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Société - Liban

Hausse des prix des carburants : les fonctionnaires en grève à Saïda et Tripoli

Le syndicat des transport publics a organisé un sit-in sur la place des Martyrs contre les véhicules prenant illégalement des passagers.

Hausse des prix des carburants : les fonctionnaires en grève à Saïda et Tripoli

Un chauffeur de taxi au Liban. Photo: João Sousa/L'Orient Today

Les fonctionnaires de plusieurs régions du Liban ont observé, de manière irrégulière, une grève « d'avertissement » lundi, à l'appel de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL) – le syndicat le plus puissant du pays – et de la Ligue de fonctionnaires, afin de protester contre la hausse soudaine des prix des carburants décidée la semaine dernière par le gouvernement.

À Saïda, l'appel à la grève de la Ligue des employés de l'administration publique n’a pas été largement suivi, selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Il indique que le travail s’est poursuivi normalement dans plusieurs départements, mais qu'en revanche, les employés des services de l’État civil, des Finances, de l’Environnement, du Cadastre, du Foncier et des Travaux publics ont respecté l’appel du syndicat en se rendant à leurs bureaux tout en refusant de traiter les demandes de citoyens.

À Tripoli, les fonctionnaires ont également observé une grève. Ceux qui se sont rendus à leur bureau ont refusé de recevoir les usagers. L’ingénieur Ibrahim Nahal, représentant de la Ligue des employés de l’administration publique, a précisé que la grève d’aujourd’hui est un avertissement d’un jour dans les bureaux. Tous les employés l'ont respectée sérieusement en restant à leur poste sans fournir aucun service au public ni traiter aucune démarche administrative. Les rares exceptions concernent uniquement les démarches administratives urgentes, comme une admission à l’hôpital ou l’achat de médicaments chroniques affectant directement la santé et la vie des citoyens. M. Nahal a encore appelé à un réajustement de la grille des salaires des employés et à une révision des pensions de retraite et indemnités de fin de service sur la base de la valeur réelle du dollar.

Dans le Hermel, le travail a également été interrompu dans toutes les administrations officielles du Sérail.

Critique de Fadlallah

Le plafonnement des prix des carburants (essence, diesel et mazout pour les générateurs privés) aux tarifs en vigueur lors de la formation du cabinet en février, vise à financer des subventions mensuelles accordées au personnel militaire actif et retraité.

Lors d'un sit-in avec plusieurs syndicats sur la place Riad el-Solh, face au Sérail, le président de la CGTL, Béchara Asmar, a affirmé que ce mouvement de contestation est « symbolique » et vise à « mettre en lumière la souffrance des travailleurs et fonctionnaires ». Selon lui, ce rassemblement devant le Grand Sérail, constitue « une première étape vers une mobilisation plus vaste, visant à faire annuler la décision du gouvernement d’augmenter les prix des carburants », tout en réaffirmant « le droit des militaires et des retraités à obtenir leurs droits légitimes ».

De son côté, Ibrahim Nahal, également membre du comité administratif de la Ligue des fonctionnaires, a souligné depuis la place Riad el-Solh que les employés « ne réclament pas l'impossible », mais une vie digne, un salaire équitable et un environnement de travail respectueux. « Un État qui augmente les taxes et les prix des carburants pour remplir ses caisses sur le dos du citoyen, avant de lui donner des miettes… Ce n’est pas un État protecteur, mais un pouvoir qui pousse à l’humiliation », a ajouté M. Nahal.

Lire aussi

Le gouvernement augmente les prix des carburants

La décision du gouvernement concernant les carburants a été critiquée de tous bords depuis vendredi. Le député Hassan Fadlallah (Hezbollah) a ainsi dénoncé depuis le Parlement lundi qu'au lieu de « résoudre les problèmes des citoyens, le gouvernement a imposé une nouvelle taxe ».

Les syndicats ont également réclamé de meilleures conditions de vie pour les fonctionnaires, après que le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, a présenté le 7 mai dernier un projet de hausse du salaire minimum de 50% à 28 millions de livres libanaises, soit l’équivalent de 312 dollars au taux actuel de 89 500 LL pour un dollar. Mais ce projet incomplet a été rejeté par la CGTL et par d’autres syndicats. Le président de la CGTL, Béchara el-Asmar, avait dénoncé ce projet qui, à ses yeux, ne fixe que le salaire minimum sans changement pour les autres échelons. Il dénonçait aussi un salaire minimum bien trop bas et agitait déjà le recours à la rue comme moyen de pression. Les salaires des travailleurs libanais se sont effondrés avec la vive dépréciation de la livre libanaise depuis octobre 2019. Avant la crise économique, le salaire minimum était fixé à 675 000 LL soit 450 dollars au taux officiel de l’époque de 1 507,5 LL.

Sit-in des transports en commun

En outre, le syndicat des chauffeurs de transports en commun a organisé plusieurs sit-in à Beyrouth ce lundi, notamment devant le ministère de l'Intérieur, rapporte l'Ani (officielle) pour protester contre les moyens de transport publics illégaux comme les VTC et les tuk-tuks, qui prennent en charge des passagers sans avoir obtenu les « plaques d'immatriculation rouges », acquises à un prix élevé, pour exercer leur profession.

Les manifestants ont également demandé au ministère des Télécoms l'interruption de toutes les applications de transport qui ne sont pas conformes à la loi. Ils ont aussi manifesté devant le ministère du Tourisme, situé près du ministère de l’Intérieur, auquel ils demandent de « sanctionner les agences et individus opérant illégalement dans le secteur du transport, utilisant des voitures privées, des chauffeurs étrangers, et faisant la promotion de leurs services via les réseaux sociaux ». Après le sit-in devant le ministère de l’Intérieur, les manifestants motorisés se sont dirigés vers la place des Martyrs, sur fond de chants et musiques patriotiques, bloquant partiellement la route.

Depuis le port en direction de Beyrouth, les automobilistes se sont retrouvés coincés dans des embouteillages en raison du sit-in organisé par le syndicat des transports publics, selon les médias locaux.

Les fonctionnaires de plusieurs régions du Liban ont observé, de manière irrégulière, une grève « d'avertissement » lundi, à l'appel de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL) – le syndicat le plus puissant du pays – et de la Ligue de fonctionnaires, afin de protester contre la hausse soudaine des prix des carburants décidée la semaine dernière par le gouvernement.À Saïda, l'appel à la grève de la Ligue des employés de l'administration publique n’a pas été largement suivi, selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Il indique que le travail s’est poursuivi normalement dans plusieurs départements, mais qu'en revanche, les employés des services de l’État civil, des Finances, de l’Environnement, du Cadastre, du Foncier et des Travaux publics ont...
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