens clé de la coalition du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui ont menacé de joindre leurs voix à ce projet.
Pour tenter de retarder l'échéance du vote et permettre un accord de dernière minute avec ses partenaires menaçant de claquer la porte, la majorité a multiplié les points à l'ordre du jour. 
Vers 23H30 (20H30 GMT), les orateurs se succèdent à la tribune. La presse israélienne estime qu'un vote sur le projet de dissolution présenté par l'opposition...