Spectacle de destruction sur le lieu de la frappe israélienne contre la banlieue-sud de Beyrouth, le 6 juin 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Andrea Tenenti, a qualifié les frappes israéliennes jeudi soir contre la banlieue sud de Beyrouth de « développement dangereux », alors qu'elles sont intervenues plus de six mois après le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024.
Après avoir lancé des ordres d’évacuation, l’armée israélienne a mené huit frappes sur la banlieue, affirmant avoir « attaqué des objectifs terroristes de l’unité aérienne 127 du Hezbollah ».
Dans un entretien au quotidien Ashark al-Awsat, Andrea Tenenti a souligné que les attaques de jeudi « constituent non seulement une violation de la souveraineté du Liban et de la résolution 1701, mais représentent aussi un sérieux danger pour la stabilité fragile dans cette zone contestée à la suite de l'accord de cessation des hostilités ». « Cela ne fait pas qu'accroître les tensions, mais pourrait créer une situation très dangereuse dans une région qui souffre déjà de 15 mois de conflit », a-t-il ajouté.
Le porte-parole a affirmé que la force internationale « n'est pas au courant des contacts entre les autorités libanaises et le Comité de surveillance du cessez-le-feu », notant que cela ne relève pas de son rôle. « Nous continuons à accomplir les tâches qui nous sont assignées conformément à la résolution 1701, en soutenant l'armée libanaise dans son déploiement total à l'intérieur du Liban, en exigeant que l'armée israélienne se retire de toutes ses positions au Liban-Sud et en réclamant une cessation des hostilités, non seulement en direction du Liban, mais aussi depuis l'intérieur du pays, car cela pourrait mettre en péril la trêve », a-t-il précisé.
Les bombardements israéliens ont provoqué la destruction totale de neuf immeubles, tandis que 71 bâtiments, 50 voitures et 177 institutions ont été endommagés, selon un premier recensement des dégâts publié par la Commission de reconstruction pour la région de Beyrouth, liée au Hezbollah. Au niveau du bilan humain, si le ministère de la Santé n'a pas publié de chiffres, le ministre Rakan Nassereddine a fait état de blessés ayant dû être hospitalisés, mais sans en préciser le nombre.
Cette série de frappes israéliennes, qui ont pulvérisé des immeubles situés dans le fief densément peuplé du Hezbollah, constituent la quatrième attaque contre la périphérie de la capitale depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Dans la foulée, l’armée israélienne a aussi sommé les habitants d’un immeuble à Aïn Cana (caza de Nabatiyé) d’évacuer les lieux, évoquant sa « proximité avec des installations du Hezbollah ». Une frappe a été lancée un peu plus d’une heure après l’avertissement.


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026