Une station-service à Hazmieh, au Liban. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Courant patriotique libre (CPL) a vivement critiqué la récente décision du gouvernement de Nawaf Salam d'augmenter les taxes sur les carburants, dénonçant une approche « légère » et « improvisée » face à un dossier sensible.
Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion hebdomadaire, le parti aouniste s’est dit « profondément stupéfait par la légèreté dans le traitement de la question de la taxe sur les carburants », reprochant aux autorités d’avoir « adopté la taxe, puis de s’en être rétractées ou désengagées, en tentant de rattraper le coup face à une opposition populaire massive ».
Le 29 mai, le gouvernement de Nawaf Salam a décidé d’augmenter les taxes sur les carburants : 100 000 livres prélevées sur chaque 20 litres d’essence vendus (soit 1,1 dollar au taux du marché) et 174 000 livres sur chaque 20 litres de mazout (1,94 dollar). Cette taxe, qui frappe tous les automobilistes sans distinction, a été appliquée dans le but de financer des aides mensuelles à l’armée (14 millions de livres pour les militaires actifs et 12 millions de livres pour les militaires à la retraite). Celle-ci sera effective à la pompe à partir du 1er juillet 2025.
Une mesure qui « nuit à la compétitivité » du secteur de la restauration
Le CPL indique ne pas exclure le principe de trouver un moyen de financement des salaires des militaires et les fonctionnaires, mais dénonce « l’arbitraire des décisions actuelles ». Le parti, qui s'est placé dans l'opposition depuis la formation du nouveau gouvernement en février 2025, rappelle qu’en 2011, son actuel chef, Gebran Bassil, alors ministre de l’Énergie, avait supprimé cette taxe de 5 000 livres sur l’essence et affirme envisager des recours légaux pour contester la mesure.
Enfin, le CPL en a profité pour dénoncer « l'hypocrisie » de ses adversaires sur la question des nominations administratives. « La vérité est apparue sur les promesses de réforme et de rejet du clientélisme », ajoute le communiqué, fustigeant des nominations « basées sur le confessionnalisme et la répartition des parts ». Il conclut en interrogeant : « Où sont ceux qui ont proposé une loi pour encadrer les nominations ? Ceux qui nous accusaient de clientélisme alors que nous respections la compétence et les procédures ? ».
En outre, le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Rami a lui aussi appelé à « l’annulation immédiate » de cette décision. Ce dernier a dénoncé une mesure qui « alourdit davantage les charges opérationnelles, alors que le coût de l’électricité au Liban figure déjà parmi les plus élevés au monde ». « Au lieu de soutenir ce secteur vital, qui constitue un pilier essentiel de l’économie et de l’emploi, on lui impose de nouvelles charges qui nuisent à sa compétitivité, tant au niveau local qu’international », a-t-il critiqué dans une déclaration relayée par l'ANI.
Et d'ajouter : « Nous œuvrons à attirer touristes et investisseurs, et ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des lois incitatives et non de nouvelles taxes. Plutôt que de brûler les secteurs productifs sous le feu de la hausse des carburants, il serait préférable de collecter les fonds dus à travers la lutte contre la contrebande, l’évasion fiscale et les fraudes douanières ».


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