Photo d'illustration P.H.B.
Un recours a été présenté mardi auprès du Conseil d’Etat contre la décision du gouvernement en faveur d’une hausse des prix des carburants, par le parti des Forces libanaises (FL) représenté par son président Samir Geagea, avec le président de la Fédération des syndicats touristiques et du syndicat des propriétaires d’hôtels, Pierre Achkar, et le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Ramy. Le recours est dirigé contre l’Etat libanais représenté par le bureau des contentieux du ministère de la Justice, notamment contre les décisions du conseil des ministres (numéro 6/2025), et du ministère de l’Energie (numéro 166/2025).
Le gouvernement libanais avait décidé d’augmenter les prix des carburants dès fin mai, afin de financer les subventions mensuelles accordées au personnel militaire actif et retraité. De manière plus spécifique, le cabinet a décidé d’adopter les mêmes prix que ceux en vigueur lors de la formation du gouvernement le 8 février 2025, malgré une baisse des cours du brut (d’environ 17 %) depuis cette date. La décision s’applique généralement à l’essence et au diesel pour moteurs et véhicules, mais exclut le gaz liquéfié et le fioul utilisé dans les centrales électriques.
Cette décision a provoqué une série de protestations dans plusieurs secteurs. Le 3 juin, le président de l’Association des agriculteurs, Antoine Hoyek, a qualifié la mesure « d’injuste », estimant qu’elle portait préjudice au secteur. Des fonctionnaires à Saïda et à Tripoli ont également observé une grève le 2 juin, à l’appel de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL).
Selon le texte officiel repris par l’Agence nationale d’information (ANI), le recours est fondé sur le fait que les deux décisions contestées « sont en violation des dispositions de la Constitution, du principe de la légalité fiscale, du principe de l'exhaustivité budgétaire, de la compétence de l'autorité législative et des principes de justice sociale », car elles « imposent illégalement des charges financières supplémentaires à de larges groupes de citoyens par le biais d'impôts déguisés, tandis que d'autres groupes bénéficient d'une aide financière mensuelle ».
Toujours selon le recours, les deux décisions s'appuient sur une politique de gel des prix des carburants à des niveaux élevés, alors que les prix mondiaux du pétrole sont en baisse, ce qui constitue une charge supplémentaire et considérable sur les coûts de production et de transport et ajoute de la pression sur les citoyens. Le texte souligne qu’il n’y a aucune justification légale à la mesure et que celle-ci n’intervient dans le cadre d’aucune réforme réelle.



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